Couverture du roman L'immortel en sursis

L'immortel en sursis

9.2 / 10.0
Dans L'immortel en sursis, Daniel Martial survit à deux morts cliniques. Ce roman de fantasy et romance suit un homme que le trépas rejette. Entre gloire médiatique et coups du sort, lisez ce web novel sur un destin hors norme. Une fiction fantasy disponible pour lire des livres en ligne.
Résumé de L'immortel en sursis
La vie de Daniel Martial débute sous les meilleurs auspices, entouré d'une famille aimante. Pourtant, son existence bascule dans une succession d'épreuves et de passions intenses. Malgré des actes héroïques et une notoriété médiatique, il ne peut échapper aux tragédies qui jalonnent son parcours. Ayant survécu par deux fois à son propre trépas, cet homme singulier semble condamné à l'errance. Puisque la mort le rejette, Daniel avance malgré les coups du sort dans ce récit de vie.
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L'immortel en sursis Chapitre 1

À mon père et à Lisa

Chapitre 1

Jeudi 27 mars 1969, 19 heures, dans la banlieue nantaise

Ma mère prépare à manger pour la famille avant que mon père ne rentre du travail. Cela fait maintenant deux mois qu’ils ont emménagé dans cette nouvelle maison flambant neuve.

Les plans, c’est mon père qui les a dessinés, en accord avec ma mère, après négociations.

Une maison de plain-pied en forme de L, avec un grand salon-salle à manger, 3 chambres, une pour eux et une pour chaque enfant, une salle de bains, une grande cuisine, une toilette séparée et un petit bureau.

La maison est posée sur un vaste terrain orné de sapins, d’un cèdre bleu, d’un pommier et d’une haie de troènes qui sert de séparation avec le voisinage.

De chaque côté de la maison se trouvent le jardin et une terrasse afin de profiter au maximum de la lumière du soleil, ce que mon père attend avec impatience pour faire le barbecue.

Ma mère est soucieuse car l’annonce, qu’elle doit faire à mon père, risque de changer la donne du bonheur.

La porte d’entrée s’ouvre sur mon père en costume-cravate dans le hall d’entrée.

Ma sœur qui va bientôt avoir 4 ans, 3 ans et 9 mois plus précisément, sort de sa chambre en courant afin d’être la première à se percher au cou de mon père, suivie par mon frère qui lui est son aîné de deux ans.

Après avoir reçu des milliers de bisous en moins de dix minutes, mon père se détache afin de rejoindre sa chambre pour se changer, mais n’oublie pas ma mère en lui lançant un coucou de loin d’un œil malicieux.

Quelques minutes plus tard, le voilà de retour vêtu d’un magnifique survêtement bleu qui lui va comme un gant à un manchot mais c’est la seule tenue où il se sent bien et non à l’étroit selon ses dires.

Ma mère bat les œufs, pendant que les cubes de pommes de terre frémissent dans la poêle.

Tout souriant, mon père vient la rejoindre afin de l’embrasser et de se tenir au courant des évènements de la journée.

« Ça sent bon l’omelette », lui dit-il.

Ma mère se retourne et embrasse mon père. Il est temps pour elle de lui exprimer ce qu’elle a à lui dire depuis quelques heures :

« Je suis passée chez le médecin avec les enfants. »

« Et alors, tout le monde va bien ? »

« Oui, ça va… Il faut que je te dise… Je suis enceinte ! »

Ah ce moment-là, mon père ressemble à un lapin pris dans les phares d’une voiture arrivant à vive allure, sans aucune possibilité de freiner.

Car oui, je n’étais pas prévu. Ils avaient un garçon, une fille, le choix du roi, et voici le petit dernier qui pointe le bout de son nez.

Ma mère scrute la réaction de mon père et enfonce le clou.

« C’est prévu pour fin septembre, début octobre, si tout va bien. »

Mon père se ressaisit et, voyant le visage embarrassé de ma mère, lui rétorque d’un ton fort et solennel : « Quand y en a pour 4, y en a pour 5 », ponctué d’un large sourire qui vient éclairer ses yeux humides d’étonnement et de plaisir.

Face à sa réaction lumineuse, ma mère s’effondre dans les bras de mon père et évacue la pression dans un flot de larmes.

L’heure du repas approche, il va falloir prévenir les enfants que l’arrivée d’un petit frère ou d’une petite sœur dans la famille est au programme.

La révélation fait l’effet d’une bombe d’excitation. Ils sont ravis, la discussion s’oriente sur le sexe du futur bébé et du prénom, le tout dans une ambiance de fête foraine.

Il est 21 heures, les enfants couchés, mes parents s’assoient devant la télé en noir et blanc et malgré une émission très intéressante sur la reproduction des gastéropodes en milieu aquatique, c’est-à-dire « les bulots », ils ne l’écoutent qu’à peine.

Car oui, mon arrivée n’est pas une coquille vide.

Ils ont la tête ailleurs, ma mère se dit qu’elle a bien fait de ne rien jeter au niveau vestimentaire, alors que mon père au fond de lui-même savoure simplement l’instant.

Les mois passent. Tout le monde commence à s’activer pour accueillir le petit dernier, car oui cela sera un garçon.

Une dernière réunion familiale a lieu pour enfin convenir d’un prénom.

Et après être passé par des Georges, André, Mathieu, c’est Daniel qui est retenu avec 3 voix pour et une contre. Démocratie familiale oblige chez les Martial, Daniel sera le prénom de l’enfant qui s’annonce.

Ma mère ayant eu quelques complications lors de la naissance de mon frère, c’est par césarienne que je ferai mon entrée dans le monde comme l’a fait ma sœur avant moi.

Tout en douceur !

La date de la césarienne étant connue par avance, ma mère passe chez le coiffeur la veille, et arbore un magnifique chignon de 20 cm de haut, très à la mode à l’époque, mais qui ne manque pas de passer inaperçu lors de son apparition à la maternité. Je ne suis pas encore né que je suis déjà une star grâce à la chevelure de ma mère.

Heureusement que ce n’est pas mon père qui accouche car lui n’a presque plus un poil sur le caillou, seule une petite couronne de cheveux parsème ce désert crânien.

Jour J, 30 septembre 1969, 18 heures 40, Hôpital de Nantes

Ça y est, il est né le divin enfant, enfin moi quoi !

2k 950, pas un gros bébé, mais pas une crevette non plus. Non, plutôt une gambas, mais d’une beauté effarante, si je me souviens bien

Mon frère et ma sœur, étant trop jeunes, ne peuvent rentrer dans l’hôpital et c’est par un petit balcon donnant sur le parking qu’ils font ma connaissance, tel Simba dans « Le roi Lion » quand le roi Mufasa et la reine Sarabi présentent leur nouveau-né au peuple des animaux, ou encore le nouveau pape qui sort à la fenêtre de la place Saint-Pierre de Rome, il ne manque plus que la fumée blanche sur le toit de l’hôpital nantais.

Bienvenue dans ce nouveau monde, Daniel, et maintenant c’est à toi de construire ton futur.

« C’est l’histoire de la vie ! » Bon courage, tu vas en avoir besoin.

Installé dans la chambre de mes parents, je vis paisiblement ces trois premières années sans manquer de rien et surtout pas d’amour.

Car oui, quand vous êtes le petit dernier en plus de l’amour de vos parents vient se greffer celui de vos frères et sœurs. Et fiers, ils le sont tous les deux.

Où que l’on aille, ils demandent toujours à ma mère de me montrer aux alentours à tous et à toutes comme un magnifique trophée de victoire et de joie d’être trois. Je suis inondé de bisous à tout moment.

Mes premiers souvenirs débutent vers l’âge de 4 ans, et ma deuxième année de maternelle.

Je suis, selon chacun, un enfant gentil, poli et qui a déjà le sens de l’humour et dont le sourire fait partie intégrante du visage. Heureux je suis !

C’est à cette époque que mes parents vont décider de transformer le bureau de mon père, en chambre pour enfant.

« Quoi ? Je vais avoir ma chambre ? »

Pour moi, c’est le début de l’indépendance.

Enfin une petite chambre de 6 m2, mais qui pour moi est énorme, ça y est j’ai mon espace vital, à moi le bazar, les jouets qui traînent, la vie quoi. De la fenêtre, je peux apercevoir le stade.

MA chambre dans MA maison se trouve à Basse-Goulaine, un village se situant dans la banlieue sud-est de Nantes à 10 kilomètres du Château des Ducs de Bretagne. Elle est entourée de champs à perte de vue, des vaches viennent paisiblement s’y nourrir, car le stress ici n’est pas le bienvenu, à tel point qu’il arrive parfois d’en retrouver une dans le jardin, qui broute de la pelouse verte, le caviar de la vache.

Basse-Goulaine comme son nom l’indique est traversé par la Goulaine, une petite rivière, affluent de la Loire sur sa rive gauche. Sèche l’été mais qui inonde les alentours lors de la saison des pluies.

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