
Les Colleurs de Roues
Chapitre 2
Dans la vie il ne faut pas trop se fier aux apparences pour opérer des choix. Parfois de précieux trésors peuvent être cachés dans de sales emballages. Seules les personnes humbles d'esprit peuvent les découvrir.
Tout le monde riait face à l’attitude de mon père.
Elise ne lâcha pas l’affaire.
Elise : De quoi parles-tu papounet ?
Mon père me guetta en souriant. Vraiment cet homme est doué pour la comédie.
Mon père : il y a un certain Nicolas qui lui tourne la tête. En tout cas je vais vous laisser causer. Je sais que vous avez beaucoup à vous dire entre femmes.
Ma mère : tu n'es pas possible chéri. Tu allumes le feu et quand ça brûle tu fuis sans chercher à éteindre ?
Il riait en s’éloignant de nous comme si rien ne s’était passé.
Elise : ma sœur tu as un prétendant et tu me caches ? Je ne suis pas du tout contente de toi. Est-ce une façon de traiter sa seule sœur ?
Elise avait pris mon père très au sérieux et était vraiment en col contre moi.
Moi : ce n'est pas ce que tu crois. Le gars venait à peine de se prononcer et je ne voulais pas aussi te dire quelque chose dont je n’étais pas sûre.
Ma mère : (s'adressant à Elise) ma chérie tu connais ton père. Il voulait juste introduire le sujet.
Moi : papa a juste anticipé. J'ai même essayé de te joindre il ya quelques jour en vain. Il y avait un gros problème de connexion.
Élise : dans ce cas je retire mes mots.
Moi : tu es dans ton droit ma sœur.
Elise : Flora dis moi alors est-ce que c'est un beau garçon ?
Je ne veux pas que tu me présentes un lugubre beau-frère hein !
Moi : weer la fille ci qu’entends-tu par lugubre ?
J’aime Nico le reste là ne me concerne pas. Mais si ça peut te rassurer c'est un bel homme tant de l’intérieur que de l’extérieur.
Elise : Super alors ! Que fait-il dans la vie ?
Moi : colleur de roues avec un Bac D à son actif.
Elise : weer ! Le chômage traumatise des gens au pays.
Moi : qu'est ce qui te surprend ? J'ai un BTS en banque et finance mais est-ce que ça donne l'argent alors ? Je compte même faire le business après la célébration de mon mariage
Elise : ça ira de toutes les façons. Quel est votre programme ?
Moi : je te tiendrai au courant de la suite. Mais sache que dans peu de jours on va lancer avec toutes les démarches.
Elise : En tout cas si tu aimes ton gars je m’aligne seulement.
Moi : tu as le choix ?
Elise : (rire) petite sœur tu peux compter sur moi sur tous les plans.
Ma mère : ma chérie nous devons nous préparer pour offrir à ta sœur un bon mariage.
Élise : ok maman !
Fin de conversation téléphonique.
Le vie avait reprit son cours normal.
Nicolas se battait tant bien que mal pour rassembler de l’argent. Je continuais de coiffer les filles au quartier et m’achetais de petits trucs pour la maison.
Lorsque les opportunités se présentaient, les hommes et femmes d’expérience les saisissaient pour nous donner des conseils en vue de la réussite de notre couple.
Nous avions remis les résultats de nos différents bilans prénuptiaux à mon père et il était entièrement satisfait.
Pour ce qui est du toqué porte,
Nicolas et ses parents étaient venus. La liste des personnes à rencontrer ainsi que des factures à payer fût donnée. nous fixâmes la date du mariage coutumier dans l’unanimité ainsi que celle de l’état civil couplée à la bénédiction nuptiale.
Mon père avait facilité la tâche à Nicolas et lui avait juste demandé une somme symbolique de 100 mille francs Comme enveloppe du père.
Pour lui la dot ne finissait pas et il savait que Nicolas aura d'autres opportunités pour investir dans sa vie. Point n’était donc besoin pour lui de le décourager avec une facture fantaisiste.
Le temps passa puis vint le jour de la dot.
Ce qui m'avait le plus touché ce jour c'etait le conseil d'un oncle âgé de près de 80 ans. Il nous avait parlé de la cola étant appuyé sur sa canne car il se sentait plus à l'aise ainsi.
Généralement dans de telles cérémonies les femmes apportent toujours des arachides grillés et de la cola qui servent d’amuse gueule.
Elles avaient donc servi la cola et pendant que les uns et les autres se régalaient, mon oncle avait prit la parole.
Oncle Daniel : savez-vous pourquoi dans les cérémonies de mariage on donne toujours la cola ?
Assistance : nooh
Oncle Daniel : c'est parce que la cola symbolise un élément fort dans les couples.
Ceux qui étaient distraits jusque-là se tournèrent pour le fixer car c’était du nouveau.
Il continua avec l'histoire de la cola.
Oncle Daniel : pour ceux qui connaissent le colatier on voit rarement ses fruits comme on verrait ceux des goyaviers et des pruniers par exemple.
Un vieux : c'est vrai !
Oncle Daniel : pourtant ses fruits sont cachés sous les feuilles. Il faut être un expérimenté pour détecter la présence de ces fruits
J’étais très impressionnée par cette histoire de la cola mais je ne comprenais pas toujours où il voulait en venir.
Toute la salle était attentive à ce discours qui semblait nouveau pour la nouvelle génération.
Oncle Daniel : Je vais conclure mon propos en disant ceci. Pour mieux vivre, Nicolas et Flora. Soyez discrets comme le colatier.
L’assistance ovationna l’oncle Daniel pour la sagesse qu'il nous prodiguait. Nicolas sortit un billet de 5000 frs qu'il alla donner à l'oncle Daniel pour l'encourager et toute la salle acclama.
Oncle Daniel : Sachez garder vos difficultés et vos exploits dand le secret.
Il continua
Oncle Daniel : Quand vous traverserez des moments difficiles, ne les exposez qu’aux personnes suffisamment matures et capables de bien vous guider dans la résolution de vos problèmes .
Il avait fini avec son discours et mon père avait repris la parole pour passer à un autre point de l'ordre du jour.
Mon père : merci papa Daniel pour ces paroles de sagesse.
Se tournant vers nous, il ordonna à Nicolas et moi de nous approcher de lui.
Il y avait deux bidons de 5 litres de vin blanc placés devant lui. Cela provenait de nos 2 familles.
Les deux vins furent mélangés dans un verre.
Mon père : (en m’indiquant le verre) Flora peux-tu séparer chaque vin et les remettre dans les différents bidons ?
Moi : non papa !
Mon père : Nicolas fais quelque chose tu es qu'en même un homme
Nicolas : (en riant ) papa c'est impossible de séparer les deux vins. Tout est mélangé.
il nous recommanda de boire à tour de rôle ce verre. Nicolas avait bu en premier et moi en deuxième.
C'était du bon vin blanc. L’assistance acclama et les mamans poussaient des cris de youyou. Bref l’ambiance était festive
Nicolas ne cessait de me regarder dans les yeux.
Mon père : (reprenant les propos de Nicolas) tout est mélangé. A partir d'aujourd'hui Flora et Nicolas sont mélangés devant nos deux familles. Personne ne pourra les séparer. Pour moi Flora et Nicolas deviennent Nicoflo. Rien ne pourra les séparer.
La salle ovationnait de plus belle.
Certains criaient Nicoflo, Nicoflo. Mon père le comédien avait encore frappé.
C'était tout simplement génial ce mariage coutumier. La sagesse est vraiment chez les vieux bamtous.
Nous avions fait tout dans une modestie et en beauté. Sandrine était au chevet de son père qui avait disparu depuis plus d'une décennie. Il était rentré avec un cancer de la prostate. Sa famille bataillait pour le sauver. Elle n'avait donc pas assisté au toqué porte et à la dot. Même sa venue au mariage civil restait incertaine . Son père se faisait soigner à Bertoua qui est une ville située à l'est du Ceroun et par conséquent très éloigné de Douala.
Après le mariage coutumier, nous nous lançâmes dans les préparatifs du mariage. Elise avait choisit de financer le vin d'honneur que mes parents devait offrir à notre domicile.
Les membres de la chorale étaient au four et au moulin pour offrir une prestation inédite le jour de la bénédiction nuptiale. Il y avait également des collectes de fonds dans divers groupes de l’église pour soutenir les mariés.
Sandrine continuait de mépriser Nicolas malgré la distance. Notre relation avait pris un petit coup depuis qu'elle était partie assister son père .
Je vivais toujours chez mes parents car nous voulions bénir notre mariage avant de le consommer. Pour donc éviter d’enfreindre cette règle Nico et moi avions décidé de garder la distance. C'était très difficile mais comme on dit souvent, qui veut, peut. Nous tenions le coup jusque-là.
Pour ce qui concerne le côté marraine et parrain, notre choix avait été porté sur un couple qui avait un bon témoignage.
Ce couple avait pris la peine de nous enseigner sur la sexualité, la vie de couple dans ses bons et mauvais moments…
Ces séances de conseils conjugaux nous avaient beaucoup aidé. En réalité Nicolas tout comme moi étions des novices dans le domaine sexuel. On espérait bien qu'avec les conseils nous vivrons une sexualité épanouie.
Je faisais mes soins corporels pour attendre le jour-j. J'avais acheté des lingeries de couleurs diverses. Renouveler ma garde robe grâce aux soutiens financiers de ma sœur Elise. Nicolas avait reçu beaucoup de
Le temps passait et le monsieur qui avait promis un partenariat pour les pièces détachées était resté silencieux pourtant les deux mois prévus pour son arrivée s’étaient déjà écoulés.
Pour ce qui était de banque de l’ami de Nina, je restais dans l'attente d'un coup de fil.
Je vous assure c’était une grande école de patience. Je crois que si on donnait le diplôme chaque fois, Nicolas et moi allions avoir le plus élevé.
1 semaine avant la bénédiction nuptiale, Nicolas m’amena dans un quartier sous le prétexte qu'on va se balader.
Nous marchions en faisant des commentaires sur les préparatifs du mariage civil et chrétien.
Nicolas : mon amour je trouve une semaine trop longue. Je te veux auprès de moi.
Moi : chéri tu as raison mais ça va vite passer tu verras.
Nicolas : tu sais ce qui me plaît le plus ?
Moi : non
Nicolas : le fait que tu sois vierge. C'est le plus précieux cadeau que tu puisses me donner.
Moi : pourtant quand j’étais au lycée mes amies ne cessaient de me dire que je vais regretter d’être restée vierge.
Nicolas : du n'importe quoi. Je pense que lorsqu’une fille perd sa fierté elle le regrette tellement qu'elle veut voir toutes les autres filles perdent la leur.
Moi : c'est vrai !
Nicolas : merci de t’être préservée pour moi.
Moi : je suis toute aussi émue que toi. Je ne savais pas qu'il existait des hommes qui se mariaient puceaux.
J'avais déjà 26 ans et Nicolas 30 mais au-delà des tentations nous avions pu rester chaste.
Nicolas : j'ai essayé d'aller avec une camarade de classe quand j'avais 18 ans. Au moment de passer à l'acte son grand frère est venu avec une machette dans sa chambre. Il y a avait eu un traître qui avait vendu la mèche. Il voulait me découper en mille morceaux. J'avais sauvé ma vie de justesse.
Cette anecdote m'avait fait rire au point où les larmes coulaient.
Nicolas : depuis ce jour là j'avais décidé de me garder pour pour ma femme. Yeuch ! Si la honte pouvait tuer, ce jour là je mourrai.
J’étais rentré en maudissant mes camarades qui m’avaient encouragé à draguer la fille. Certains pour m’influencer me disait que j’étais impuissant.
Je ne faisais que rire c’était vraiment amusant.
Moi : le gars pouvait couper ton sexe hein ! Merde !
Nicolas : arrête chérie tu ne peux pas savoir combien de fois je me sentais diminuer ce jour là.
Moi : (en riant toujours) j’imagine la scène (en riant) ! heureusement que c'est de l’histoire passée.
Nicolas : oublions ça tu veux ?
Moi : (en riant) j'ai compris.
Nous marchions tout doucement vers ce quartier et ne sentions presque pas de fatigue. Cette balade nous permettait de bien nous détendre et d’évacuer le stress lié aux préparatifs de nos noces.
Subitement devant un portail, Nicolas me saisi le bras et me retourna pour lui faire face.
Nicolas : Mon amour je suis fou de toi. Je ne sais pas comment je fais pour résister dans ta présence.
Vous aimerez aussi





