Couverture du roman Les dames de Corrèze

Les dames de Corrèze

8.0 / 10.0
Suivez le destin de quatre femmes dans Les dames de Corrèze. Entre guerres mondiales et lutte pour le féminisme, ce roman de romance explore leur quête d'égalité et leurs choix de vie. Découvrez ces fiction books sur l'ambition et la résilience, disponibles en tant que web novel.
Résumé de Les dames de Corrèze
Madeleine, Jeanne, Louise et Hannah incarnent la résilience féminine de la fin du XIXe siècle à l'époque actuelle. À travers les tourments des deux guerres mondiales, ces figures courageuses ouvrent la voie au féminisme en prouvant leur égalité intellectuelle et physique face aux hommes. Entre passion, trahison et tendresse, elles naviguent dans les méandres de l'amour avec une finesse singulière, illustrant une capacité constante à se dépasser malgré les épreuves de la vie.
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Les dames de Corrèze Chapitre 1

La journée avait été chaude en cette fin de mois d’août. À Uzerche, les cloches avaient sonné ce matin pour marier Madeleine Verlhac et Émile Moreau.

Les deux jeunes gens se connaissaient depuis longtemps. Elle venait de la Haute-Vienne et lui était natif d’Uzerche où ses parents étaient des notables.

Madeleine était une douce jeune fille. Elle avait grandi dans sa famille, au milieu de sept enfants. Le père était charpentier et la mère avait fort à faire avec toute sa marmaille. À cette époque, les filles étaient vite mariées, surtout lorsque la famille était nombreuse. Une bouche de moins à nourrir, c’était toujours mieux. Elle était blonde et avait les cheveux frisés. Ses yeux bleus et sa bouche en bouton de rose la faisaient ressembler à une poupée de porcelaine. Elle était grande et avait une élégance naturelle. Elle n’avait que douze ans lorsqu’Émile l’avait vu pour la première fois.

Émile habitait Uzerche. Son père était un médecin reconnu et sa femme le secondait en étant infirmière à ses côtés. Ils avaient trois enfants : Simone, leur fille aînée, était déjà mariée et maman de deux bambins, habitait à Brive et avait épousé un notaire beaucoup plus âgé qu’elle. Jean, leur premier fils, avait décidé de s’engager dans la marine. À ce jour, il n’était pas revenu à la maison depuis un an, et était quelque part en mer sur un patrouilleur pour assurer différentes missions de souveraineté dans les eaux intérieures et dans le domaine maritime. Mais depuis la Première Guerre, le rôle de l’armée était surtout de gérer l’immigration et parfois le terrorisme. Il ne rentrait pas souvent en permission. Émile, leur troisième enfant, avait été un enfant espiègle. Il n’aimait pas trop l’école et c’est pourquoi, il avait décidé de partir en apprentissage à Saint-Germain les Belles. Il voulait être charpentier et avait trouvé un patron qui n’était autre que le père Verlhac.

On lui avait aménagé une chambre dans la remise au-dessus de l’atelier. Du haut de ses dix-sept ans, il se sentait déjà un homme. Il se retrouvait seul à devoir gérer sa nouvelle vie. Il ne rentrait chez lui que tous les quinze jours. Avec son petit salaire, il s’était payé un vélo et pouvait ainsi avaler les vingt-cinq kilomètres qui le séparaient de ses parents. Sa journée démarrait très tôt le matin. Après un solide petit déjeuner pris avec son patron, ils partaient et travaillaient jusqu’à la tombée de la nuit. Le dimanche, pour sa journée de repos, il restait avec la famille Verlhac. Il les accompagnait à la messe et partageait ensuite leur repas. En général une poule au pot ou un bon poulet grillé, que la mère Verlhac avait nourri et engraissé pour le repas du dimanche. Émile avait très vite sympathisé avec Madeleine. Elle n’avait que douze ans mais était déjà grande pour son âge. Elle était aussi douce que lui avait été espiègle. Il s’arrangeait toujours pour s’asseoir à côté d’elle, que ce soit à la messe ou à la maison pour le repas.

Madeleine allait à l’école, mais elle aidait aussi beaucoup sa mère à la maison. Elle avait appris très tôt à tricoter et à coudre. Elle ne restait jamais sans un ouvrage entre les mains. Les années passant, elle avait fait de ses mains une écharpe qu’Émile ne quittait jamais, même en été. Petit à petit, ils s’étaient rapprochés et s’étaient fait le serment de se marier lorsqu’elle aurait dix-huit ans. Du coup, Émile mettait du cœur à l’ouvrage et devint très vite un bon ouvrier. Le père Verlhac le considérait comme son propre fils et voyait malgré tout d’un bon œil le rapprochement des jeunes gens. Le soir, ils en parlaient avec sa femme et faisaient déjà des grands projets pour le jeune couple. Bien sûr avec sept enfants il valait mieux les voir partir le plus vite possible, mais Madeleine était la plus douce et la plus proche de sa mère. Celle-ci se sentait un peu triste à la pensée de voir sa petite fille vouloir partir si vite. Mais la vie va ainsi.

Comme prévu, Émile avait fait sa demande en mariage au père Verlhac dès les dix-sept ans de Madeleine. Des fiançailles avaient été organisées à Saint-Germain les Belles. La présentation des deux familles s’était bien passée. Il était convenu qu’ils attendraient un an et que le mariage aurait lieu à Uzerche. Madeleine aurait le temps de préparer son trousseau, des draps avec ses initiales, des nappes, des serviettes de table. Elle pourrait coudre des serviettes en éponge et aussi des torchons. Sa marraine lui avait promis de lui donner un service de table, des assiettes creuses, plates, des assiettes à dessert, des plats de service, des saladiers. La ménagère serait offerte par la famille d’Émile. Elle allait coudre aussi sa chemise de nuit pour la nuit des noces.

La robe de la mariée était selon la coutume une robe déjà utilisée par une autre jeune fille auparavant. C’était celle de sa cousine qui s’était mariée un an plus tôt. Sa mère ferait les retouches et lui redonnerait un peu de fraîcheur. C’était une robe blanche en dentelle délicate. Selon la mode du moment, elle arrivait à mi-mollet, était droite avec une taille basse. Elle avait rajouté une ceinture sur laquelle elle avait cousu une grosse fleur en soie au niveau de la hanche. Elle avait voulu un chapeau cloche. La mode qui était venue de Paris montrait sur les magazines ces nouveaux chapeaux que toutes les jolies Parisiennes portaient pour sortir de chez elles. Tout lui allait à ravir, une jolie petite mariée, que tout le monde avait applaudie à la sortie de l’église Saint-Pierre

Émile portait un costume selon la mode, un pantalon large légèrement resserré aux chevilles, une veste cintrée de couleur grise et surtout un magnifique « Fedora », ce chapeau de feutre à larges bords que portaient les mafieux. De sa haute taille, il dominait sa fragile jeune épouse. Ils formaient un couple magnifique.

Voilà, c’était fait. Ils étaient mari et femme. Ils allaient pouvoir rejoindre leur nouveau logis. La journée avait été magnifique, tout le monde avait bien mangé. Les deux mères avaient fait des merveilles. La mère Verlhac avait gavé des canards pour en faire des confits, elle avait préparé des pâtés de porc, du boudin et des saucissons. Ses garçons avaient pêché des truites qui avaient été farcies et cuites longuement dans l’âtre. Madame Moreau avait préparé plusieurs tartes de légumes en accompagnement. Il y avait eu un énorme plateau de fromage. La pièce montée avait été élaborée par le meilleur pâtissier d’Uzerche. Tout avait été dévoré dans la joie et la bonne humeur. Pour terminer le repas, les hommes avaient bu la goutte et fumé le cigare, pendant que les femmes discutaient entre elles dans le jardin. Les plus jeunes enfants couraient et criaient leur joie. Les jeunes mariés ne cessaient de se dévorer du regard. Émile n’avait qu’une hâte : prendre Madeleine dans ses bras et découvrir sa jeune épouse. Jusqu’à présent, ils n’avaient échangé que de chastes baisers et se promenaient main dans la main seulement avant la tombée de la nuit. Émile avait fait sa cour comme ça se faisait en ce temps-là avec beaucoup de prévenance et d’amour naissant.

L’accordéon avait joué très tard dans la nuit. Les enfants s’étaient endormis. La douce moiteur de la nuit d’été envahissait tous les esprits. Il était temps pour tous de rejoindre ses pénates.

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Table des matières de Les dames de Corrèze

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