
Les Secrets de mon Milliardaire
Chapitre 2
La nuit qui suivit fut longue et froide. Léa ne ferma pas l'œil, tournant et retournant dans son lit vide. Elle se sentait seule, trahie, et terriblement en colère. Les heures semblaient s'étirer à l'infini, et dans ce silence oppressant, elle se promit une chose : elle ne laisserait plus jamais quelqu'un la traiter ainsi. Il n'y aurait plus de place pour la naïveté dans sa vie.
Le lendemain matin, fatiguée mais déterminée, Léa prit une décision. Si elle devait survivre à cette douleur, elle devait occuper son esprit. Plutôt que de se morfondre chez elle, elle décida de se plonger dans le travail. Heureusement, son job dans une agence de publicité était prenant, exigeant même. C'était la distraction parfaite.
Dès qu'elle arriva au bureau, elle se plongea dans les projets en cours, se concentrant sur les détails, perfectionnant chaque proposition, chaque visuel. Elle passait des heures supplémentaires à peaufiner des campagnes, à répondre à des clients, à se surpasser dans son domaine. Ses collègues remarquèrent son changement d'attitude, mais personne n'osa vraiment poser de questions. Léa semblait inébranlable, presque mécanique dans sa quête de perfection. Ce travail était son refuge, son moyen de fuir la douleur.
Les jours se transformèrent en semaines, et peu à peu, elle commença à retrouver un semblant de normalité. Les sourires revenaient, timides, parfois forcés, mais présents. La plaie était encore ouverte, bien sûr, mais elle cicatrisait lentement. Elle évitait Samuel et Zoé, bloquant leurs numéros, effaçant toute trace de leur existence dans sa vie. C'était une nouvelle ère pour elle, une ère où elle se recentrait sur ses ambitions, sur elle-même.
Un vendredi soir, alors qu'elle était sur le point de partir du bureau, son patron, Monsieur Alvez, un homme d'une quarantaine d'années, la fit appeler dans son bureau.
- Léa , je voulais te parler d'un projet particulier, dit-il en s'asseyant derrière son grand bureau de verre.
Elle hocha la tête, prête à recevoir un autre défi professionnel. Le travail était devenu sa seule source de satisfaction ces derniers temps.
- J'ai remarqué ton engagement ces dernières semaines. Tu as fait un travail incroyable, et je voulais t'en féliciter.
- Merci, répondit-elle, légèrement gênée par le compliment.
Mais Alvez n'en avait pas fini. Il se pencha en avant, les doigts entrelacés.
- J'ai été approché par un client très particulier, un homme d'affaires influent qui cherche quelqu'un de fiable, avec des compétences uniques... Il a demandé spécifiquement quelqu'un comme toi.
Léa fronça les sourcils. Un client spécifique ? Quel genre de projet pouvait nécessiter ce genre de présentation ?
- Il s'appelle Jonah . Il est... disons, un peu hors du commun, un homme très traditionnel malgré sa jeunesse. Il m'a parlé de toi, et... il a une proposition assez inhabituelle.
Léa sentit une étrange sensation lui parcourir l'échine. Ce nom ne lui disait rien, et pourtant, il y avait quelque chose dans le ton d'Alvez qui la mettait mal à l'aise.
- Une proposition ? demanda-t-elle, incertaine.
- Jonah t'a observée de loin, Léa . Il a suivi ton travail, tes réussites, et il a vu quelque chose en toi qu'il apprécie. Il m'a demandé de te transmettre un message, une proposition de mariage.
Elle éclata de rire, certaine que c'était une plaisanterie. Mais Alvez ne riait pas. Son visage restait sérieux, ses yeux fixés sur elle.
- Attends... quoi ? Un mariage ? Mais... je ne connais même pas cet homme ! s'exclama-t-elle, abasourdie.
Alvez hocha la tête.
- Je sais, ça peut paraître fou. Mais Jonah n'est pas un homme ordinaire. Il a des moyens considérables et... disons qu'il fonctionne différemment. Il croit en des unions arrangées, mais dans lesquelles chaque partie tire un grand avantage.
Léa sentit son cœur battre plus fort. Comment était-ce possible ? Un parfait inconnu voulait l'épouser ? Elle, Léa , une femme qui venait tout juste de sortir d'une relation désastreuse ?
- Tu plaisantes, n'est-ce pas ? C'est ridicule. Qui fait ça de nos jours ?
- Jonah le fait, répondit calmement Alvez. Il est sérieux, Léa . Il pense que vous pourriez former un partenariat puissant. Il te laisse bien sûr le choix, mais il voulait que je te transmette son offre.
- Pourquoi moi ? demanda-t-elle, encore sous le choc.
- Il dit qu'il voit en toi une femme avec du potentiel, une personne qui pourrait l'aider à atteindre ses objectifs, tout en t'aidant à réaliser les tiens.
Léa se passa une main dans les cheveux, complètement dépassée. C'était insensé. Elle ne savait pas quoi répondre. Elle venait à peine de commencer à se reconstruire après sa rupture avec Samuel, et voilà qu'un étranger lui proposait de se marier, comme si c'était une affaire d'affaires.
- Et si je refuse ?
- Rien ne t'oblige à accepter. Mais Jonah est un homme influent. Un mariage avec lui pourrait t'ouvrir des portes que tu n'as jamais envisagées.
Léa prit une grande inspiration. Tout cela semblait si surréaliste. D'un côté, l'idée même de se remarier, si rapidement, et avec un inconnu, lui paraissait absurde. De l'autre, la promesse d'une vie nouvelle, d'un avenir différent, loin de la douleur et de la trahison, avait quelque chose de tentant. Elle avait été détruite par son amour pour Samuel, mais peut-être qu'une approche plus pragmatique, plus calculée, serait la solution pour elle.
Elle se leva, encore secouée par la conversation.
- Je... je dois y réfléchir, dit-elle finalement.
- Bien sûr, prends ton temps, répondit Alvez. Mais sache que cette opportunité ne se présentera pas deux fois.
Léa quitta le bureau, le cœur lourd et l'esprit tourmenté. Alors qu'elle marchait dans les rues de la ville, les pensées tourbillonnaient dans sa tête. Jonah , cet homme mystérieux, lui offrait une chance de repartir à zéro. Mais était-elle prête à sauter dans l'inconnu, à épouser un homme qu'elle n'avait jamais rencontré ?
En rentrant chez elle, elle s'affala sur le canapé, ses yeux se posant à nouveau sur l'endroit où la photo de Samuel et elle avait été. Le cadre brisé avait été jeté, tout comme l'homme qui l'avait trahie. Peut-être que ce mariage n'était pas une si mauvaise idée après tout. Peut-être qu'il était temps pour elle d'adopter une approche différente de la vie, de cesser de se laisser guider par ses émotions et de commencer à penser à son avenir, à ses ambitions.
Cette nuit-là, Léa ferma les yeux avec un sentiment mêlé d'excitation et de crainte. Jonah restait un mystère, mais une partie d'elle était prête à prendre ce risque. Après tout, elle n'avait plus rien à perdre.
Léa était assise sur son canapé, le regard perdu dans le vide. Depuis la proposition d'Jonah , elle n'avait cessé d'y penser. Tout cela semblait si absurde, presque irréel, mais en même temps, terriblement tentant. La trahison de Samuel était encore trop fraîche dans son esprit, chaque pensée à son égard lui donnait l'impression d'être poignardée à nouveau. Elle avait tout fait pour lui, tout sacrifié, et comment l'avait-il remerciée ? En la trompant avec sa meilleure amie. Cette blessure béante dans son cœur n'allait pas se refermer de sitôt. Alors, quand l'offre de mariage inattendue était arrivée, cela avait résonné comme une sorte de revanche.
C'était peut-être insensé, mais c'était une opportunité. Une façon de reprendre le contrôle, de se détourner de cette douleur, de prouver à Samuel qu'elle n'avait pas besoin de lui, qu'elle pouvait vivre sans lui, et mieux encore, qu'elle pouvait réussir. D'une certaine manière, dire oui à Jonah était son moyen de dire non à Samuel et à tout ce qu'il représentait : la trahison, la faiblesse, la dépendance. Léa prit une profonde inspiration et saisit son téléphone. Elle ouvrit l'application de messagerie et tapa un simple message à Jonah : « J'accepte. »
Elle resta là, quelques secondes, le doigt suspendu au-dessus du bouton « envoyer ». Avait-elle vraiment envie de faire ça ? Se marier à un homme qu'elle ne connaissait pas, simplement par colère, par vengeance ? Elle ferma les yeux, repensant à Samuel et à la façon dont il l'avait trahie. Elle sentit une vague de rage monter en elle. **Envoyer.**
Quelques heures plus tard, son téléphone sonna. C'était un appel d'Jonah . Elle hésita un instant avant de décrocher, son cœur battant plus vite qu'elle ne l'aurait voulu.
- Léa ? dit-il d'une voix posée.
- Oui, c'est moi, répondit-elle en se redressant sur son canapé.
- Je suis ravi que tu aies accepté. Je veux que tu saches que tu n'auras à te soucier de rien. Je prendrai soin de tout. Financièrement, tu n'auras plus à lever le petit doigt. Tu pourras te concentrer sur ce qui te rend heureuse, sur ta carrière, ou sur ce que tu veux vraiment faire de ta vie.
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