
L'héritière des deux empire du milliardaire
Chapitre 2
La journée se déroula dans une ambiance tendue. À chaque fois que je croisais Marie, elle semblait m'éviter du regard, son attitude encore plus distante que d'habitude. C'était subtil, presque imperceptible, mais après des années passées à ses côtés, j'avais appris à lire entre les lignes. Elle savait quelque chose. Et elle ne voulait pas que je le découvre.
Je tentai de lui parler après le déjeuner, lorsque nous nous retrouvâmes seules dans le salon. Elle était assise dans son fauteuil habituel, feuilletant un magazine de mode.
« Marie », commençai-je prudemment, « puis-je vous poser une question ? »
Elle leva les yeux, son expression neutre. « Bien sûr, Aline. Qu'y a-t-il ? »
Je pris une grande inspiration, essayant de trouver les bons mots. « Ce que Lucas a dit hier soir... à propos de mes origines. Est-ce que... est-ce qu'il y a quelque chose que je devrais savoir ? »
Ses yeux se rétrécirent légèrement, un signe qu'elle était sur la défensive. « Lucas aime dramatiser, tu le sais bien. Il n'y a rien dont tu doives te soucier. »
« Mais alors, pourquoi m'a-t-il posé cette question ? Pourquoi semblait-il insinuer qu'il y a un secret ? »
Elle referma son magazine brusquement, posant ses mains sur les accoudoirs de son fauteuil. « Aline, écoute-moi bien. Il n'y a rien à découvrir. Rien du tout. Et je te conseille de ne pas perdre ton temps avec ces absurdités. »
Son ton était glacial, et je sentis ma colère monter. Mais avant que je ne puisse répliquer, elle se leva et quitta la pièce sans un mot de plus.
***
Le soir venu, l'atmosphère était encore plus lourde. Lucas et Marie semblaient s'éviter, chacun d'eux plongé dans ses pensées. Je restai silencieuse pendant tout le dîner, observant leurs interactions avec attention.
Après le repas, je montai dans ma chambre, mais je n'arrivais pas à me détendre. Une intuition me disait que quelque chose se préparait, que je ne devais pas baisser ma garde. Je décidai de descendre discrètement, espérant capter une conversation qui m'éclairerait sur ce qui se passait réellement.
Je n'eus pas à attendre longtemps. Alors que je passais près du bureau de Marie, j'entendis des voix étouffées. Je me plaquai contre le mur, tendant l'oreille.
« Tu ne peux pas continuer comme ça, maman », disait Lucas, sa voix teintée de frustration. « Elle finira par tout découvrir. »
« Elle ne découvrira rien si tu tiens ta langue », répliqua Marie sèchement.
« Et si elle fouille ? Tu crois qu'elle va rester dans l'ignorance indéfiniment ? Elle mérite de savoir, tu ne crois pas ? »
Un silence tendu s'installa, et je retins mon souffle.
« Lucas », dit finalement Marie d'une voix basse, presque menaçante, « si tu oses lui dire quoi que ce soit, je te jure que tu le regretteras. »
« Oh, vraiment ? » répliqua Lucas avec un rire amer. « Et qu'est-ce que tu vas faire ? Me renier ? Me mettre à la porte ? Vas-y, maman. Mais moi, je ne vais pas vivre avec ce mensonge toute ma vie. »
Je sentis mon cœur s'emballer. Un mensonge ? De quoi parlaient-ils ?
La conversation s'interrompit brusquement, et je compris que l'un d'eux s'approchait de la porte. Je reculai précipitamment, montant les escaliers à toute vitesse avant de me réfugier dans ma chambre. Mon esprit tournait à toute allure, les mots de Lucas résonnant dans ma tête.
Un mensonge. Toute leur vie. Qu'est-ce qu'ils me cachaient ? Et pourquoi Lucas semblait-il sur le point de tout révéler ?
Le silence pesant de la nuit m'entourait comme un linceul. Lucas avait laissé derrière lui une promesse en suspens, une menace à peine voilée de révéler une vérité que Marie voulait enterrer à tout prix. Mais ce n'était pas seulement leur affrontement qui m'habitait désormais. C'était cette certitude qu'il détenait les réponses à mes questions, que Lucas pouvait m'éclairer sur ce secret qu'ils tentaient tous de dissimuler. Et pourtant, il me restait une chose à faire : l'approcher, mais avec prudence.
Au petit matin, j'étais décidée. Je trouverais un moyen de lui parler seul à seul. Le plus compliqué, c'était de savoir comment entrer dans son esprit sans qu'il ne perçoive mes véritables intentions. Lucas n'était pas un imbécile. Pire encore, il aimait jouer, manipuler, tester les limites des gens qui l'entouraient.
J'attendis qu'il descende au petit-déjeuner. Comme d'habitude, il arriva en retard, le visage encore marqué par les ombres de la veille. Sa chemise froissée, à moitié déboutonnée, et ses cheveux en bataille trahissaient une nuit agitée.
« Bonjour, Lucas », lançai-je avec un sourire que j'espérais naturel, tout en feignant une indifférence polie.
Il releva les yeux vers moi, un éclat sarcastique dans son regard. « Tiens, Aline. Levée si tôt ? C'est rare. »
« J'ai mal dormi », répondis-je en haussant les épaules. « Et toi ? »
Il haussa un sourcil, se servant un café sans répondre immédiatement. « Disons que les nuits au manoir sont toujours... intéressantes. »
Je choisis de ne pas réagir à sa provocation, préférant un ton plus léger. « Lucas, on peut parler ? »
Il s'arrêta net, sa tasse à mi-chemin de ses lèvres. « Parler ? Depuis quand on parle, toi et moi ? »
« Depuis que tu laisses entendre des choses que je ne peux pas ignorer », dis-je calmement, bien que mon cœur battait à tout rompre.
Il posa sa tasse avec un sourire narquois. « Ah, voilà. Je savais que tu viendrais. »
Je me figeai, surprise par sa réponse. « Qu'est-ce que tu veux dire ? »
« Tu crois vraiment que j'ai laissé échapper ces mots par accident ? » Il se pencha légèrement en avant, son regard perçant. « Je voulais voir combien de temps il te faudrait pour venir à moi. Et te voilà. »
Je détestais son assurance, mais il avait raison. Il avait gagné cette manche.
« Très bien », dis-je en croisant les bras. « Alors dis-moi ce que tu sais. »
Lucas éclata de rire, un rire bref et sans joie. « Oh non, ça ne marche pas comme ça, Aline. Tu veux des réponses ? Alors tu vas devoir les mériter. »
***
Plus tard dans la journée, j'attendis qu'il soit seul dans le jardin pour reprendre la conversation. Le soleil illuminait les allées impeccablement entretenues, mais la beauté du décor ne faisait que souligner l'ironie de notre échange.
« Lucas », appelai-je en m'approchant doucement.
Il était adossé à un arbre, une cigarette entre les doigts, un air pensif sur le visage. Il me jeta un coup d'œil avant de soupirer. « Quoi encore ? Tu ne lâcheras pas, hein ? »
« Pas tant que je n'aurai pas compris ce que tu essaies de me cacher », dis-je en me plantant devant lui.
Il resta silencieux un instant, tirant sur sa cigarette. Puis il se redressa, éteignant le mégot contre l'écorce de l'arbre. « Très bien. Je vais te donner un indice. »
Mon cœur s'emballa, mais je fis de mon mieux pour ne pas montrer mon excitation.
« Il y a un secret, Aline », commença-t-il, son ton soudain plus sérieux. « Un secret qui pourrait briser cette famille si quelqu'un venait à le découvrir. Mais crois-moi, tu ne seras pas plus heureuse une fois que tu sauras. »
« C'est ma vie, Lucas. J'ai le droit de savoir », insistai-je.
Il esquissa un sourire, mais cette fois sans amusement. « Ta vie ? C'est drôle que tu dises ça. Tu ne sais même pas qui tu es vraiment. »
« Alors dis-le-moi ! » m'écriai-je, ma patience s'effritant.
Il s'approcha, son visage si près du mien que je pouvais sentir son souffle. « Si je te dis tout, Aline, tu devras me donner quelque chose en retour. »
Je reculai légèrement, méfiante. « Qu'est-ce que tu veux ? »
« Je n'ai pas encore décidé », dit-il avec un sourire mystérieux. « Mais fais-moi confiance, ça viendra. »
Je serrai les poings, frustrée par son jeu. Mais au fond de moi, je savais que je n'avais pas le choix. Lucas détenait les réponses que je cherchais, et s'il fallait jouer selon ses règles pour les obtenir, alors je le ferais.
« D'accord », dis-je finalement. « Je suis d'accord. »
« Bien », répondit-il en se détournant. « Prépare-toi, Aline. Ce que tu vas découvrir pourrait tout changer. »
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