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Couverture du roman Lucifer est mon patron

Lucifer est mon patron

Identifiée par le matricule 614, une jeune femme aux ailes blanches vit recluse sous le joug de Satan. Entre les murs froids de sa prison, elle tente de noyer sa rage et ses rêves de liberté dans les tâches ménagères et la poésie. Pourtant, l'ombre de son maître plane sans cesse sur elle. Malgré sa résistance et sa colère, Lucifer l'approche avec une troublante délicatesse, affirmant son emprise totale. Face à ce patron ténébreux, elle lutte pour ne pas céder à l'effroi.
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Chapitre 3

Je suis incapable de voir le bout de la pièce, c'est immense ! Les étagères remplies de livres s'enchaînent, interminable. Cette bibliothèque est bien plus grande que celle de mes parents. Au centre, à une quinzaine de mètres se trouve un cercle avec des fauteuils de cuir rouges et des tables en verre. mon souffle est coupé, je revois ma mère assise dans l'un de ces fauteuils un fin sourire aux lèvres alors qu'elle lit.

- Tu aimes ?

Je souris gentiment, je suis dans l'incapacité d'être méchante avec quelqu'un me présentant un tel prodige.

- J'adore.

Il me rend mon sourire et me pousse doucement, sa main au creux de mes reins.

- Tu peux te servir autant que tu veux, il faut juste que tu les remette à leurs place une fois que tu as terminé de les lire.

Je hoche la tête et me dirige vers la première rangée. De la philosophie, dans cette étagère ne se trouve que des livres de philosophie. N'en étant pas passionnée je passe à la suivante.

- De l'anglais ?

Je souris en coin, Will se rapproche pour me prêter son attention.

- C'est une langue que je connais bien, ma mère souhaitait que je sois capable de parler de multiples langues, elle me faisait donc prendre des cours d'anglais, d'espagnole, d'italien, d'allemand et de japonais. Petite, je la maudissait de m'apprendre toutes ces langues en plus des cours normaux que font tous les enfants. Mais finalement j'avait appris à parler anglais et espagnol presque comme si c'était mes langues natales, quant à l'italien je me débrouillait, niveau allemand j'étais un cas délibérément désespéré, mon professeur avait tout tenté, je ne comprenait toujours pas un stricte mot de ce charabia. Le japonais était bien difficile à apprendre mais mon professeur était excellent et il m'apprenait des proverbes, ce que j'appréciait particulièrement. Maintenant j'ai surement tout oublié des connaissance que l'on m'avait enseigné.

Cependant je compte bien m'y remettre. Je récupère donc un livre en anglais et passe à l'étagère suivante.

- Dis moi quelque chose en japonais.

Je m'arrete net et lui fait face, sourcils froncés.

- Pourquoi en japonais ? Je ne m'en souviens à peine.

Pendant une seconde j'ai cru voir un sourire triste se dessiner sur ses lèvres mais l'instant d'après il était à nouveau stoïque. J'avais du rêver.

- C'est une langue peu commune par ici. Ta mère l'aimait particulièrement, elle avait bien essayé de me l'apprendre mais le temps nous manqua.

Je reste sans voix, une boule dur se formant peu à peu dans ma gorge.

- Qui es-tu ?

J'essaie d'articuler mais c'est plutôt un couinement qui s'échappe de mes lèvres. Une lueur d'incompréhension passe dans ses yeux. Je dégluti, la gorge sèche et retourne aux livres dans les armoires qui me font face.

* * *

L'encre noir s'étend sur le papier fin, le bout de ma plume se baladant sur le grain blanc.

ICHIGO ICHIE

Littéralement "un temps une rencontre" mais la traduction que j'écris plus finement sons les lettres penchées est "chaque rencontre est importante car elle peut être unique". C'est le proverbe dont je me souviens le mieux car il était gravé dans l'ébène de notre porte.

J'enfouie ma lettre dans une enveloppe crème et fait rapidement fondre la cire couleur sang sur le papier immaculé, puis je récupère le sceau posé sur mon bureau, un oiseau en plein vol, signification de liberté. Je souris et presse le sceau sur la cire. au bout de cinq minute la cire est suffisamment sèche et je le retire pour voir mon oiseau sang s'envoler sur le papier.

Quelqu'un toque à la porte au moment ou je me lève. Je respire profondément et jette un œil à la nuisette que je n'ai pas quittée. Je lisse délicatement la soie et ouvre la porte.

- Bonjours ! me sourit gaiment une petite blonde. Je suis Maélysse, votre servante !

Pour le coup la mâchoire m'en tombe. Son sourire la fait resplendir et elle semble sincère, je ne l'ai jamais vu en bas, elle doit surement être à un rang plus élevé que je ne l'étais. Son visage est encore enfantin je lui donnerais dix sept ans tout au plus.

- Vous êtes sérieuse ? je demande dubitative.

- Bien sûr ! elle hoche vigoureusement la tête faisant sautiller ses boucles dorées.

Je n'ai jamais eu de servante depuis que je suis ici, c'était plutôt mon rôle alors je ne sais pas trop comment réagir fasse à elle.

- Eh bien entrez, je lui ouvre la porte et la laisse passer avant de refermer. Euh je... Vous souhaitez boir quelque chose ?

Pour le coup c'est sa mâchoire qui tombe. Après être restée immobile cinq seconde elle explose d'un rire mélodieux. Je reste stoïque ne comprenant pas ce qui la fait rire.

- Je vous avoue qu'on me la jamais faite celle ci !

Elle passe son pouce sous ses yeux faisant mine d'essuyer des larmes. Une fois calmée elle me regarde en secouant la tête.

- Mademoiselle, ici c'est moi qui vous sert et non pas le contraire ! elle sourit gentiment. Venez, nous allons vous preparer pour le diner de ce soir.

- Euh..., je bégaie ridiculement et hoche la tête. D'accord merci.

Elle ouvre la porte de la salle de bain et me fait signe de la suivre.

- Vous pouvez prendre votre douche, le savon et le shampoing sont posés sur la petite étagère juste la.

Elle pointe une petite étagère de verre a travers les vitre de ce qui semble être une cabine de douche géante.

- Qu'est-ce que le shampoing ?

Elle abat sa tête dans sa main alors que je reste dans l'incomprehension la plus totale. Elle rit.

- Vous êtes très douée je vous assure ! Le shampoing se trouve être le savon pour les cheveux.

- Oh.

Interessant, la chose en elle meme semble être contenue dans une jolie petite bouteille, en bas on avait un carré dur avec quoi on se lavait corps et cheveux sous l'eau glacée.

- Vous pouvez prendre votre temps, nous avons environ deux heures et demi.

J'aquiesce et elle continue.

- Quand vous aurez terminé votre douche, enveloppez vous dans les linges que voici.

Elle pointe quelque chose à l'apparence duveteuse et douce avant de continuer

- Puis appelez moi, je viendrais vous aider avec les huiles et le reste. Personnellement je vais remettre de l'ordre dans votre chambre et regarder quelle tenue vous pourez mettre, je suis juste à côté.

Son charabia reste assez incompréhensible mais je fait mine de comprendre avant qu'elle ne s'eclipse aussi rapidement qu'elle est arrivée.

Je me débarrasse rapidement de mes vêtement et entre dans la cabine. Une fois la je me mord la lèvre en regardant la poignée qui, selon Maélysse, sert à régler la temperature et le jet. J'inspire profondément et tire la poignée vers moi en la mettant au milieu. Maélysse m'a dit que l'eau serait à temperature tiède lorsque que la poignée serait au milieu. Rien ne se passe pendant deux seconde puis je me prend un sceau d'eau gelée sur la tête je sursaute et sert les poing, habituée. Mais, au bout de quelques secondes l'eau devient plus agréable, mon froide, ça doit être "tiède". Je sourit de bien-être à mesure que la temperature augmente.

* * *

Apres avoir longuement laissé l'eau ruisseler sur mon corps j'entame le "shampoing". Une mousse blanche se répand dans mes cheveux. Je trouve ça franchement amusant mais m'empresse de finir de rincer. Je sort de la douche après m'être savonné en priant pour ne pas glisser et m'étaler sur le carrelage luisant. Je suis les conseils de Maélysse et attrape le tissu molletonneux blanc pour m'enrouler dedans. Je frissonne, l'air est frai et je suis trempée.

Ayant entrouvert la porte je me penche pour appeler la blondinette. Qui accourt en quelques secondes.

- Vous avez fait bien vite ! Mais vous sentez délicieusement bon, venez.

Toujours souriante elle m'emmène dans une pièce adjacent à la chambre, je n'avait même par remarqué la petite porte dans le mur à côté de la bibliothèque. Dedans se trouve une penderie pleine de vêtements extravagants et de tissus précieux. L'air et légèrement embaumé à la lavande et sur une exagère, un peu plus loin, se trouve un nombre incalculable de petits pots d'huiles et de crème. Des tiroirs couvrent les murs et un grand miroir me fait face à coté de l'évier en verre.

Maélysse se retourne et me fait face.

- Tu vas être magnifique !

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