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Couverture du roman L'imparfait du paradis

L'imparfait du paradis

Liées par une ambition commune, deux amies inséparables nourrissent l'espoir de conquérir le monde du mannequinat. Ce rêve partagé bascule brutalement dans l'horreur lorsque l'une d'elles perd la vie. Désormais seule face à son destin et à la douleur du deuil, la survivante se retrouve investie d'une mission sacrée : réussir pour deux. Parviendra-t-elle à percer dans cet univers impitoyable et à honorer la mémoire de sa défunte amie malgré le vide laissé ?
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Chapitre 2

-Tu es en retard Marguerite. Me dis Fifi ou plutôt Fideline de son vrai nom, qui à cette époque s'avère être ma meilleure amie jusqu'à ce que la mort l'emporte loin de moi, m'abandonnant avec les projets que nous nous étions donné d'accomplir on ne sait trop par quel miracle.

-n'est ce pas ce qu'on avait convenu ? Répondis-je sans pression.

-arriver un peu en retard oui mais pas à la fin sinon ça n'aura servit à rien toute cette mise en beauté.

-Dans tous les cas je suis prête chérie

-Au lieu de parler tu ferais mieux de te lever qu'on y aille.

Je rangeai ma misérable palette de maquillage que m'avait minutieuse offert ma'a Jacky lorsqu'elle avait jugé nécessaire qu'il était temps qu'elle s'en débarrasse. Elle ne contenait pas tout mais au moins elle était de ma convenance. Elle me servait bien pour des occasions comme celle-ci. Je n'avais pas d'argent pour m'en offrir une. Lorsque je la voyais en appliquer sur son visage, je l'enviais tellement. Elle ressemblait à ces actrices que Fifi et moi voyions à la télé et que nous comtemplions avec tant d'admiration. À ces mannequins sur les affiches et magazines que nous voulions tant ressembler. Mais hélas nous n'avaions que nos yeux pour regarder, nos mères pour nous dire combien il n'y avait pas assez d'argent car tout avait été dépensé pour nos études et Gloire à Dieu le succès fut notre. Nous venions d'obtenir notre licence en littérature et civilisations africaines. Quelle grande joie pour nous et pour nos mamans. Vous n'imaginez pas combien nous aurions été victimes de railleries si jamais nous avions échoué. Nous entendions déjà leur voix résonner dans nos cervelles «les stars du village ont échoué...elles sont aussi bête que leurs vêtements bizarre la...des prostitués, qui n'a pas encore vu leurs slips dans ce village? Aussi bête que leurs mères qui ont fuit leurs ménages.» aurait dit une fille en moitié rongée par la moisissure tant la misère avait atteint sur elle son apogée avec l'approbation de toutes les autres filles toutes aussi décrépies qu'elle. Bien-sûr Fifi et moi étions différentes de autres filles du village qui pour la plupart avant d'atteindre notre âge avait déjà 3 accouchements dont la paternité fut douteuse, du moins pour celles qui n'avaient pas fait d'avortements. Certaines étaient des femmes de ménage, d'aucunes des agricultrices en toit l'école, la modernité et elles n'allaient pas de bon train. Elles s'habillaient comme nos mères et grand mère voire nos ancêtres si bien que leur jeunesse en prenait un coup fatal. Ôh pauvre jeunesse !! comme elle avait dut se sentir maltraitée. Fifi et moi nous prenions pour ces filles aux allures épanouies digne d'une femme indépendante qui aurait réussi sa vie. Nous portions le plus souvent des decoltés, des mini-jupes, des t-shirts *Miranda ou sous-hélène*, des pantalons dit destroys. Exposant ainsi la noirceur de nos corps. Partout où nous passions, nous nous faisions remarquer tellement nous étions "développées". Nous avions donc choisit des vêtements plus que adaptés pour la circonstance qui visait à célébrer l'obtention de notre licence. Nous nous voulions reines et remarquées de tous. Uniques dans tout le village. Nous voulions être étincelantes aux yeux de nos amis qui devaient déjà être présents au tio'o ( salle de fête ).

Je m'étais vêtue d'une robe rouge et Fifi d'une robe rose. Fin prêtes pour notre soirée nous étions. La seule chose qui manquait était un véhicule de transport pour parachever notre œuvre et satisfaire nos désirs les plus extravagants. Vous savez comment sont les difficultés de déplacement dans les villages. Nous avions dût marcher sur nos deux pieds jusqu'à destination. Nous traversâmes les lacs de boues, les champs d'herbes ainsi que leurs légions d'insectes. Collines et montagnes, rivières et villages et enfin nous y étions parvenues. Tous ces obstacles n'étaient pour nous qu'un long raccourci qui allait nous permettre de vite arriver à destination. Nous primes le soins de nettoyer nos pieds avant d'engager la marche majestueuse qui allait rendre notre entrée en scène spectaculaire. Sûr de nous, nous avancions. lentement mais sûrement. Digne filles ayant atteint le sommet de la civilisation dans le village. Nous pénétrâmes la salle et nous marquâmes une pose digne de son nom juste à l'entrée à la vue de tous prenant le soins bien-sûr d'attirer sur nous les regards par le claquement de nos talons sur le sol grossièrement carrelé. La plupart des fêtards se tournèrent vers nous, leurs yeux examinaient nos silhouettes élancées magnifiquement traitées avec précaution pour la circonstance. Certains tapotaient les leurs amis tantôt sur leurs dos, tantôt sur leurs épaules et les invitaient à nous fixer à leur tour. Fifi et moi échangeons des regards complices et satisfaits de nos efforts. Nous varions nos poses comme dans les magazines. Puis d'un mouvement synchronisé nous avançâmes au milieu de la foule. C'était un vrai succès, nous étions les reines que nous désirions, les gens nous faisaient de la place. Nous avions atteint notre apogée du moins nous le pensions jusqu'à ce que tout le monde éclate de rire tout en nous pointant du bout des doigts. Nous ne comprenions pas pourquoi un si soudain changement de cadence. Il eut fallût que quelqu'un prennent une photo de nous et nous montrent réellement à quoi 'nous ressemblions dans nos tenues. Et à vrai dire nous étions tout sauf des reines. Le maquillage avait coulé sous l'effet de la transpiration et de la chaleur qu'il y'avait dans la salle. La honte nous envahissa immédiatement et l'assurance que nous avions s'effondra sur le coup. Les railleries étaient insupportables. Toute cette prestance que nous avions construite point par point venait de s'écrouler.

- Elles sont comme les zouglous" disaient l'une en faisant référence à ces guerriers traditionnels qui mettaient sur eux toute sorte de pigment naturel visant à attirer l'attention sur eux avant de se lancer dans la lutte.

-Des clowns plutôt. Renchérissait un autre qui se vantait d'en savoir beaucoup plus que les autres sur le qualificatif adéquat pour nous.

-On vous a seulement forcé à vous peindre le visage!? Rajoutait un autre . il ria longuement avant de poursuivre: regardez celle là (pointant Fifi du doigt) c'est grave pour elle . un vrai zombie. Et tous éclatèrent de rire.

Je puis vous dire que c'était bien plus que ce que je ne décris. Imaginez vous être la risée de toute une foule après toute une lise en scène. Fifi de nature sensible, n'avait pas supporté la douleur de l'humiliation et était sortie en courant de la salle. J'essayai de la suivre mais elle était bien plus rapide. Elle prit la route contraire à celle qui nous avait conduit jusque là. « Fifiiiiiiii attends mois s'il te plait !! Disais-je à haute voix. » je criais et hurlais son nom mais elle ne semblait pas vouloir s'arrêter. Elle avait vraiment été blessée. «est-ce de ma faute? Pourquoi tu ne m'attends pas?» Insistais-je. Lorsqu'elle s'était enfin décidée à s'arrêter, un min...

À suivre

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