
L'Étreinte Mortelle Du Destin
Chapitre 2
La lumière blanche de l'hôpital était la dernière chose que j'avais vue dans ma vie précédente, un souvenir froid et stérile avant que tout ne devienne noir. Chloé, ma sœur jumelle, se tenait près de mon lit, son visage affichant une pitié feinte pour les caméras qui tournaient. Elle venait de me voler ma vie, ma place à l'École Normale Supérieure, et même mon identité, me laissant pourrir, accusée de fraude et de folie. La dernière image gravée dans mon esprit était son sourire triomphant, juste avant que mon cœur ne s'arrête.
Puis, je me suis réveillée.
Pas dans le néant, pas au paradis ni en enfer, mais dans mon lit, dans la petite chambre que je louais en banlieue parisienne. Le soleil filtrait à travers les rideaux usés. Mon téléphone vibrait sur la table de chevet. C'était le jour des résultats de l'ENS. Le jour où tout avait basculé.
J'ai attrapé le téléphone, mes mains tremblaient encore. J'avais une seconde chance. Une chance de tout changer, de ne pas laisser Chloé et nos parents adoptifs me détruire à nouveau. Cette fois, je ne serais pas la victime naïve. Cette fois, je me battrais.
Mon plan était simple, mais il devait être exécuté à la perfection. Je savais ce qui allait se passer, chaque étape de leur complot. Je savais qu'ils utiliseraient ma discrétion et leur pouvoir pour me faire taire. Mais ils ne savaient pas que j'avais déjà vécu leur trahison.
J'ai allumé la télévision. La chaîne d'information en continu diffusait déjà un reportage spécial sur les nouveaux prodiges de la nation. Et là, sur l'écran, Chloé. Elle était interviewée devant le portail de l'ENS, portant les vêtements chers que nos parents lui avaient achetés. Elle souriait, parlant avec une assurance feinte de « ses » ambitions, de « ses » recherches. Chaque mot était un mensonge, chaque mot était à moi.
« C'est un honneur incroyable », disait-elle à la journaliste, sa voix mielleuse. « J'ai travaillé si dur pour ça. Mes parents m'ont toujours soutenue. »
Mes parents. Nos parents adoptifs, les Dubois. Un couple riche et matérialiste qui nous avait sorties, Chloé et moi, d'un orphelinat de province des années auparavant. Ils avaient rapidement choisi leur favorite. Chloé, la sociable, la jolie, celle qui correspondait à leur image. Moi, Léa, la studieuse, la discrète, j'étais une déception. Ils n'avaient jamais hésité à me sacrifier pour la gloire de Chloé.
La journaliste a posé une question un peu plus technique sur la physique quantique, un sujet que j'avais exploré en profondeur dans mon dossier de candidature. Le sourire de Chloé s'est figé une fraction de seconde. On pouvait voir la panique dans ses yeux.
« C'est... une question très complexe », a-t-elle bafouillé. « Je pense que l'important, c'est l'application pratique, pour améliorer la vie des gens. »
Une réponse vague, une esquive parfaite. Personne n'a semblé remarquer. Sauf moi. Et peut-être quelques autres. À l'écran, un bandeau affichait les commentaires des réseaux sociaux. La plupart étaient des messages de félicitations pour la nouvelle « icône de la jeunesse », l'influenceuse devenue génie. Mais au milieu des éloges, un commentaire a attiré mon attention.
« Bizarre, sa réponse semble très superficielle pour une future normalienne. »
Un autre a suivi.
« Je l'ai vue en soirée la semaine dernière, elle ne parlait pas de physique quantique. »
C'était une petite fissure. Une minuscule brèche dans le mur de mensonges qu'elle avait construit. C'était tout ce dont j'avais besoin pour commencer. Cette fois, je n'allais pas attendre d'être acculée. J'allais prendre les devants.
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