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Couverture du roman Les Malheurs de Marie: Le Secret

Les Malheurs de Marie: Le Secret

Ancrée dans la réalité historique d'Avignon, cette œuvre mêle récit de terroir et passion romanesque. L'intrigue dépeint une histoire d'amour intense, marquée par des sentiments profonds, des doutes et une conclusion bouleversante. Au-delà de la romance, le texte explore la confrontation entre tolérance et intolérance, tout en illustrant la lutte des classes. Cette narration sensible s'impose comme un témoignage humain vibrant, porté par l'expérience et la culture de son auteur.
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Chapitre 2

Chapitre I

— Marie, tu viens te promener au bord du Rhône ?

C’était Jean-Baptiste, dix-sept ans, qui parlait ainsi à Marie, quinze ans, sa petite sœur, un jour d’été de l’année 1844.

À la tête de la France régnait le bon roi Louis-Philippe I ᵉʳ ; à la tête du département du Vaucluse régnait le préfet Pascal ; à la tête de la municipalité d’Avignon régnait le maire Poncet assisté de son adjoint Sixte-Isnard ; à la tête de la ferme Saint Joseph régnait le patriarche Jean-Joseph Aymard.

— Je veux bien ! répondit la petite Marie qui, quinze jours plus tôt, avec une magnifique robe blanche, en une sorte de Maye, participait à la grande procession de la Fête-Dieu que les autorités ecclésiastiques de la ville avaient voulue somptueuse cette année-là.

Elle empoigna un panier d’osier et suivit son frère. Il portait une chemise claire aux manches retroussées et rentrée dans un pantalon de toile sous quatre doigts de taillole. Elle avait mis un caraco sur un chemisier fleuri et une jupe unie dans les tons bleus. La jeune fille emplissait déjà son corsage d’une poitrine prometteuse. Un léger décolleté laissait deviner cette naissance immaculée de chairs bourgeonnantes. Ses cheveux bruns s’abritaient sous une capeline de paille fine serrée et enrubannée d’un voile flottant au vent. Jean-Baptiste était fier de cette sœur cadette et ne manquait jamais une occasion de lui proposer une promenade. Une brise soufflait, ce qu’on appelait ici le vent du soleil, déclenchée à l’heure de midi et déversant un peu de fraîcheur maritime sur les heures brûlantes de l’été.

On avait terminé les moissons depuis peu. Le garçon, comme ses frères et son père, avait manié la grande faux sur laquelle on ajustait un cadre de bois permettant d’aligner parfaitement les tiges coupées sur la gauche du faucheur où les femmes les liaient plus commodément en gerbe avec des brins d’osier. C’étaient des jours bien remplis où toute la famille prêtait la main, depuis le battage des lames de faux sur le bigorneau (enchaplaje di daio, en provençal), le nettoyage des bordures, la coupe, la mise en gerbiers, puis le jour arrivé de fouler (caucaje), les mules traînant un rouleau conique prévu à cet effet écrasaient le grain sec à point ; on aveuglait les bêtes avec un chiffon pour leur éviter d’avoir le tournis. Grosses journées ! Ces débris de paille et de graines étaient, le jour d’après, séparés au tarare.

Une époque dure que Jean-Baptiste et Marie essayaient d’oublier ce jour en se dirigeant vers les ombrages du bord du Rhône.

Un chemin de terre, depuis Saint Joseph, montait vers le nord entre les terres de la Jasse et celles de l’Aire, puis s’incurvait en longeant un plan d’eau dormante où poussaient à discrétion l’osier et la massette.

— Les boumians(bohémiens) sont là ! dit Jean-Baptiste. Il faudra nous méfier !

On voyait en effet trois personnages d’aspect patibulaire patauger dans les eaux jusqu’aux genoux et confectionner des fagots de vergans (tiges d’osier). Rien de bien répréhensible en cette industrie par elle-même, mais ces nomades étaient universellement considérés comme des voleurs de poules et de toute chose qui traînait. On voyait à l’orée d’un bosquet, plus loin, deux ou trois roulottes fumer leur misère dans l’air surchauffé. Des bandes d’enfants se disputaient dans les orties. L’osier alimentait une branche honnête de leurs activités et les deux jeunes gens savaient que les paysans leur achetaient toutes sortes de paniers et de banastes (grandes bannes à deux anses) dont ils avaient un constant usage, toutes les fois qu’ils faisaient le tour des fermes avec leurs marchandises. Aussi, chacun les tolérait, et la maréchaussée ne les obligeait à déguerpir que lorsqu’elle était saisie de plaintes de citoyens pour larcins.

— La récolte est bonne ? leur demanda Jean-Baptiste, avec un salut de la main.

L’un d’eux releva la tête, grommela quelque chose qu’on ne comprit pas. Parlaient-ils le français ? Au bord du chemin, une jeune fille vêtue d’une longue robe fleurie s’approcha d’eux, puis saisit la main de Marie en disant :

— Bonne fortune, Mad’moiselle ?

Le garçon, tirant le bras de sa sœur, enfla un refus catégorique. Nul n’aimait frayer de trop près avec ses ressortissants non invités que l’on soupçonnait d’entretenir des rapports inavoués avec le Diable, bien que, redoutant aussi leur malédiction, la fameuse « jettatura », tous s’arrangeassent pour ne pas trop les bousculer.

La passagère, qui ne faisait que ce qu’elle savait faire, peut-être sans arrière-pensée, sûrement sans certitude, eut le temps de crier :

— J’ai vu de l’amour, Mad’moiselle !

Ils étaient déjà loin ! La terre de Claude Firmin, ce propriétaire en Courtine assez aisé, président du syndicat du Rhône, s’étendait juste après, bien qu’il résidât dans la banlieue sud. Il amenait tous les jours, à l’époque des gros travaux, sa progéniture constituée de six filles et d’un garçon, le plus jeune, Nicolas. Ce jour-là, la tribu était occupée à ciseler des chasselas et des œillades, les premiers de la saison. Jean-Baptiste avait remarqué, depuis un certain temps, une des cadettes, Angélique, qui n’était pas une Vénus, mais portait agréablement les charmes de ses quinze ans et, cela ne gâtant jamais rien, les promesses de sa dot. Il lui avait parlé certains jours, en passant, et la jeune fille n’avait pas semblé le repousser. Il discutait aussi avec le père, bien connu des quelques fermiers qui défrichaient ces arpents sortis des eaux pour ne point dire tombés du ciel.

— Bien le bonjour Monsieur Firmin, bonjour Angélique et Thérésine, bonjour les enfants ! Acò vai coume lou voulès ?(Cela va-t-il comme vous le voulez) lança-t-il.

Le père Firmin, reconnaissant Jean-Baptiste comme le fils respectable de son voisin Jean-Joseph, salua le jeune homme et la jeune fille bien élevés :

— Tout lou mounde se porto bèn !(tout le monde se porte bien !) Vous allez vous baigner ?

C’était l’époque charnière du passage au français dans les campagnes reculées ; il n’était pas rare que les conversations se déroulassent en mêlant l’une et l’autre langue.

— Iéu bélèu !(moi peut-être) répondit Jean-Baptiste. Comment allez-vous, Angélique ? Le travail n’est pas trop dur ? Ah ! Je ne veux pas vous débaucher ! Le ciselage est un travail peu fatigant, mais délicat. À une autre fois !

Angélique et Thérésine leur firent bonjour de la main, sourirent et se penchèrent à nouveau sur leurs grappes. C’est que le lendemain matin, le père, avec ses aînées, irait vendre la récolte au marché des remparts en profitant des prix meilleurs dont bénéficiaient les primeurs. L’une, Marie-Thérèse, venait rarement dans les champs ; elle était d’une santé fragile et ce n’était d’ailleurs pas du luxe qu’elle assurât l’entretien de la maison, l’apport des provisions, les menues nécessités comme d’aller, chez un voisin, chercher le lait quotidien encore tout chaud du pis des vaches.

Jean-Baptiste reprit sa route. Sans bien savoir ce que c’était, une sorte de vague à l’âme le saisissait quand il voyait Angélique si assidue à son travail. Une chic fille, certainement ! L’un comme l’autre étaient si tendres encore. Marie, avec sa perspicacité féminine, devinait que la jeune demoiselle ne déplaisait point à son frère et lui sourit gentiment :

— On ne voit jamais leur mère. Est-elle

vivante ?

— Elle est vivante et travaille dans une fabrique d’indienne et n’a pas beaucoup de temps à elle. Angélique m’en avait parlé. Elle est chef d’atelier.

*

Ils escaladèrent la digue. De l’autre côté, le Rhône s’alanguissait en son étiage estival. Des bancs de gravier perçaient de-ci de-là. Quelques pêcheurs à la ligne éprouvaient leur patience à la fraîcheur des rives. Une barque effectuait la traversée avec trois personnes à bord. Le château des Issarts les regardait du haut de son éminence, au travers de ses garrigues, froid, indifférent, sommeilleux, déchu, déshabillé de sa grandeur passée.

En un tournemain, Jean-Baptiste fut en caleçon court et plongea dans le fleuve pas encore pollué.

— Ne t’éloigne pas trop ! lui cria Marie.

La température de l’eau était parfaite et reposait agréablement le corps. Il alla jusqu’à un îlot de gravier en dérivant seulement d’une vingtaine de mètres. Le soleil l’auréolait maintenant d’une nuée de perles. Marie était tentée d’en faire autant. Elle n’avait pas de maillot et ne savait pas nager. En outre, ses parents s’y seraient opposés. Que faire ? Elle trempa ses jambes dans le fluide relaxant. Son grand frère était revenu :

— Il faudra que je t’apprenne à nager ! dit-il, comme s’il avait décelé ses pensées.

— Je confectionnerai un vêtement de bain, le soir, dans ma chambre.

— J’en achèterai un pour toi, mais il faudra me promettre de ne jamais aller nager sans que je sois à tes côtés. Le fleuve est dangereux et les bateaux qui passent déclenchent d’imprévisibles tourbillons.

Le frère et la sœur devisaient souvent de cette manière intime, étroite, cordiale. Ils s’étaient élevés ensemble sans se quitter jamais et avaient pris l’habitude de se demander conseil, de s’entraider, de penser presque simultanément aux mêmes choses.

— Es-tu heureuse ? dit soudain Jean-Baptiste, ex abrupto

Il s’était penché vers elle avec l’air de quêter une confidence. Qui d’autre que lui eut-il pu le faire ? Elle était, ils étaient à un âge où l’esprit, sinon le corps, commençaient à se poser des questions, des questions dont les réponses n’allaient pas toujours de soi. C’était un tournant de leur vie ! L’enfance, qui se croit volontiers éternelle, n’a pas le souci du lendemain – c’est si loin ! – et du bon seulement peut en provenir ! L’âge mûr, lui, avec ses difficultés à vivre, faire vivre, donner la vie, réalise la brièveté d’une existence d’homme et les fragilités de toute réussite. La vieillesse, elle, ne voit que les hiers dépassés, les noirs lendemains, les termes, les incertitudes des jours et les certitudes des nuits, les limites franchies. Leur sœur aînée Brigitte, confite en dévotions, ne se tracassait guère sur son avenir. Ce serait le service de Dieu. Elle n’avait jamais dérogé à cette idée bien arrêtée, à ce rêve ancien, à cette volonté du ciel qu’elle ne discutait point. Notre Avignon était une ville traditionnellement portée aux choses divines et chaque famille se faisait une fierté quand elle pouvait se glorifier d’un prêtre ou d’une religieuse dans ses rangs. C’était ainsi ! Qu’y changer ?

— J’aimerais aller travailler en ville ! laissa-t-elle tomber sur le même ton de la confidence puisque Jean-Baptiste l’avait suscitée.

En général, les filles des campagnes assumaient les travaux, qui ne manquaient pas, nécessaires à la bonne marche d’un domaine, ceux requérant une force moindre, mais davantage d’application. À la fin du jour, il était parfois difficile de savoir qui avait le plus peiné, de l’homme ou de la femme. Le monde s’était organisé ainsi et c’était, depuis la nuit des temps, le symbole de la complémentarité des deux sexes, l’un ne pouvant rien faire de durable ni de significatif sans l’autre ; et c’était bien de la sorte ! Cela permettait, de temps en temps, de voir fleurir ces amours, ces couples merveilleux, inséparables, dans lesquels se sublimaient les dons réciproques de chacun pour alimenter une manière de légende dorée autour de leurs noms. Cela faisait rimer les poètes, réfléchir les philosophes, rêver les jeunes filles à des princes charmants.

Marie avait fini ses années d’école, savait lire, écrire et compter, quelques autres choses encore, quelques superfluités aussi, très suffisamment pour être une bonne fermière, pas assez pour postuler un emploi d’institutrice, d’infirmière ou de secrétaire.

— N’es-tu pas bien chez nous ? demanda Jean-Baptiste, hors de propos, hors de raison, et hors de sens.

Elle était bien dans sa famille, elle n’en disconvenait pas ! Elle avait connu un peu la ville, bien que par les trous de serrures, bien qu’en des milieux protégés ; elle voyait la ville comme l’endroit où se construisaient les joyeux lendemains, naissaient les étonnements, les surprises, les nouveautés, se dessinaient des espoirs, passaient tout un monde en mouvement, une histoire en devenir. Évidemment, cette tête de quinze ans embellissait, ainsi que tant d’autres avant et après elle, ces chimères des temps modernes, la ville, la foule, l’agitation, le remous… Elle était bien jeune pour comprendre les mots du bon La Fontaine : « Pour vivre heureux, vivons cachés ! » ; et trop ignorante pour les nier. Car, que serait devenue la Terre sur la stricte application de ce principe plein de vérité, mais vidé de courage ?

— Oh si ! Je suis bien dans ma famille ! Je suis curieuse également des gens qui passent, des cloches qui sonnent à toute volée, des vitrines bien arrangées, des fêtes, des fifres, des tambourins, des jours qui flambent et des nuits qui brillent… Tiens, je suis gourmande même des belles processions, des voix d’hommes et de femmes qui chantent les cantiques et les harmonies du ciel. Je veux aimer Dieu à travers les hommes ; je veux voir la beauté à travers les cris, l’espérance à travers les adieux.

Jean-Baptiste était pris de court, muet, décontenancé ; l’envolée des phrases de sa sœur pour être improvisée, pour nier en bloc les richesses de la nature, l’essor des oiseaux, le murmure de la brise, l’éclosion des roses et la germination des blés, ne manquait pas de force, de justesse et de raison dans l’aveu de ses désirs, de légitimité dans son choix personnel d’une vie différente.

— Tes demandes sont louables, Marie ! Je t’aiderai de mon mieux ! Le soir vient ; rentrons !

En effet, le soleil de juillet déclinait vers l’ouest et jetait presque à l’horizontale ses flèches d’or liquide. Un vent rafraîchissant frôla l’étendue des champs cultivés et les crêtes des collines où les verts se violacèrent par degrés. Les deux enfants rentrèrent au mas en enfermant par-devers eux la solennité de leurs confidences et le conflit de leurs âmes. Jean-Baptiste, plus mûr, se dépeignait à lui-même que les envies de Marie ne se matérialiseraient pas facilement au sein de leur unité viscéralement attachée à la terre. La cohésion des familles rurales provençales n’était pas un vain mot, n’était pas qu’un besoin, mais une nécessité aussi. C’était une réalité qui avait permis à ces petites entités courbées sur leurs lopins, sans aucune aide extérieure, les vieux assistant les jeunes de leur expérience, les jeunes étayant les vieux de leurs bras, de franchir l’espace immense allé de la Bipédie à l’Industrialisation.

Le repas du soir autour de la grosse soupière odorante, où l’on ne parlait guère que des événements de la journée et de ceux prévus pour le lendemain, n’incitait que rarement à aborder, soudainement, des questions d’ordre général ou particulier. Tout au plus, donnait-on son sentiment sur un mariage, une naissance, chez un voisin, et le dimanche, ayant assisté à la messe à Saint-Agricol et ramené le journal « La Commune »choisi pour son obédience catholique, les adultes se lançaient en des diatribes qui, pour être simplistes, n’en étaient pas moins graves. Le petit monde des campagnes pesait d’un grand poids dans la force d’inaction opposée au progrès. Le dicton paysan était là qui prétendait depuis des temps immémoriaux : « On sait ce qu’on perd, on ne sait pas ce qu’on gagne ! »Autrement dit, épine supportée vaut mieux que rose promise.

*

La lampe à huile de pétrole s’évertuait au milieu de la table à distribuer une lumière avare et jaunâtre.

Jean-Baptiste sortit dans la cour et leva la tête vers les étoiles, ces lumignons d’éternité animant une autre réalité. La voûte était constellée et brûlait là-haut de quoi éclairer des milliards de terres. La lumière nocturne tombait sans entrave des confins sidéraux et la loupe transparente de l’air ne nécessitait pas de nettoyage immédiat.

Marie vint le rejoindre, pensive, et regarda un point éclatant dans le ciel : la planète Saturne se gonflant de tous ses anneaux. Le triangle d’été était déjà visible, à savoir : Deneb du Cygne, Altaïr de l’Aigle, Véga de la Lyre, à la verticale. Deneb est une supergéante bleue sans espoir de longue vie.

D’où Jean-Baptiste tenait-il toutes les précisions qu’il lui donnait ? La Voie lactée coupait le ciel de sa phosphorescence pâle. Ils contemplèrent en silence la splendeur qui leur était donnée par le Dieu auquel ils croyaient tous les deux. Au reste, elle était inaccessible aux mots, à leurs petits mots flous. Puis ils rentrèrent ensemble :

— Ce ne sera pas facile ! dit Jean-Baptiste

*

— Iéu, vau me coucha ! Bono niue à tóuti !(Moi, je vais me coucher ! Bonne nuit à tous !)

Jean-Baptiste, que l’on finira par appeler seulement Baptiste pour le différencier de son frère plus âgé, Jean-Baptiste Eugène, que l’on dira Eugène tout court, monta l’escalier abrupt qui menait au premier étage. Sa sœur Marie, familièrement, entre eux seulement, le nommait souvent Jeanba. Les parents d’alors, tellement persuadés qu’ils perdraient quelques enfants en route, les nommaient souvent de mêmes prénoms qu’ils aimaient bien en espérant qu’il leur resterait au moins un des porteurs. Au cours de mes recherches généalogiques, j’ai rencontré jusqu’à trois enfants arborant le même prénom. Le pire, le comique aussi, la facétie du hasard – c’est comme vous le voudrez – ce n’étaient pas ceux qui fêtaient un saint identique qui consentaient à s’en aller bien poliment, et des artifices devaient être cherchés : l’aîné, le vieux, le long, le court, que sais-je ? On voyait aussi, pas chez les Aymard, des parents, se nommant Jean, baptiser immanquablement leur fils du prénom admirable de Jean pour aboutir à cette bizarrerie et cette pléthore de Jean Jean. Plus curieux s’il se peut ! je me suis heurté au cours de mes années de compilation, à ces doublés plus admirables encore de Barthélemy Barthelemy, ou Martine Martine, eh oui ! le patronyme des filles, en Provence, étant toujours féminisé dans les actes de catholicité. Qui fera mieux dans le domaine du manque d’imagination ?

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