
L'éveil de la vengeance
Chapitre 3
(( VOIX D'AUTEUR ))
Natacha partait à l'école, étant donc loin de son école, mama Véronique avait payé une moto qui venait la prendre et la laisser tout les jours à la maison.
Entre temps moi, je faisais le ménage et j'allais au marché. Ma relation avec Natacha n'était pas très bonne car c'était plus que visible qu'elle était la digne fille de sa mère. Même dans nos discussions, elle trouvait toujours un moyen de m'humilier ou de me ridiculiser.
La belle vie que j'avais quand papa Philippe était avec nous, n'était plus que de vagues souvenirs. Il était bien vrai que je n'avais plus de problèmes de nourriture car je mangeais toujours les restes de Natacha, un mal pour un bien.
Natacha faisait la classe de 5ème, elle ne blaguait pas avec ses cours, et d'après les dires de sa mère, elle était toujours parmi les cinq premiers, la fierté de sa mère.
Quelques années plus tard, j'avais déjà 16 ans et ma situation n'avait pas changé sauf mon corps qui s'était développé donc j'avais des formes généreuses comme une adulte contrairement à Natacha qui était mince et qui paraissait toujours petite par rapport à moi.
Ma routine était ménage, marché et champs. Il y a plus de cinq que mon école était fini, juste après le départ de papa Philippe. Eh oui, mama Véronique m'emmenait travailler dans son champ et après la récolte, j'allais vendre les vivres au marché. Je ne me plaignais pas car la bastonnade avait considérablement diminué depuis mes 14 ans.
Étant délaissé à moi-même, j'avais un don pour la couture. J'avais tellement porté des haillons déchirés au point où je raccommodais mes habits, j'achetais des tissus de cuisine au marché et je me cousais des robes, jupes, et bien d'autres avec mon fil et l'aiguille.
Natacha qui pouvait s'acheter des vêtements digne de ce nom, enviait encore mes habits. Si bien qu'un matin je voulais aller au marché, mais je ne trouvais plus ma jupe portefeuille que j'avais cousu à peine deux jours. J'ai tellement cherché ça que je suis allé voir Natacha pour lui demander si elle n'avait pas vu ça quelque part
- Natacha s'il te plait, tu n'as pas vu ma jupe ..
- Pardon hein, je porte tes raccommodages là
- Je n'ai même pas fini de parler
- Pardon va chercher tes choses. Ne vient pas me déranger, je dois aller à l'école
Nous étions un samedi, j'ai laissé tomber, j'ai mis un kaba du même tissu, et je suis allé à l'attaque.
La journée là était un peu dure pour moi, même pour vendre deux tas de manioc ce n'était pas facile, le plantain alors n'en parlons plus. Je suis rentré plus tôt que d'habitude, et sur la route du retour, qui je vois ? Natacha avec ma jupe, elle causait avec un garçon. J'ai eu mal, au point où je l'ai appelé
- Natacha
Quand elle s'est retourné, la honte pouvait la faire disparaitre
- Natacha
- Quoi ?
- Tu fais quoi avec ma jupe ? Ce n'est pas toi qui m'a dit ce matin que tu fais quoi avec mes habits raccommodés ?
- Fiche moi le camp, qui t'a dit que c'est ta jupe ?
- Eehh Natacha, tu mens ? Remet moi ma jupe vite
- Dégage, ce n'est pas ta jupe !
- Tu ne me remet pas ma jupe ?
- Je dis que ce n'est pas pour toi, fiche moi le camp
L'on pouvait m'insulter pour ce qui ne m'appartenait pas, mais quand il s'agissait de mes effets, je perdais tout bon sens. Sans même qu'elle ne s'est rendu compte, je l'avais déjà giflé Natacha et s'en est suivi d'une bagarre qui a été séparé par Marcel.
Le gars qui causait avec Natacha a fuit quand la bagarre a déclenché. Nous avons poursuivit, cette dispute à la maison, j'avais bien tapé Natacha, comme elle était mince là, je ne l'avais pas raté avec les claques de partout.
Natacha n'a pas cessé de m'insulter jusqu'à de qu'on arrive à la maison. Mama Véronique était dehors quand nous sommes entrés, c'est Marcel qui lui a dit
- Voilà alors ma'a, j'ai trouvé tes deux filles, au carrefour en train de bagarrer pour un homme
Mama Véronique a crié
- Quoi ?
Entre temps, Natacha et moi, étions en train de démentir ce que Marcel lui avait dit. Mama Véronique nous a demandé
- Qu'est ce qui s'est passé ?
Nous avons eu droit à la parole à tour de rôle. Elle a commencé avec Natacha qui a retourné la situation contre moi
- Ma'a c'est Marlyse, elle me trouve en train de causer avec mon camarade de classe, elle vient m'agresser que j'ai volé sa jupe. Alors que la jupe ci je l'avais acheté au petit marché
Mama Véronique en s'adressant à moi et en me dévisageant du regard
- Ngono c'est vrai ?
- Ma'a c'est faux elle ment, c'est ma jupe
- Vous me prenez pour une idiote ? Hein ? Ça ne va pas dans vos têtes ?
C'était la parole de Natacha contre la mienne, et comme d'habitude mama Véronique a pris le parti de sa fille
- Ngono, le mensonge te donne même quoi ? Natacha ne ment pas, toi tu es toujours dans le vol et le mensonge gratuit, tu n'as pas tes vêtements ? Tes choses ?
Natacha a enfoncé le couteau dans la plaie
- Ma'a c'est toujours comme ça, même mes slips disparaissent dans la maison, tout le temps, et ce n'est jamais elle
- Faut la laisser, c'est comme ça qu'elle ira même voler chez les gens, on va te brûler là-bas
Ça ne servait plus à rien de me défendre, alors je suis allé dans l'arrière de la maison pleurer comme un bébé. Les jours suivants, je ne parlais plus à la maison sauf pour répondre à une question ou pour rendre compte d'une commission.
Cette année là, Natacha préparait le baccalauréat, elle était la fierté de sa mère, si elle obtenait son bacc, elle devait être bachelière à 17 ans et pour une illettrée comme moi c'était un exploit.
Donc je supportais tout ce qui était course, commission, et travaux dans la maison car rien ne devait troubler Natacha pour qu'elle n'obtienne pas son examen. Entre temps, j'économisais pour me payer une formation en couture chez une voisine du quartier, voyant déjà que j'avais les 10.000fr qu'elle m'avait demandé, je suis allé voir mama Véronique pour lui informer de mon intention d'aller apprendre à coudre. C'est sous forme de moqueries qu'elle m'a répondu
- Toi en dehors des travaux champêtres, tu sais faire quoi ?
- Ma'a je veux apprendre
- Avec ta tête dure là, tsuipp Ngono dors comme tu as l'habitude de faire ici
- J'ai déjà payé
- Avec quel argent ? Tu m'as volé n'est ce pas ?
- Non maman, jamais, c'est l'argent que tu me donnes ici
- Si tu cherches un prétexte pour qu'on t'enceinte et que je te garde ici avec ton futur bâtard. Ngono ce ne sera pas chez moi pardon, donc fais comme tu veux pourvu que tu fasses mes travaux et mes commissions avant d'aller dans ta soi-disant formation.
- Merci ma'a
Pendant que j'étais en train d'aller au marché, je l'ai laissé s'exclamer en patois en disant que je perdais mon temps car au final, j'allais me retrouver à la rue ave un gosse en main.
Les semaines sont passées et finalement, j'ai commencé à aller me faire former. Comme j'avais l'habitude de coudre avec le fil et l'aiguille, ce n'était pas facile de coudre avec la machine et surtout de faire des patrons, la découpe, avant de coudre, il y avait un grand boulot derrière ces robes, pantalon, jupes, et chemises cousus.
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