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Couverture du roman Les femmes de ménage s'en mêlent

Les femmes de ménage s'en mêlent

Au cœur d'un univers moderne empreint de mystères, une question cruciale se pose : comment réagiriez-vous si les femmes de ménage décidaient d'intervenir dans vos affaires ? Ces travailleuses de l'ombre sortent de leur discrétion habituelle pour s'immiscer dans des intrigues complexes. Entre secrets bien gardés et révélations inattendues, découvrez ce qui se produit lorsque celles que l'on ne remarque jamais prennent soudainement le contrôle de la situation.
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Chapitre 2

Partie 2

Un doux vent de fraîcheur était venu taquiner nos corps en ce petit matin d’hiver à Dakar. Je n’avais comme couverture que le petit drap que maman m’avait remis et la fraîcheur a été beaucoup plus forte qu’elle durant toute cette première nuit que j’ai passé dans cette capitale. Déjà que je n’ai pas dormi de la soirée, c’est qu’à l’aube que j’ai pu fermer l’œil, lorsque la fraîcheur m’a encore tiré de mon sommeil. Toute la chambre ne tarda pas à se réveiller d’ailleurs car s’était déjà l’heure d’aller au travail. Bineta et Amy ont pris leur bain en même temps afin de gagner du temps, avant que ce soit le tour de Diarra, puis moi et Ndèye. Dès que je posais les yeux sur les toilettes, je m’emparais à nouveau de mon arsenal de nettoyage, pour rendre plus supportable ces lieux. « Tu ne pourras pas continuer à nettoyer les toilettes à chaque fois que tu devras les utiliser Khady, se sont ses utilisateurs qui ne sont pas propre. » Disait Ndèye, alors que je ne lui répondais pas. Je ne vais pas utiliser des toilettes insalubres, s’il faut me transformer en femme de ménage pour cela, je le ferais.

Nous finissons toutes de prendre nos bains, avant de nous diriger chacune vers son lieu de travail. Nous avions d’ailleurs affrété le même bus car toutes les filles travaillaient dans le quartier de Fann, alors que moi je me rends à l’université qui est également basée non loin de ce quartier. A peine que nous descendons du bus, Bineta se dirigea chez ses patrons en compagnie de sa sœur qui devrait y prendre sa place, pendant qu’elle serait la nouvelle gérante de la boutique que sa patronne vient d’ouvrir en ville. « Ndèye, ces gens-là sont très riche. Tu as vu tout ce que j’ai rien qu’en les côtoyant ? Alors essaye de te montrer le plus sage et le plus respectueux possible. La patronne est très idiote, elle ne verrait pas le démon sous ses yeux, elle chante partout qu’elle me préfère à ses propres sœurs alors que je couche avec son mari sous ses yeux. Donc voilà un peu le genre de personne… » Finissait Bineta lorsque Diarra lui coupa la parole : « Oulla !!! Quel sage conseil d’une grande sœur à une petite sœur. Ne soit pas surprise si ta sœur emprunte le même chemin que toi. » « Mêle-toi de tes affaires Diarra. Ce qui m’étonnerait ce serait que Ndèye prenne un chemin autre que celui de sa chère sœur. Car il faut bien nourrir l’entreprise familiale pas vraie petite sœur ? » Répondit Bineta en lançant un rire complice à sa sœur.

Elles poursuivirent leur route, alors que j’attendais l’ami du patron de Bineta, qui devait m’aider avec la tumultueuse épreuve de l’inscription à l’université. La secrétaire me faisait patienter ainsi que d’autres jeunes étudiants venu certainement pour la même raison que moi. Il arrive enfin sur les lieux et demande à me prendre en premier.

-Bonjour, mademoiselle, monsieur Sow (le patron de Bineta) est un très bon ami à moi et je porte un grand intérêt aux étudiants qu’il m’envoie. Tu t’appelles comment ?

- Je m’appelle Khadidiatou.

- Vous avez un joli prénom, mais je préfère quand même vous appeler Khadija. Ça vous plairez ?

- Euh oui pourquoi pas. (Comme si je pouvais dire non. Khady, Khadidiatou, Khadija, « yeup béne la, nama diapalé rek » c’est la même chose tant qu’il m’aide. »

- Bon charmante Khadija, moi on m’appelle monsieur Diagne mais tu peux m’appeler Diagne, je vais tout d’abord te donner ce certificat médical déjà visé, tu n’as qu’à remplir les parties vides, ensuite je me charge de l’inscription.

Eh bien, il est speed lui ! Ne puis-je m’empêcher de dire tout bat. Bien que sa façon de m’appeler ne me plait pas trop de la part d’un homme qui pourrait en plus être mon père, mais j’imagine que c’est juste un comique tout comme moi qui adore faire rire aux gens. Je fini de remplir le papier médical qu’il m’avait remis certifiant que j’avais fait la visite médical comme tous les étudiants et que j’étais bien portante. Je lui donne ensuite tous les papiers nécessaires pour l’inscription, puis au moment de lui donner la somme requise, il m’arrêta.

-Non mais tu fais quoi là ? Oh ma toute belle, il ne faut pas me frustrer toi aussi. Penses-tu que je vais te laisser payer si peu d’argent ? Ou c’est parce que tu ne comprends toujours pas ce qui est entrain de t’arriver ? Tu es en face de ton passeport ou si tu veux même de ton visa à l’université. Tout ce dont tu auras besoin, tu pourras compter sur moi. Et pour tes finances, sache qu’à partir d’aujourd’hui tu n’auras plus besoin de t’en occuper, je prendrais tout à ma charge.

(Tout ? Il veut dire que je n’aurais plus besoin de dépenser un rond ? Mais pourquoi ferait-il cela pour une personne qu’il vient à peine de rencontrer ?) Ne puis-je quand même m’empêcher de me demander avant de dire avec une voix légèrement timide.

-Je ne peux vraiment pas accepter cela. Je ne suis rien et personne devant vous, alors je ne vois pas pourquoi vous devriez faire tout cela pour moi ?

Je me lève en même temps de mon siège avant de lui lancer : « Vous êtes très gentil monsieur, mais je ne souhaite pas être plus privilégié que mes camarades, donc je vous remercie pour toute l’aide que vous me proposez, mais je préfère essayer de m’en sortir toute seule. ». Je reprends les papiers que je lui avais remis pour partir, lorsqu’il me retient par le bras.

-Attend s’il te plait, on ne sait pas bien compris. Figure-toi que j’ai des filles de ton âge qui sont aussi dans cette université, donc si je fais tout cela, c’est juste parce que je te vois comme mes filles là. En plus tu as vu le nombre d’étudiants qui m’attendent dehors ? Tout le monde a besoin d’un coup de pousse ici. Je t’en prie, tu peux prendre mon geste comme celui d’un père, ou alors d’un oncle qui souhaite aider sa nièce.

(C’est réellement de la gentillesse alors.) Penses-je après ses derniers mots si rassurant. Je le remercie vivement, avant de sortir après lui avoir donné le numéro de téléphone de Bineta sur lequel il pourra me joindre si besoin il y’a. Il y a au moins des personnes censées dans cette jungle de Dakar et Ndèye pourra également en dire autant avec le bel accueil que sa nouvelle patronne lui a réservé.

En effet dès qu’elle pénétrait en compagnie de sa sœur dans son nouveau lieu de travail, sa patronne prit la peine de bien la mettre à l’aise, avant de la présenter à ses trois enfants parmi lesquels Tapha, son fils ainé de vingt - deux ans qui semblait ne pas remarquer la présence de Ndèye, tellement qu’il était concentré sur son IPod à cette heure déjà. Ndèye n’avait cependant pas manqué de lui lancer un regard bien profond, admirant ainsi le charme et la belle carrure de ce dernier. (Oh qu’ils sont beau les hommes dakarois, je m’imagine déjà entre les bras de ce beau gosse.) pensa-t-elle lorsque tout à coup la voix de sa patronne la tira de ses pensées. « Tu es ici chez toi Ndèye, contrairement à ce que j’avais avec ta sœur, toi je souhaite que tu dormes ici. Au lieu de cinquante mille, tu recevras soixante mille pour ainsi travailler même les dimanches. Tu auras le droit d’aller voir ta sœur les après-midi si tu le veux, mais tache de revenir avant l’heure du diner vingt heures, car c’est toi qui devra le servir. Tu as des questions ? » Elle se mit à hésiter pour parler lorsque Bineta s’exclame : « Non pas du tout. Elle est bien sûr d’accord avec cela. Allez, vient te changer Ndèye, je vais te montrer le travail que tu auras à faire chaque jour. » Elle la tira presque en courant vers la chambre des domestiques, alors que cette dernière ne semblait plus aussi emballait que ce matin.

-Mais pourquoi tu lui as dit que je n’avais rien à dire Bineta ? Je n’ai pas envie de vivre avec ces inconnus, en plus en passant la nuit ici, je ne passerais plus de temps avec vous.

- Ferme-là ! Qu’est-ce que tu vas faire avec nous dans notre maison misérable ?

- N’est-ce pas toi qui disais que vous viviez dans cette grande maison R+1 ?

- Voilà ce que je dis encore de ton ignorance. En comparant ce taudis à cette villa, comment peux-tu choisir cette vielle et sale maison ? Tu as bien pu voir que tout ce que je racontais à propos de cette maison n’étaient que de purs mensonges, car elle n’est ni belle ni grande.

Elle s’agenouille enfin devant sa petite sœur, lui soulève le menton puis poursuit : « Ma chérie, ce monde ne nous a rien offert à part notre beauté. Ces gens sont riches et ont tout ce qu’ils désirent dans leurs vies. Nous travaillons comme des esclaves dans leurs maisons pendant qu’ils se prélassent dans leurs bureaux climatisés. Et en contrepartie, nous recevons quelques miettes et des cris et injures. Alors je te conseille de prendre ta part du gâteau en rendant dingue tous les hommes qui fréquenteront cette villa. Tu gagneras plus rapidement de l’argent ainsi, sans trop d’efforts en plus. Regarde-moi chérie, à nous deux, nous pouvons construire une grande villa pour maman au village, ce qui rendra folles de jalousies ses coépouses, mais pour cela, il va falloir te laissé aller avec les hommes, d’accord ? »

Sa sœur lui envoya un regard perdu, avant de hocher positivement la tête. Elle n’avait pas bien saisie les dires de sœur, mais elle avait juste retenu qu’il fallait bien s’amuser avec des hommes pour s’en sortir. Elle s’empare ensuite de son balai, commençant ainsi à nettoyer la cours arrière où Tapha l’observait pour la toute première fois. Il n’avait pas fait attention à elle lorsqu’elle est arrivée, mais maintenant qu’il l’a remarqué, il se dit intérieurement que leur nouvelle femme de ménage est bien plus jolie que sa grande sœur, cependant concentré sur l’examen qui l’attend, Tapha se remet aussitôt à ses devoirs, chassant ainsi les divagations de son esprit. Alors que de mon côté, je me mets sur les bancs du jardin de la faculté où je recopie les cours que j’ai raté, quand soudain un jeune homme vain se mettre à mes côtés.

-Bonjour mademoiselle, vous êtes nouvelle apparemment ?

Je ne daigne pas lui répondre et continue à recopier le cours que j’avais sous les yeux, mais il poursuit quand même.

-Je m’appelle Habib, je suis en licence de droit privé et toi ?

Je continue à faire comme s’il n’était pas là et me concentre sur ce cours que Mr Diagne m’a trouvé au près d’un de ses étudiants. Ce dernier d’ailleurs arrive comme mon sauveur.

-Eh toi là, que fais-tu ici à importuner cette jeune fille ? Ecoute-moi bien Habib, si je te revois roder au tour d’elle tu auras affaire à moi ok ?

- Calme monsieur, je voulais juste faire connaissance avec elle, vu qu’elle semble ne connaitre personne ici. Mais bon puisqu’elle fait partie des intouchables, sorry !

Il laissa sa place à Diagne, s’éloignant avec son pantalon usé sous le poids de l’âge. Diagne me demande ensuite si je me débrouille bien avec ce cours qu’il m’avait trouvé, avant de m’inviter à dîner ce soir. Je refuse au début comme à mes habitudes, puis par peur de le vexer comme tout à l’heure, je finis par accepter.

-Tu vois ces petits étudiants, ils ne font que t’embêter et t’empêcher d’étudier, alors ne vas pas perdre ton temps avec eux et concentre toi sur tes cours. Si tu as besoin de quelques choses c’est à moi que tu dois t’adresser d’accord ?

Je hoche positivement la tête, avant de le quitter pour me rendre chez les Sow afin de voir comment se débrouille Ndèye pour son premier jour de travail. Elle m’accueille dans la cuisine où elle prépare le déjeuner, sans que je manque d’observer qu’il y’a un peu moins d’enthousiasme en elle.

-Il se passe quoi Ndèye ? Tu m’as l’air un peu triste.

- Je suis obligée de passer les nuits ici loin de toi chérie ?

- Oh non ! Tu me laisses seule avec les filles ? Bon ne t’inquiète pas pour moi, je passerai te voir tous les jours ici promis. Prête-moi ton portable s’il te plait, je vais appeler maman.

J’achète un peu de crédit à la boutique, avant de lancer l’appel sur le portable de maman qui décroche après quelques coups de sonneries.

« Allo maman ! Tu me manques tellement maman… J’ai rencontré un ami de monsieur Sow, le patron de Bineta. Il est tellement gentil maman, il s’est entièrement occupé de mon inscription et il dit que je pourrais compter sur lui pour tout ce dont j’aurais besoin ici à l’université. »

« Hum ! Et tout ceci contre quoi en retour ma chérie ? »

« Il le fait par pur gentillesse maman. J’ai douté de lui au début, mais il m’a fait savoir qu’il me considère comme sa fille, en plus du fait que c’est monsieur Sow qui nous a mis en contact. »

« Je veux bien te croire, mais ma chérie ce monde est cruel et pleins d’individus mal intentionnés. Cependant si Dieu verse sur toi tout le bien que j’ai fait pour les gens et dans mon foyer, tu n’auras jamais d’ennuis dans cette vie. Mais garde toujours l’éducation que je t’ai inculqué comme pilier. »

Je raccroche ainsi le téléphone avec maman, avant de poursuivre ma conversation avec Ndèye.

- Oh figure toi que l’ami de Mr Sow est très gentil, il m’a même invité à dîner ce soir.

- Waw ! Toi alors tu es bien rapide ma petite, tu te fais déjà un gros poisson ? Attend au moins ta copine !

- Ey ne va pas t’imaginer des choses, il est juste comme un père pour moi.

- Oui c’est ça, ce n’est pas ton vieux père El hadji Faye qui va t’inviter à dîner. Arrête d’être aussi naïve et grandit un peu.

- Oh Ndèye « danga sof » (tu es chiante) j’y vais moi avant de rater mon cours à force d’écouter tes bêtises.

Je sortis de la cuisine riant toujours aux paroles de Ndèye. Comment un homme aussi âgé pourrait-il s’intéresser à moi ? Rien que cette idée me fait encore plus rire que je ne vis pas le chargeur de l’ordinateur portable qui était branché entre l’entrée de la maison et le petit couloir où était posé l’ordinateur sur une table. Je trébuchai et m’apprêtais à me diriger vers une belle chute, lorsqu’un jeune homme vain me rattraper de justesse. Nos regards se croisèrent intensément pendant quelques secondes avant qu’il éclata de rire. Il se moqua pendant quelques minutes de moi me faisant me sentir tellement ridicule que je ne daigne même pas lui dire en revoir avant de partir, je ne sais pas comment peut-on être aussi bête, ce gars vient d’entrer dans ma liste noire c’est sûr.

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