
L'ère de l'inquisitrice: Tome I
Chapitre 3
Le reaper était une arme standard pour les soldats du F.A.P.E.A.T. léger, ce fusil d’assaut à la cadence de tir élevé, tire des balles explosives. Roman lui s’était équipé d’un fusil de précision de classe viper. L’équipe prenait place dans la navette de transport de type monarque. Ce nom lui venait d’un papillon migrateur, auquel la navette ne ressemblait malheureusement pas. Le monarque était un vaisseau de transport lourd et d’une faible maniabilité, rien de très gracieux. Néanmoins, son poly-alliage renforcé en faisait une véritable forteresse volante. Si on devait lui donner une ressemblance se serait le V-22 ospreys, remplacez les hélices par des turboréacteurs et vous avez votre monarque.
— Navigateur Gaiji, nous demandons l’autorisation de pouvoir quitter le hangar, demandais-je via oreillette, une fois tous en place et attacher par les harnais de sécurité.
— Vous avez l’autorisation commandante. Bon vol et bonne chance.
— Merci ! Eversman terminé. Sergent Ramires ! Faites-nous quitter la passerelle de décollage.
Le décollage était quelque peu brutal, l’entrée en orbite le fut d’autant plus. Je me levai, une fois l’entrée effectuée pour ordonner à Wickers de prendre place sur la tourelle arrière. C’est alors que le soldat 1re classe Costa, du bout de la navette m’interpella.
— Commandante ?
— Oui 1reclasse Costa.
— Je voulais vous demander, si l’on devra vous couvrir commandante ? Étant donné que vous n’êtes pas souvent sur le terrain, mais plus souvent dans votre coin bien au chaud à donner des ordres.
De ce fait, je m’arrêtai face à lui. En me mettant à sa hauteur, je lui répondis du ton le plus sévère.
— Costa, ne vous inquiétez pas pour moi mais plutôt pour VOUS ! WICKERS, OUVREZ LE SAS DU MONARQUE ! m’écriais-je sur la fin.
— Oui, oui madame, bredouilla-t-il d’une voix tremblante.
Une fois le sas ouvert et après avoir ôté la sécurité du harnais de Costa, je le pris par le bras en le traînant sans qu’il réagisse. Je lui dis avec plus de calme.
— Je suis votre commandante et vous me devez le respect nous ne sommes pas dans un club de vacances. Alors si vous avez autre chose à dire, dégagez de ma navette ; MAINTENANT !
— Non, commandante ! Je m’excuse, je ne voulais pas vous manquer de respect ! s’exclama-t-il terrifié, la tête dans le vide.
Relâchant ma pression il se releva doucement et sans avoir besoin de plus d’autorité et dans un ton calme je lui dis.
— Prenez le minigun et n’y bougez pas jusqu’à notre atterrissage. Est-ce bien clair pour vous ? Costa !
— Oui, madame ! obéissant, il prit place alors que Wickers se réinstallait.
Après cet épisode, le silence s’abattait dans le vaisseau et personne ni même Roman n’osait me regarder. J’avais fait voir mon autorité et, bien qu’agir de la sorte ne me plaisait pas, il le fallait.
— Commandante venez voir ça ! dit avec stupéfaction le sergent Ramires alors que nous étions secoués par des turbulences.
— Oui sergent Ramires, au rapport ? le questionnai-je tout en reprenant place au cockpit tandis que Roman resté à l’entrée.
— Commandante regardez en bas. Cette colline est trop bien délimitée pour être naturelle, de plus à notre passage les appareils ont été soudainement déconnecté, rétorqua-t-il dubitatif.
— En effet Sergent, atterrissons sur cette clairière au bord de la rivière. Je vais contacter l’Ascension.
— Navigateur Gaiji, ici Eversman me recevez-vous ?
— Oui commandante. Je vous reçois fort et clair.
— Je vous envoie des données de zones à cartographier, nous avons aperçu quelque chose de suspect.
— Coordonnées reçues, commandante. Nous allons cartographier la zone de suite. Nous rappelons dès les premiers résultats, transmission terminée.
Quand la transmission prit fin, le sergent Ramires posa la navette sur la zone indiquée.
— Wickers, Costa, veuillez établir un périmètre de sécurité, leur ordonnais-je.
— Oui commandante ! s’exclamèrent-ils tous deux à l’unisson.
— Tu sais Ash, tout le monde respecte ton commandement. Après des soldats comme Costa, je peux m’en charger si tu le souhaites.
— Non merci Roman ! Je n’ai pas besoin d’être chaperonnée. Je pense qu’il a compris. De plus, il me teste c’est le jeu. Il veut être sûr qu’il peut faire confiance à sa commandante.
J’avais employé un ton moins cordial. Bien que je comprenne sa réaction, je me devais de gérer seul ce genre de situation. Hélas qu’un soldat me parle ainsi, ce n’était pas la première et sûrement pas ; la dernière fois.
— Commandante ici Gaiji ! La zone demandée a été cartographiée et cela n’a rien donné. À 2 km de votre position, on peut juste observer un voile noir sur la zone indiquée. Elle fait dysfonctionner, voire arrêter tous nos appareils. Cependant, nous avons pu détecter des ondes émanant de cet endroit.
— Nous nous rendons sur place pour faire notre propre analyse des lieux. Après tout, il fallait lever le voile sur ce qui se cachait là-bas.
— Bien reçu, Commandante. Nous vous contactons dans 2 heures. Transmission terminée, bonne chance commandante, répondit Gaiji.
Sortant de la navette, j’allais donner mes ordres pour l’expédition que j’allais mener.
— Costa, Ramires, vous restez là et surveillerez la navette. Wickers, le second et moi on va explorer la zone.
Partant Wickers en tête, laissant Costa et le sergent à la protection de la navette. Wickers était un jeune soldat tout juste sorti des jupes de sa mère. Il voulait bien faire et ouvrait la marche. S’enfonçant dans cette forêt à la végétation débordante, Roman se mit à mes côtés.
— Ash ! J’aurais voulu parler avec toi…
— De la Citadelle !
— Euh… Oui de la Citadelle. Tu me surprends, Ash. reprit-il interloqué.
— Roman, ça ne peut être que ça. D’ailleurs, ne t’inquiète pas. Ce n’est pas grave, tu avais des obligations et ta sœur m’a accompagnée. Je n’étais donc pas seule.
— Pourtant depuis notre départ, je ressens comme… enfin comme si tu mettais certaines distances entre nous.
— J’y suis obligé, à cause de l’autre superviseur. Mais entre toi et moi, tout va bien, rien n’a changé entre nous, le rassurai-je.
— D’accord en tout cas je te soutiens et je suis content qu’entre nous tout soit OK.
— En fait… Y a aussi qu’on attend tellement de moi qu’on m’attend au tournant et qu’à la moindre erreur, Ashley Eversman, on va la zigouiller. Plus jeune commandant et première de promo, beaucoup de pression…
— Ash ! T’es la meilleure pour ce job, dit-il d’un ton réconfortant.
— Attends, quand j’ai quitté le vaisseau, Duprés a bien failli en faire une syncope. Cet enfoiré ne me loupera pas. Enfin là je respire et regarde comme c’est magnifique.
Nous étions aux abords d’une grande cascade. Il y avait des bruits d’animaux, une image de vacances, de carte postale.
— Roman ce ne serait pas un endroit idéal pour la cabane que tu aimerais avoir ? dis-je tout en m’avançant au bord de la rivière.
— Oui Ash, entre deux missions je m’imagine bien là. Du coup, on va s’immortaliser ce moment. Aussitôt sa phrase finie il prit son arm-tech pour faire une photo.
— Attends ! Tu as mis sur ton arm-tech de quoi faire une photo. Roman ou comment détourner le matériel. J’étais stupéfait par ce qu’il avait fait du matériel militaire.
— Oui et encore j’ai même de quoi te mettre une bonne musique, dit-il d’un ton joyeux.
— Tu n’es pas croyable Roman. D’ailleurs comment as-tu pu faire cela ?
Il me regarda souriant. Puis, il me répondit avec un ton d’humour.
— L’ingénieur Wilson, c’est lui qui me l’a amélioré.
— Pas étonnant ! Il est vraiment compétent dans son domaine en tant qu’ingénieur. Bon allez, continuons. Mais en voyant son regard insistant, j’acceptai d’immortaliser ce moment. Après tout que risquions-nous ?
Wickers lui c’était assis, buvant son eau avec son raid back.
— Soldat, j’espère que c’est de l’eau, sinon videz-moi votre raid back. Il releva sa tête et à son regard, il se demandait si c’était une blague pour le taquiner ou pas et sortit la paille de sa bouche.
— Ne vous inquiétez pas commandante. J’ai beau venir de l’ancienne Écosse, je n’ai pas emmené mon bourbon avec, répondit-il en faisant l’air sérieux mais avec un léger sourire.
— J’espère bien soldat ! Allez, on repart à la recherche de réponse, dis-je et alors que je pars il m’interpella.
— Commandante ?
— Oui, Wickers.
— Sachez que pour moi, c’est un honneur d’être sous vos ordres et que Costa n’est qu’un con.
— Merci, Wickers. Bon, allez ! On reprend notre route, répondis-je d’un ton empli de gratitude.
Et nous voilà repartis, après une pause de plusieurs minutes.
— Tu vois Ash, t’as au moins un soldat qui est heureux de te savoir sa commandante.
Mon sourire fut ma seule réponse. Il était temps d’avancer. Nous n’avons que trop tardé. Avançant encore une bonne heure, nous arrivions à ce qui semblait être un complexe enfoui dans une végétation, qui l’avait totalement recouverte.
— C’est quoi ça ? s’exclama Roman.
— Faisons le tour, pour trouver un point d’entrée, ordonnais-je.
Après un court temps, Wickers nous interpella.
— VENEZ ! cria-t-il.
— Oui Wickers, on arrive ! Et là, on tomba sur une entrée quasi intacte non recouverte de végétation.
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