
L'épouse de L'Alpha
Chapitre 3
Chapitre 3
Hakim n'était pas un homme qui se laissait facilement distraire, mais quelque chose chez Rayhan refusait de quitter ses pensées. Il ne comprenait pas pourquoi cette jeune employée, apparemment ordinaire, occupait désormais une place dans ses réflexions. Sa franchise, son audace – il n'avait pas vu ça depuis longtemps. Dans un monde où chacun baissait les yeux en sa présence, elle s'était tenue droite, sans fléchir, et cela l'avait piqué au vif.
Il ne se considérait pas comme un homme sentimental, encore moins comme un homme curieux des autres. Pourtant, il trouva ses yeux se poser plus souvent sur elle dans l'open space. Il notait la manière dont elle interagissait avec ses collègues, ce mélange singulier d'assurance et de légèreté. Elle n'essayait pas de se faire remarquer, mais elle attirait inévitablement l'attention.
Lorsqu'elle rit, un rire franc et désarmant, il se surprit à vouloir en connaître la raison. Il effaça rapidement cette pensée, retournant à son travail, mais le bruit de sa voix semblait résonner dans son esprit bien après qu'elle se soit tue.
Rayhan, de son côté, n'avait aucune idée des regards furtifs de Hakim. Elle était trop occupée à s'adapter à sa nouvelle vie dans l'entreprise. Elle avait rapidement attiré la sympathie de plusieurs collègues, notamment un certain Karim, un loup jovial qui semblait toujours trouver une excuse pour venir discuter avec elle.
« Tu te fais déjà remarquer, » lui fit remarquer Amal, une autre employée.
Rayhan haussa les épaules. « Je ne cherche pas à me faire remarquer. Je fais mon travail, c'est tout. »
Mais tout le monde n'était pas du même avis. Amira, une louve connue pour son ambition et son attitude acérée, voyait d'un très mauvais œil la façon dont Rayhan semblait graviter au centre de l'attention. Elle avait travaillé dur pour s'attirer les bonnes grâces de Hakim et n'appréciait pas qu'une nouvelle venue, sans expérience ni statut, lui fasse de l'ombre.
Un après-midi, alors que Rayhan discutait avec Karim près de la machine à café, Amira intervint, son sourire empreint d'une fausse cordialité.
« Rayhan, tu devrais peut-être te concentrer un peu plus sur ton travail au lieu de papoter, » dit-elle d'un ton qui fit se raidir Karim.
Rayhan leva un sourcil, ne cachant pas son agacement. « Je ne crois pas que mes conversations affectent ma productivité, Amira. Mais merci pour ton... inquiétude. »
Amira plissa les yeux, sa façade de politesse s'effritant légèrement. « Tu es nouvelle ici, alors laisse-moi te donner un conseil : certains d'entre nous travaillent depuis longtemps pour mériter leur place. Peut-être devrais-tu réfléchir à ça avant de te comporter comme si tout t'était dû. »
Les mots avaient à peine quitté ses lèvres que Rayhan éclata de rire, un son clair et insouciant qui fit rougeoyer les joues d'Amira.
« Je n'ai jamais prétendu que quoi que ce soit m'était dû, » répondit Rayhan en croisant les bras. « Mais merci pour le conseil, je suis sûre qu'il vient du fond du cœur. »
La tension entre elles était palpable, et Karim, mal à l'aise, essaya de changer de sujet. Mais Amira n'avait pas dit son dernier mot.
« Ce n'est pas parce que tu as réussi à attirer l'attention de certains ici que tu es intouchable, » murmura-t-elle d'un ton venimeux.
Rayhan allait répondre, mais une voix grave et autoritaire résonna derrière elles, coupant court à toute conversation.
« Amira. Dans mon bureau. Maintenant. »
Hakim était là, son regard fixé sur Amira avec une intensité qui aurait fait trembler n'importe qui. Amira balbutia un « Oui, Alpha », avant de disparaître rapidement.
Il se tourna alors vers Rayhan, son expression adoucie mais toujours sérieuse. « Suivez-moi. »
Elle le suivit sans un mot, sentant les regards des autres employés sur elle. Une fois dans son bureau, il referma la porte derrière eux et se tourna vers elle.
« Que s'est-il passé ? » demanda-t-il, son ton calme mais tranchant.
Rayhan haussa les épaules. « Rien d'important. Amira a simplement décidé qu'elle devait me rappeler ma place. »
Un éclat passa dans ses yeux. « Et quelle est votre place, selon vous ? »
Elle le fixa, déterminée à ne pas paraître intimidée. « Ma place est celle que je me crée. Je ne suis pas ici pour marcher sur les pieds de qui que ce soit, mais je ne vais pas non plus me laisser marcher dessus. »
Il sembla réfléchir à ses paroles, puis un léger sourire effleura ses lèvres. « Vous avez un don pour attirer les ennuis, Rayhan. »
« Je suppose que certains ont un problème avec les gens qui ne baissent pas la tête. »
Il la regarda encore un moment, et elle sentit cette tension étrange revenir, cette impression qu'il voyait au-delà de ses mots, au-delà de son masque.
« Retournez à votre poste, » dit-il enfin, d'un ton qui ne laissait pas place à la discussion.
Elle acquiesça, mais avant de franchir la porte, elle se retourna. « Merci. Pour être intervenu. »
Il ne répondit pas, se contentant de la fixer jusqu'à ce qu'elle quitte la pièce.
Hakim resta immobile pendant un long moment après son départ. Il savait qu'il n'aurait pas dû intervenir, qu'il aurait dû laisser Rayhan gérer la situation elle-même. Mais quelque chose en lui s'était rebellé à l'idée qu'elle puisse être attaquée, même verbalement, sans qu'il ne fasse rien.
Il secoua la tête, se concentrant à nouveau sur ses dossiers. Mais il savait qu'une part de lui était déjà irrémédiablement attirée par cette femme qui osait défier les conventions et, plus encore, défier son propre cœur.
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