
L'imparfait du paradis
Chapitre 3
Lorsqu'elle s'était enfin décidée à s'arrêter, un minibus servant à transporter les villageois jusqu'au marché public pour qu'ils puissent vendirent leurs récoltes ou pour une quelconque raison sortit de nulle part et sans ménagement, il jeta son dévolu sur Fifi et l'engloutit en un seul coup. C'était horrible. J'ecarquillais les yeux, les clignais, des larmes surgirent seules comme si elles avaient déjà la confirmation de ce que je refusais de m'imaginer. Je voulais le vérifier mais je n'y arrivais, pas j'en tremblais. Je ne voulais pas voir cette réalité en face. Je ne voulais pas l'affronter , je n'en avais pas la force. J'étais resté paralysée. Mes jambes, faiblies par le poids de ma peine finirent par rendre l'âme et sur le sol je m'écroulai. À mon réveil, bien que je ne fus pas vraiment endormie mais plongée dans mes pensées en essayant de trouver la cause de tout ceci, plein de gens étaient autour de moi. les visages attristés ,remplis de compassion, de tristesse et de culpabilité. Le corps en moitié broyé de Fifi ou plutôt ce qu'il en restait d'elle se trouvait devant moi. Je n'en revenais pas. J'avais tué Fifi. J'étais la seule coupable du crime sans aucun doute.
-Non ...non ...Nooooooooooooooooooo...ooon!! . Fifiiiiiiiiii ... Pourquoi ? Ce n'est pas vrai ça ne peut pas être vrai . Je sais que tu vas te relever sinon c'est moi qui t'aurais tué tout est de ma faute si seulement nous y étions allées à l'heure, si je ne t'avais pas demandé de m'attendre tout ça ne serait pas arrivé Fifi...ma seule sœur et ma seule véritable amie. Pourquoi toi? Hurlais-je indéfiniment. J'avais soudainement des maux de tête atroces. Je voulais m'arracher les cheveux tant ma douleur était profonde. Je parlais à haute voix, je criais comme pour me faire entendre par la foule, par nos ancêtres et les dieux de l'au delà comme pour clamer mon innocence mes innombrables aventures avec Fifi, nos affinités,nos joies, nos plus beaux souvenirs, nos promesses qui aujourd'hui allait désormais rester en moi toute seule. Je frappais la terre comme pour l'exhorter à rejeter de ses entrailles le corps qui allait l'enrichir d'avantage et la rendre terre sacrée. Mais, elle semblait ne pas partager ma peine. Après tout, n'allait elle pas recevoir un engrais de plus ? Pourquoi serait-elle triste? Néanmoins j'aurais souhaité un peu de compassion de sa part elle, elle se faisait impitoyable plus que jamais. Je baignais dans le sang visqueux et rouge écarlate de Fifi je m'agrippais à ce qu'il en restait de sa chair et de ses os. Quel fardeau. Certains témois de la scène me tapotaient le dos, d'autres m'embrassaient, d'aucun essayaient de m'éloigner de son corps et le reste me regardait faire sans rien dire avec dans leurs regards l'expression d'un profond désarroi. Le lien qui les unissait tous était sans aucun doute leur désolation pour moi avec une seule pensée à dans leur esprit: pauvre petite, ta sœur est déjà morte il n'y a plus rien à faire. Même si Jésus revenait sur terre, son corps ne pourrait être reconstitué.". Bien-sûr que je le savais mais je m'en foutais, j'espérais une résurrection tel le Messi, une renaissance tel un Phénix. Cependant les minutes passaient mais rien ne semblait vouloir changer. La situation resta intacte jusqu'à mon retour tragique dans la concession accompagné d'un cortège funèbre. Les voyageurs se sentant coupables tout autant que moi n'avaient pût rester indifférents.
Mère vint me trouver dans la grande cours, tante Sophie (mère de sabine la suivait. Quelques voisins et voisines assoiffés d'apprendre la nouvelle se précipitèrent vers la cours en abandonnant chez eux, leur travaux, leurs enfants, leurs cuisines, leurs époux et leurs femmes. Aussitôt après avoir appris la triste nouvelle, tous éclatèrent en sanglot et pleurèrent à l'unanimité comme s'il le leur avait été ordonné. Comme s'ils aimaient tellement Fifi, comme s'ils l'avaient réellement connu. Comme si au plus profond de leurs cœurs ils partageaient mon chagrin. Les femmes criaient dans tous les sens, chacune le plus haut possible comme pour dire au seigneur épargne nous la douleur d'être les prochains. Les hommes baissaient la tête et essayaient tantôt de calmer les femmes, tantôt de chasser les enfants qui jouaient pendant un moment si pénible. Seule ma mère et tante Sophie eurent le courage de me demander ce qu'il s'était passé toutes deux les yeux remplis de larmes et les cœurs aussi meurtris que le mien.
-Où étiez-vous ? Disais tante Sophie
-Que s'est il passé? Qu'est-il arrivé? Tu vas bien j'espère ? Demandais mère
Que s'est-il passer? Une question à laquelle j'aurais voulut ne pas pouvoir y répondre si jamais il m'aurait fallut expliquer ce qui était arrivé à Fifi cependant, il fallait que je le leur dise. Je culpabilisais vraiment car si je n'avais pas insisté peut-être rien ne serait arrivé. Mère et tante me consolèrent bien qu'elles fût aussi touchées. Elles tentèrent de me rassurer que je n'y étais pour rien. Que ça devait arrivé et qu'on y pouvait rien. Comment pouvais-je bien me sentir quand Fifi n'était plus ? Je ne pouvais que me sentir mal, je ne pouvais que pleurer. Mon corps se vidait de toute son eau et ma chair refusait d'accueillir des nutriments. Je ne mangeais presque plus. J'avais les yeux enflés. L'insomnie était mon partage. Le peu de temps que je trouvais pour m'endormir, je le dediais à Fifi au nom de nos liens ceux jusqu'à son enterrement et même quelques jours après.
Mes journées étaient merdiques. Je n'avais plus aucun rêve. Je ne savais quoi faire. Je m'ennuyais. Tout espoir de réaliser nos souhaits s'était envolé. Seule je n'y arriverais pas me disais-je. Sans Fifi à mes côtés, je ne trouvais pas la motivation. Même nos magazines ne m'intéressaient plus. Ce qui me dégoûtait le plus était ces hypocrites qui avaient pleurer de joie pour elle tant ils avaient souhaité sa mort et la mienne par la même occasion. Les garçons qu'elle avaient largué ou rejeté ainsi que les filles qui nous enviaient. Tous semblaient se réjouir qu'elle ne soit plus et que je sois si désemparée. J'entendais certains dire: «cette crâneuse là !? Hummm Tsuippp bien fait pour elle. Au moins on aura un peu de paix. Et sa chèvre ( parlant de moi) qui est toujours envie même comme elle devenue plus calme...» quoi de plus normal? après tout, le malheur ses uns ne fait il pas le bonheur des autres?.
Mère avait finit par tomber malade. Tante et moi nous occupions d'elle comme nous pouvions. Le cancer la rongeait de plus en plus. Tout s'écroulait de plus en plus. Ma vie devenait triste. Je ne pensais pas retrouvé la joie de vivre. Tout semblait perdu jusqu'à ce matin là. Oui jusqu'à ce jour où j'ai découvert le paradis dans lequel j'avais toujours souhaité me bercer. Et je me suis dit oui!!. Oui!! pour Fifi je devrais le faire, en mémoire de son nom. C'était trop beau pour être vrai mais je le vivais je le sentais. Quelques semaines après le départ de Fifi, j'avais retrouvé la force, l'amour et la détermination.
Il était 6h du matin, j'étais co...
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