
Les Secrets de mon Milliardaire
Chapitre 3
Léa fronça les sourcils. **Il prendra soin de tout ?** Voilà qui était bien pratique. Trop pratique. Elle n'aimait pas cette idée. Cela lui rappelait Samuel, ses beaux discours sur comment il se sentait diminué après avoir perdu son emploi, et comment elle avait dû tout gérer, tout payer. Non, cette fois, ce ne serait pas comme ça.
- C'est gentil, Jonah , mais je n'ai pas besoin qu'on me prenne en charge. J'ai toujours su me débrouiller seule, dit-elle, sa voix un peu plus froide qu'elle ne l'aurait voulu.
Jonah resta silencieux quelques secondes avant de répondre.
- Je comprends. Mais je tiens à ce que tu saches que ce n'est pas une question de contrôle ou de domination. Je veux simplement que tu te sentes libre de choisir ce que tu veux faire. Ce mariage ne sera pas une cage pour toi, Léa . Je veux que tu aies la liberté de t'épanouir, sans les contraintes matérielles.
Léa ne savait pas trop comment interpréter ces mots. Était-il sincère ou simplement un autre homme vantard qui aimait se montrer généreux pour ensuite réclamer quelque chose en retour ? Elle avait vu ce genre d'attitude auparavant, chez des hommes qui se croyaient supérieurs simplement parce qu'ils avaient les moyens financiers de s'imposer. Elle soupira discrètement, essayant de cacher son agacement.
- D'accord, répondit-elle finalement. On verra bien comment ça se passe.
- Je t'enverrai les détails du mariage. Ce sera simple, rien de pompeux. Je préfère que nous commencions cette nouvelle étape de manière modeste, plutôt qu'avec un grand éclat.
Sur ces mots, Jonah raccrocha, laissant Léa avec un sentiment étrange. Ce mariage, cette proposition, tout cela semblait si irréel, et pourtant, elle était sur le point de sauter le pas. Pourquoi avait-elle dit oui ? La question ne cessait de revenir en boucle dans son esprit. Avait-elle vraiment accepté pour se venger de Samuel ? Ou cherchait-elle quelque chose de plus, peut-être une stabilité qu'elle n'avait jamais réellement eue ?
Le jour du mariage arriva plus vite qu'elle ne l'aurait pensé. Pas de grande cérémonie, pas de robe de princesse, seulement quelques papiers signés au tribunal et une petite réception avec leurs témoins respectifs. C'était d'une simplicité déconcertante, surtout pour quelqu'un comme Léa , qui avait toujours rêvé d'un mariage de conte de fées. Mais cette fois, elle n'avait plus la tête aux contes. Elle voulait seulement passer à autre chose, tourner la page de Samuel et de la trahison.
Après la cérémonie, Jonah l'emmena dans leur nouvelle maison, une belle propriété située dans un quartier calme, un peu à l'écart de la ville. La maison était spacieuse, lumineuse, avec de grandes baies vitrées qui donnaient sur un jardin parfaitement entretenu. Tout était si... parfait, presque trop parfait pour être vrai.
- Voilà notre chez-nous, dit Jonah en ouvrant la porte d'entrée et en lui faisant signe d'entrer.
Léa resta un moment immobile sur le seuil, regardant l'intérieur impeccablement décoré. Elle avait du mal à croire que c'était désormais sa vie. Cette maison, cet homme... tout semblait si différent de ce qu'elle avait imaginé pour elle-même.
- Tu aimes ? demanda Jonah en la regardant attentivement.
- C'est... grand, répondit-elle en faisant un effort pour sourire.
Jonah lui sourit en retour et lui tendit une clé.
- Tout ce que tu veux changer ici, tu es libre de le faire. Cette maison est aussi la tienne.
Léa prit la clé, mais au fond d'elle, elle ne pouvait s'empêcher de se méfier. Tout cela semblait si... facile. Trop facile. Elle ne connaissait pas cet homme, pas vraiment, et pourtant elle venait de l'épouser. Que savait-elle réellement de lui ? Il était charmant, poli, généreux, mais cela ne voulait rien dire. Samuel avait aussi été charmant, poli, et généreux... jusqu'à ce qu'il la trahisse. Peut-être qu'Jonah cachait aussi quelque chose. Peut-être qu'elle était tombée dans un piège.
Elle se retrouva seule dans la grande maison, alors qu'Jonah était parti pour régler des affaires. L'immensité de la pièce la faisait se sentir petite, presque insignifiante. Elle se promena dans les différentes pièces, touchant les meubles du bout des doigts, se demandant comment elle allait s'adapter à cette nouvelle vie.
« Ce mariage va être un échec, » murmura-t-elle pour elle-même, en s'asseyant sur le canapé moelleux du salon. Tout cela semblait voué à l'échec. Elle n'était pas prête pour une nouvelle relation, et encore moins pour un mariage. Elle ne connaissait pas cet homme, elle n'était pas amoureuse de lui, et malgré toute sa bonne volonté, elle sentait que quelque chose n'allait pas. C'était une erreur. Une énorme erreur.
Le soir venu, Jonah rentra à la maison, toujours aussi calme et posé. Il la rejoignit dans le salon, s'asseyant à côté d'elle, l'air détendu.
- Comment s'est passée ta journée ? demanda-t-il.
Léa haussa les épaules.
- Je me suis promenée dans la maison. Elle est... belle, mais je ne sais pas si je vais m'y faire.
Jonah lui lança un regard compréhensif.
- Je sais que tout ça est un grand changement pour toi. On n'est pas obligés de tout précipiter. Prends le temps dont tu as besoin pour t'adapter. Je veux que tu te sentes bien ici, avec moi.
Ces mots étaient censés la rassurer, mais au lieu de cela, ils renforçaient son sentiment de malaise. Elle regarda Jonah , cet homme si parfait en apparence, et se demanda ce qu'il cachait réellement derrière cette façade impeccable. Elle ne pouvait s'empêcher de penser qu'il y avait autre chose, quelque chose qu'elle ne voyait pas encore. Mais pour l'instant, elle n'avait pas d'autre choix que de faire semblant. Faire semblant d'être à l'aise, faire semblant d'être d'accord avec tout ça.
- Merci, dit-elle simplement.
Ils restèrent assis là, côte à côte, dans un silence pesant, chacun perdu dans ses pensées. Léa savait que ce mariage ne serait pas facile. Mais elle avait accepté de jouer le jeu, et maintenant, elle devait en assumer les conséquences.
Le mariage avait été bien différent de ce qu'elle avait toujours imaginé. Il n'y avait pas de grande cérémonie, pas de robe somptueuse, ni d'amis et de famille rassemblés dans une église décorée de fleurs. Non, c'était bien plus simple, presque fonctionnel. Tout s'était déroulé dans un petit bureau de la mairie, avec un juge sévère qui avait à peine levé les yeux du dossier devant lui. Léa avait enfilé une robe blanche qu'elle avait achetée à la dernière minute, plus par principe que par réel désir de marquer l'occasion. Jonah , lui, portait un costume gris sombre, bien taillé, mais tout aussi sobre que le reste de la journée. Ils avaient signé les papiers, échangé des vœux laconiques, puis s'étaient retrouvés mari et femme avant même que Léa ne puisse vraiment comprendre ce qu'il se passait.
Elle se rappelait avoir regardé l »am durant toute la cérémonie, ses yeux cherchant quelque chose, une faille peut-être, ou simplement un indice sur ce qu'il ressentait. Mais son visage était resté impassible, ses gestes précis, calculés. Il était tout ce que Samuel n'avait jamais été : posé, stable, et pourtant, cette stabilité la rendait mal à l'aise. Elle se sentait comme une étrangère dans ce rôle de nouvelle épouse. D'ailleurs, est-ce qu'elle était vraiment une épouse ? Tout cela n'avait rien à voir avec l'idée qu'elle se faisait du mariage.
Quand ils étaient sortis du bureau, Jonah lui avait tendu la main pour la conduire à la voiture. Elle l'avait prise, plus par automatisme que par envie, et il l'avait conduite jusqu'à leur nouvelle maison, une grande demeure dont l'immensité ne faisait que renforcer son sentiment d'isolement. La maison était magnifique, il fallait l'admettre. Les murs étaient d'un blanc immaculé, les meubles modernes et élégants, tout donnait une impression de luxe discret. Mais Léa n'arrivait pas à s'y sentir à l'aise. Tout lui semblait étranger, froid. Chaque pièce, chaque meuble lui rappelait qu'elle venait d'entrer dans une vie qu'elle ne reconnaissait pas comme la sienne.
Les premiers jours de leur mariage furent calmes, presque silencieux. Jonah travaillait beaucoup, ce qui laissait Léa seule à la maison la plupart du temps. Il n'avait pas insisté pour qu'elle change ses habitudes ou abandonne son travail, bien au contraire. Il semblait même heureux qu'elle puisse continuer sa carrière. Mais malgré cette apparente liberté, Léa ne pouvait s'empêcher de ressentir une certaine distance, une sorte de barrière invisible entre eux. Jonah était courtois, toujours attentif à ses besoins matériels, mais sur le plan émotionnel, il restait un mystère.
Elle passait ses journées à errer dans cette maison, à explorer les moindres recoins, à examiner chaque objet, comme pour essayer de trouver un indice sur la vie d'Jonah avant elle. Ses livres étaient soigneusement rangés dans la bibliothèque du salon, ses dossiers de travail toujours classés de manière méticuleuse. Rien n'était laissé au hasard. Chaque détail de sa vie semblait sous contrôle. Léa ne savait pas si cela devait la rassurer ou l'inquiéter davantage.
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