
Les liens déchirés
Chapitre 2
Sofia resta là, immobile, les yeux fixés sur la porte qu'avait refermée Luca derrière lui. Son cœur battait fort, trop fort, comme un tambour dans sa poitrine. Ses mains étaient légèrement tremblantes, et elle se força à respirer lentement pour se calmer. Mais malgré tous ses efforts, une seule pensée occupait son esprit : Pourquoi Luca agit-il ainsi ?
Elle ferma les yeux, cherchant à se reprendre. Mais l'ombre de ses paroles persistait dans son esprit, comme un écho sourd. L'amour n'est pas ce que l'on croit... Ces mots tournaient et retournaient, comme des éclats de verre brisés qu'elle ne pouvait ignorer.
Elle se tourna lentement vers la fenêtre, observant la lumière de la ville, les rues animées, si éloignées de son monde. Elle avait l'impression de se perdre dans cet océan de doutes. Et puis, comme une bourrasque, le visage de Luca revint à elle. L'intensité de son regard, la proximité de son corps, tout en lui l'enveloppait. Chaque geste, chaque mot semblait être une invitation à quelque chose qu'elle n'osait nommer. Un danger qu'elle savait qu'elle ne pouvait ignorer.
La porte s'ouvrit à nouveau, et Gabriel entra dans la pièce, toujours aussi calme, aussi assuré. Mais quelque chose dans son regard trahissait une tension, une gêne qu'il n'arrivait pas à dissimuler.
« Tu vas bien ? » demanda-t-il en se rapprochant d'elle. Il la scrutait, son regard cherchant à percer la barrière qu'elle avait dressée autour de ses émotions. Il n'avait pas la moindre idée de ce qu'elle venait de vivre.
Sofia se força à sourire, mais ce sourire était froid, presque figé. « Oui, tout va bien. » Sa voix était un peu plus douce que d'habitude, mais son esprit était ailleurs, occupé par l'ombre de Luca qui persistait en elle.
Gabriel ne sembla pas convaincu. Il la prit doucement par les bras et la tourna vers lui, son regard insistant sur ses yeux. « Tu ne me mens pas, Sofia ? »
Elle hésita, ses lèvres frémissant légèrement sous l'intensité de son regard. Mais elle se secoua intérieurement, se redressant. « Non, Gabriel. Je vais bien. » Ses mots sonnaient faux, et elle en avait conscience. Mais elle n'avait pas le courage de lui avouer la vérité. Le doute qu'il avait introduit dans sa vie, la tentation qu'il n'avait jamais vue, tout cela était trop compliqué pour en parler maintenant.
Gabriel la serra dans ses bras, mais quelque chose dans son étreinte manquait de chaleur, de cette familiarité qui existait autrefois entre eux. Sofia se sentit soudainement distante, comme une étrangère dans ses bras. Un malaise s'installa, et son esprit se tourna immédiatement vers Luca.
Luca... Pourquoi ce nom, ce visage revenaient-ils sans cesse dans ses pensées ?
Elle repoussa ces pensées. Elle ne pouvait pas se permettre de les laisser prendre racine. Mais alors qu'elle était perdue dans cette lutte intérieure, Gabriel murmura quelque chose qui la fit sursauter :
« Je sais que quelque chose ne va pas. Et je crois que je connais la source de ton malaise. » Ses yeux se plissèrent, et il ajouta avec une voix plus grave : « Luca. »
Sofia écarquilla les yeux. Comment Gabriel pouvait-il savoir ? Il n'avait pas vu l'échange qu'elle avait eu avec lui, ni la profondeur des regards partagés. Pourtant, une part d'elle savait que Gabriel percevait quelque chose. Il n'était pas naïf. Il avait son propre don pour lire les gens, et maintenant, il la lisait comme un livre ouvert.
Elle se sentit soudainement acculée, prise en flagrant délit. Mais avant qu'elle ne puisse réagir, Gabriel la relâcha et fit quelques pas en arrière, un air d'amertume traversant son visage.
« Il y a quelque chose entre vous, Sofia. Je le sens. » La froideur de ses mots la frappa en plein cœur.
Sofia s'empressa de nier. « Non, Gabriel. Tu te trompes. »
Mais elle n'était pas sûre de ce qu'elle disait. Était-ce vraiment une simple attirance ou quelque chose de plus ? Chaque fibre de son être lui criait de s'éloigner de Luca, de retrouver l'équilibre, mais un autre désir, plus profond, plus insistant, l'attirait inexorablement vers lui.
Gabriel la fixa, déconcerté par sa réponse. Puis, dans un mouvement brusque, il se tourna vers la porte. « Bien. Je vois où tu veux en venir. » Il ne lui donna pas le temps de répondre. « Je vais m'absenter quelques jours pour affaires. J'ai besoin de réfléchir à tout cela. »
Sofia resta figée, une sensation de vertige la prenant à la gorge. Gabriel partait ? Son cœur se serra. Elle n'avait jamais voulu en arriver là, mais peut-être que son départ, même temporaire, lui donnerait l'espace qu'elle semblait chercher. Pourtant, une partie d'elle se sentit coupable, comme si elle avait failli à quelque chose.
Elle n'eut même pas le temps de répondre, qu'il avait déjà quitté la pièce, la laissant seule avec ses tourments.
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Plus tard dans la soirée, après que le silence se fût installé dans l'appartement, Sofia se retrouva à errer seule dans les couloirs sombres. Ses pensées étaient un enchevêtrement de contradictions. Elle se sentait égarée, prisonnière de ses émotions contradictoires. C'est alors qu'une lumière s'alluma au bout du couloir. Un signal qui attira immédiatement son regard.
Luca. Il se tenait là, dans l'encadrement de la porte. Un sourire énigmatique, presque furtif, flottait sur ses lèvres. Ce sourire savait tout de ses doutes, et il semblait se nourrir de la fragilité qui émanait d'elle.
Il la fixa un moment avant de s'approcher. « Je savais que tu viendrais me trouver, Sofia. »
Le cœur de Sofia se mit à battre plus vite. Il était là, tout près d'elle, et elle savait que rien ne serait jamais plus pareil entre eux.
Elle ne répondit pas tout de suite, mais son regard se plongea dans le sien, comme un appel silencieux, une invitation au-delà des mots. Luca s'approcha d'elle, son parfum envahissant l'air, enivrant, troublant.
Il posa une main délicate sur son bras, et cette fois, Sofia ne recula pas. Elle se sentit attirée, poussée par une force qu'elle ne pouvait pas arrêter.
« Tu n'as pas à avoir peur de ce que tu ressens, Sofia. » Sa voix murmurait dans le silence. « Je ne veux rien te cacher. » Il fit une pause, ses yeux rivés aux siens. « L'amour est un choix, et parfois, il faut savoir s'écouter. »
Sofia déglutit, les mots de Luca résonnant dans sa tête comme un appel au destin. L'amour est un choix...
Avant qu'elle ne puisse réagir, il se pencha doucement vers elle, effleurant ses lèvres d'un baiser léger, effrayant de douceur, mais aussi d'une tension palpable. Son souffle chaud caressa sa peau, et Sofia se retrouva à répondre à ce baiser, comme si cela faisait partie d'elle, comme si l'univers entier l'avait préparée à ce moment.
Elle n'aurait jamais pu imaginer que ce baiser la transporterait dans un tourbillon d'émotions incontrôlables, qu'il serait le début de quelque chose de bien plus intense, de bien plus dangereux.
Mais à cet instant précis, elle savait que plus rien ne pourrait l'arrêter.
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