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Couverture du roman L'ère de l'inquisitrice: Tome I

L'ère de l'inquisitrice: Tome I

En 2125, l'humanité semble rayonner, mais cette prospérité cache une menace imminente. Une lutte acharnée se prépare dans l'ombre, mettant en péril un équilibre mondial devenu extrêmement fragile. Entre quêtes de pouvoir, rivalités intenses et alliances incertaines, le destin de l'espèce humaine ne tient plus qu'à un fil. Chaque décision ou révélation peut désormais provoquer une chute irréversible. Plongez dans un futur où la survie dépend d'un socle de plus en plus instable.
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Chapitre 2

Ashley Eversman

Après ces quelques lignes, je refermais mon journal. Un journal intime, si l’on peut dire. Je me mis à sourire en y pensant, seule dans ma cabine. Tout en le rangeant, je me levais pour m’avancer jusqu’à mon grand hublot, pour contempler cette magnificence qu’était l’espace. Nous étions presque à destination et devant cette vue splendide je me disais, à voix basse, tout en me perdant dans ce que je contemplais : « Tu me manques, papa. J’espère que tu peux voir la femme que je suis devenue… »

Je ne pus finir ma phrase. Prise d’une émotion soudaine, je ne pouvais m’empêcher de me dire que mes parents me manquaient ; surtout mon père. J’espérais, où qu’il soit, que le parcours m’ayant amené à me retrouver là le rende fier de moi.

Pas le temps de m’apitoyer sur mon sort. Comme je l’apprenais à mes dépens depuis que j’ai pris mon commandement, On n’a, hélas, que très peu de temps, pour profiter d’un moment de paix, de tranquillité.

— Commandante ! Ici votre pilote. Nous sommes en approche de la planète XNP04.

C’était le lieutenant Peter Sedgwick qui, via l’interphone du vaisseau, m’informait de notre arrivée.

Fini le moment de quiétude dans mes quartiers, au calme.

— Bien reçu, lieutenant Sedgwick. Préparez l’arrivée en orbite, répondis-je posément, tout en allant ouvrir le sas de ma cabine.

Le lieutenant Peter Sedgwick était sûrement l’un des meilleurs pilotes de sa génération. D’après la lecture de son dossier, il avait du mal avec l’autorité. Néanmoins, pour moi, ce qui m’importait le plus, c’était avant tout ses compétences. En quittant ma cabine, pour me diriger au centre de commandement, je croisai, en chemin, le superviseur Samuel Duprés. Je voyais bien qu’il était là pour m’évaluer, avec ses lunettes rondes à monture noire, son costume trois-pièces, tout droit sorti d’un bureau de comptable, et sa coupe de premier de la classe. Personne ne l’appréciait dans l’équipage.

— Commandante Eversman ! J’ai su que nous arrivions à destination. Vous ne voyez donc pas d’inconvénient, à ce que je vous accompagne au centre de commandement, demanda-t-il avec cet air si supérieur.

— Bien sûr que non !

Je prenais sur moi, il faut dire. Une semaine ! Une semaine qu’il me suivait comme un cafard ragoûtant. Il en était devenu difficile avec ces reproches et cette façon de me parler, de me dévisager. En attendant, je devais faire avec… Vivement ma prochaine mission, qu’il ne soit plus dans mes pattes. Je ne lui adressais aucunement la parole, durant le temps que nous étions ensemble dans l’ascenseur et jusqu’à notre arrivée au poste de commandement. Ce qui fut interminable. Une fois les portes s’ouvrant, je partis vite fait vers le poste de contrôle. L’Ascension était un des premiers vaisseaux créés pour voyager dans l’espace. Plutôt bien conservé pour son âge, j’en étais très fière. Certains voyaient l’attribution de l’Ascension comme un manque de confiance de notre amirauté en mon premier commandement.

— Commandante sur la passerelle ! GARDE-À-VOUS Messieurs ! ordonna le navigateur Gaiji d’une voix forte.

Gaiji était mon navigateur. Il avait une cinquantaine d’années, plutôt bien conservé, crâne et barbe rasés, avec un uniforme des plus impeccables. Il était une sorte de père pour l’équipage du vaisseau et veillait aussi à ce que personne ne me discrédite ou ne remette en cause mon commandement.

— Repos, messieurs ! répondis-je avec assurance.

Je m’avançais jusqu’à Gaiji, pour lui faire part de mes ordres.

— Gaiji ! Transmettez à l’amirauté que nous entrons dans notre phase de mission.

— Bien reçu commandante ! rétorqua Gaiji, en me faisant un signe de salut.

En regardant autour de moi, je m’aperçus que les membres de l’équipage m’observaient. J’entamais donc un discours simple et le plus limpide possible avec un ton posé.

« Soldats ! Sachez que c’est un honneur pour moi d’effectuer cette première mission à vos côtés. Bien que ce soit une mission qui semble de routine, je compte sur vous pour effectuer le travail le plus irréprochablement qui soit. »

— Allez ! Vous avez entendu la commandante ! Ce n’est pas le moment de s’endormir ! Rendons fier notre commandante, s’écria mon second, le lieutenant-commandant Roman Peers.

Je ne l’avais pas vu, à mon arrivée.

Roman était un homme de 30 ans, tatoué, barbe garnie et coupe iroquoise. Il avait un regard dur mais était un homme et un soldat extraordinaire. J’avais fait mes classes avec lui, à l’académie. Nous étions très proches, sa sœur, lui et moi. Dès mon affectation… il avait décidé de me suivre, pour devenir mon second à bord de l’Ascension.

— Commandante ! Je vois que votre chien de garde vous suit une fois de plus, s’agaça Roman, s’avançant vers moi pour me saluer, tout en ignorant Samuel Duprés.

Roman détestait l’idée que l’on me surveille. Il était difficile de lui donner tort. Depuis notre départ de la base lunaire, notre cher Samuel Duprés me suivait, comme mon ombre.

— Lieutenant-commandant, veuillez vous passer de tout commentaire ! M’avez-vous bien compris ? répondis-je avec une certaine fermeté, même si je partageais l’agacement de Roman.

— Commandante, nous nous apprêtons à sortir de l’hyperespace dans 3… 2… 1… Nous voilà à destination. Je vous l’avais bien dit que j’y arriverai commandante.

Nous interpellâmes le lieutenant Sedgwick se trouvant au poste de pilotage.

Le rejoignant, j’étais accompagnée du navigateur Gaiji, de Samuel Duprés et de Roman. Ce dernier lui dit d’un ton moqueur.

— Ne vous emballez pas lieutenant, c’est le pilote automatique qui a fait tout le travail.

— Certes, lieutenant-commandant. Mais y a bien quelqu’un qui a dû enclencher et surveiller le bon fonctionnement du pilote automatique. En plus, c’est bien moi, et non le pilote automatique, qui ai programmé les coordonnées de notre saut dans l’espace, répondit Sedgwick avec sarcasme et tout en lui montrant le poste de pilotage avec de grands gestes.

Moi, j’étais tout simplement émerveillée par cette vue magnifique. Il faut l’avouer, on ne s’en lasse pas. Nous étions en orbite autour d’une planète ressemblant étrangement à la Terre. On pouvait apercevoir la lune de XNP04, à ses côtés, qui était d’une couleur rosée sûrement due à la couleur rougeâtre du soleil.

— Navigateur Gaiji ! repris-je tout en mettant fin à mes rêveries.

— Oui, commandante !

— Demandez à l’unité technique de faire un balayage de la planète.

— À vos ordres ; commandante ! Il partit en direction du centre de commandement pour donner mes ordres.

— Quant à vous, second ! Demandez à Costa et Wickers de se préparer pour aller examiner la planète et dites à Ramires qu’il sera mon pilote.

— Oui, commandante ! Nous ne prenons personne d’autre avec nous ? s’interrogea Roman.

— Je sais, Roman… Je compte vous accompagner.

— Mais commandante, vous ne pouvez pas quitter le vaisseau comme ça, s’exclama Samuel Duprés.

— Monsieur Duprés, avec tout le respect que je vous dois, la commandante c’est moi ! Et moi seule décide sur ce vaisseau ! Le commandement de l’Ascension, en mon absence, sera donné au navigateur Gaiji en qui j’ai pleinement confiance, dis-je avec fermeté tout en regardant le navigateur qui revenait vers nous.

— Et je ne faillirai pas commandante ! rétorqua Gaiji.

— Roman, nous pouvons y aller. Lieutenant quant à vous, vol en orbite et cette fois se sera sans pilote automatique.

Le lieutenant répondit avec une grimace mais il en souriait. Le lieutenant respectait mon autorité, ce qui contrastait avec son dossier et les notations de ses anciens supérieurs. Laissant le commandement au navigateur Gaiji, je partis vers l’ascenseur avec Roman qui, le sourire aux lèvres, me regardait.

— Ash, je ne sais pas comment tu fais pour supporter ce mec dans tes pattes depuis notre départ de la base lunaire. Rassure-moi, il n’est pas avec toi quand tu dors ou quand tu te douches.

— Ne t’inquiètes pas pour moi Roman, je le gère. CE MEC ! Comme tu le dis si bien. D’ailleurs, c’est pour cela que je suis la commandante et non toi, rétorquais-je avec le sourire.

Après ce petit échange dans l’ascenseur, nous arrivions au hangar pour nous équiper. Roman et moi avancions vers l’équipe qui finissait de se préparer. Roman n’avait qu’à mettre sa combinaison de combat étant déjà en sous-combinaison. Alors que moi je me devais d’enlever mon uniforme. Pas de place pour l’intimité, si j’en voulais j’aurais dû me changer dans les vestiaires, mais là je n’avais pas le choix. Uniforme enlevé et en sous-vêtement, j’enfilais ma sous-combinaison assez vite ainsi qu’un de mes pulls à capuche noire, pour ensuite mettre ma tenue de combat. Une tenue légère et maniable construite à base d’un végétal découvert sur Gaïa, bien plus résistant que les anciens gilets pare-balles en kevlar d’antan. Elle couvrait les organes et points vitaux ainsi qu’une protection aux membres supérieurs et inférieurs. Après il y avait des armures du type lourdes, construites à base d’un carbone hyper résistant que l’équipe avait mis, seul Roman portait une tenue légère de combat comme moi. Une fois en tenue et mon keffieh kaki mis, je m’avançais vers l’équipe.

— Messieurs, je vous invite à embarquer. Sergent Ramires cette fois, faites un atterrissage en douceur.

— Bien sûr ; commandante. Comme toujours. Mais prenez note que la dernière fois il y avait de fortes rafales.

— On dira ça, répondis-je avec un sourire de coin tout en prenant mon reaper, que Roman m’avait préparé.

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