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Couverture du roman Livrée aux flammes : La trahison de mon mari

Livrée aux flammes : La trahison de mon mari

Durant dix ans, j'ai été l'épouse dévouée d'Hadrien Chevalier, acceptant d'être l'ombre de son grand amour, Isabelle. Mon espoir s'est éteint dans l'incendie de notre demeure. Ce soir-là, Hadrien a préféré sauver notre chien, m'abandonnant aux flammes comme il m'avait délaissée lors de ma fausse couche. Miraculeusement survivante, je ne ressens plus rien pour lui. Libérée par le divorce à mon réveil, je pars pour Genève. Désormais, je suis la seule priorité de ma nouvelle vie.
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Chapitre 1

Pendant dix ans, j'ai aimé Hadrien Chevalier. Je l'ai même épousé en sachant que je n'étais qu'une remplaçante pour son grand amour, Isabelle. J'ai joué le rôle de l'épouse parfaite, prévisible, espérant qu'un jour, il finirait par me voir. Cet espoir est mort la nuit où notre hôtel particulier a pris feu.

Il a fait irruption dans notre chambre envahie par la fumée, m'a regardée droit dans les yeux, puis a attrapé notre chien et s'est enfui, me laissant brûler vive.

Un écho glaçant du jour où j'ai fait une fausse couche. Je hurlais son nom pendant qu'il consolait Isabelle à côté. Il n'est jamais venu pour moi à ce moment-là, et il n'est pas venu pour moi cette nuit-là non plus.

Dans cet enfer, en le regardant sauver le chien plutôt que sa propre femme, je n'ai ressenti ni douleur ni colère. Je n'ai rien ressenti. La fille naïve qui l'aimait était enfin morte, incinérée avec ma dernière lueur d'espoir.

Alors, quand je me suis réveillée à l'hôpital et qu'un SMS a confirmé que mon divorce était finalisé, je n'ai pas pleuré. J'ai réservé un aller simple pour Genève.

Cette fois, c'est moi que je choisissais de sauver.

C'est parti.

Chapitre 1

Point de vue de Céleste Dubois :

Le monde était flou, un brouillard froid et clinique, quand l'infirmière a enfin détaché mon poignet du lit d'hôpital. J'étais libre, techniquement, mais la liberté ressemblait à une mauvaise blague. Ma poitrine me faisait mal, un écho creux là où il y avait eu une vie, et je n'ai même pas essayé de cacher le tremblement de mes mains. Le médecin avait parlé, expliquant les procédures de sortie, mais ses mots rebondissaient sur le bouclier invisible que j'avais érigé autour de moi.

Hadrien est entré dans la chambre.

Ses pas étaient lourds, urgents, mais je n'ai pas levé les yeux. Il a prononcé mon nom, sa voix tendue par une inquiétude qui avait un goût de cendre dans ma bouche. J'ai juste hoché la tête, un mouvement minuscule, presque imperceptible, et j'ai continué à fixer le mur blanc et stérile.

« Céleste, ça va ? Mon Dieu, j'étais mort d'inquiétude », a-t-il supplié, la voix légèrement fêlée.

Un rire amer a failli m'échapper. « Inquiet ? » J'ai enfin croisé son regard, le mien vide de toute chaleur. « Où étais-tu, Hadrien ? »

Il a tressailli. « Isabelle... elle a eu une urgence. Une crise de panique. Elle m'a appelé, Céleste, je devais y aller. » Son explication a déferlé, un barrage fragile contre l'océan de ma douleur.

Je l'ai juste regardé, mon visage un masque. Il ne restait plus de rage, plus de larmes. Seulement un vide immense.

Il a tendu la main vers la mienne, son contact hésitant. Je l'ai retirée avant qu'il ne puisse me toucher, un réflexe instinctif. « Je suis fatiguée, Hadrien. Je veux juste rentrer à la maison. »

Son regard est tombé sur mon ventre, puis est revenu sur mon visage. Une lueur de quelque chose – pitié ? Culpabilité ? – a traversé ses traits. Il se souvenait de moi avant, facilement blessée, prompte aux larmes, toujours en quête de son attention. L'ancienne Céleste se serait accrochée à lui en pleurant. Cette nouvelle Céleste était un fantôme, et ça le déstabilisait plus que n'importe quelle crise.

Le trajet du retour s'est fait en silence. Il n'arrêtait pas de me jeter des coups d'œil, les jointures de ses doigts blanches sur le volant. Il voulait demander. Il voulait savoir ce qui avait changé. Mais je ne lui ai rien donné. Juste le ronronnement silencieux du moteur et les lumières lointaines de la ville.

Finalement, il n'a plus tenu. « Céleste, pourquoi es-tu si... silencieuse ? C'est comme si tu n'étais même pas là. »

J'ai tourné la tête, regardant droit devant moi. « Qu'est-ce que tu veux que je fasse, Hadrien ? Que je crie ? Que je pleure ? Que je jette des objets ? »

Il a passé une main dans ses cheveux, un geste de frustration. « Non, bien sûr que non. Mais... » Il s'est interrompu, incapable de formuler le gouffre troublant qui s'était ouvert entre nous.

« Mais tu veux que l'ancienne Céleste revienne, n'est-ce pas ? » ai-je terminé pour lui, ma voix plate. « Celle qui pardonnait toujours, qui comprenait toujours, qui attendait toujours. »

Il a dégluti difficilement. « Tu as changé, Céleste. »

« Oui », ai-je convenu doucement. « J'ai changé. Et je ne m'en excuserai pas. »

À ce moment précis, son téléphone a vibré. Isabelle. Son nom a clignoté sur l'écran, une interruption brutale dans la trêve fragile de notre silence.

Il a hésité, regardant son téléphone, puis moi. « C'est Isabelle. Elle veut savoir si je rentre chez elle ce soir. Elle est toujours bouleversée. »

« Vas-y », ai-je dit, ma voix à peine un murmure. « Elle a besoin de toi. »

Il a eu l'air surpris, soulagé même. « Tu es sûre ? Je peux rester, Céleste. Vraiment. »

J'ai croisé son regard, mes yeux froids et stables. « Tu n'as jamais pu, Hadrien. Pas quand ça comptait. »

Il m'a regardée, une lueur de colère dans les yeux, rapidement remplacée par un besoin désespéré de s'expliquer. « Céleste, je sais que j'ai tout gâché. Mais je vais arranger les choses. Je te le promets. »

J'ai juste secoué la tête. « C'est bon, Hadrien. Sérieusement. Va la rejoindre. »

Il a semblé déchiré, mais l'attraction d'Isabelle était toujours plus forte. Il s'est garé brusquement sur le côté. « Je reviendrai plus tard, d'accord ? On parlera. »

J'ai ouvert la portière et je suis sortie sans un mot, le laissant avec ses promesses vides. Alors que le taxi arrivait, mon téléphone a vibré dans ma poche. Un message de mon contact au Quai d'Orsay.

« Mademoiselle Dubois, votre mutation à Genève a été approuvée. Félicitations. »

J'ai souri, une petite victoire personnelle. Juste au moment où j'allais monter dans le taxi, un deuxième SMS est arrivé.

« Votre demande de divorce a également été officiellement déposée. Les papiers ont été signifiés ce matin. »

J'ai jeté un regard en arrière vers Hadrien, toujours debout près de sa voiture, parlant avec animation au téléphone. Isabelle. Toujours Isabelle. Je suis montée dans le taxi, mon cœur un bloc de béton.

« Adieu, Hadrien », ai-je murmuré, même s'il ne pouvait pas m'entendre. « Tu es enfin libre de moi. »

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