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Couverture du roman L'enfant illégitime

L'enfant illégitime

Au cœur de cette romance contemporaine, une question fondamentale bouleverse les certitudes et les sentiments : peut-on réellement ouvrir son cœur et chérir un enfant dont on n'est pas le parent biologique ? Ce récit explore avec émotion les défis de l'attachement, la complexité des liens familiaux et la force d'un amour capable de dépasser les barrières du sang. Un cheminement intime où la sincérité des liens redéfinit le sens profond du mot famille.
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Chapitre 3

Daphnée

J’émerge de mon doux sommeil et instinctivement je tâte la place qu’occupe mon mari sur le lit, elle est vide. J’allume la lampe de chevet et regarde l’heure sur mon téléphone posé sur la table. Il est deux heures du matin.

Je me lève et sors de la chambre sans prendre la peine de me couvrir le corps. Il n’y a personne d’autres à part Marc et moi. La domestique dort dans l’une des dépendances.

Je retrouve mon mari à la cuisine, en train de se faire à manger. Quelle piètre femme suis-je parfois ! Je n’avais même pas cuisiné, trop occupée à fulminer ma rage contre cette Yva machin chose. Du n’importe quoi !

Mon seul vrai regret est de l’avoir raté. Cette voleuse de mari sans aucun scrupule ne mérite aucune pitié. Il est indéniable que j’ai pris peur après mon geste mais en repensant au fait qu’elle ait couché avec mon homme, j’ai presque envie de la tuer de mes propres mains. C’est dur d’imaginer qu’elle ait pu l’embrasser, caresser son corps, jouir sous ses caresses, merde ! Lui aurait-il fait l’amour comme il me le fait à moi ? J’espère bien que non. Mieux vaut pour moi que je pense à autre chose.

L’ennemi de la femme c’est la femme dit-on. C’est un fait avéré. Nous les femmes sommes en éternelle compétition les unes avec les autres que, certaines d’entre nous prennent le mari de leur semblable pour un trophée à arracher dans le but de prouver je ne sais pas quoi. J’essaie de chasser de mes pensées l’image de cette idiote et recentre mon attention sur Marc.

Je reste plantée contre le cadre droit de la porte à regarder mon homme qui ne s’est pas encore rendu compte de ma présence. Il est vraiment beau mon Marc-Aurel. J’imagine que ce n’est pas tâche aisée pour lui, de résister chaque jour que le bon Dieu fait, à toutes ces femmes qui cherchent à se glisser dans son lit.

Une vague d’émotions me submerge en me rappelant nos débuts. J’ai su qu’il serait le père de mes enfants la première fois que j’ai posé mes yeux sur lui. Il n’y a pas de code pour ça, on le ressent tout simplement et c’est un sentiment indescriptible. C’était à l’Université de Lomé.

Il faut dire que je me suis toujours faite remarquée par mon allure et mon élégance. Encore que je venais au cours en voiture. La plupart des mecs à l’époque avait peur de me draguer. Les rumeurs allaient de bon train, certains disant que je suis la maitresse d’un homme haut placé, d’autres affirmant que je venais d’une famille riche et d’autres encore avançant que je faisais des affaires louches. Je souris à cette dernière pensée. J’aimais bien être le centre d’attention de ces colporteurs. Tout ça parce que je me faisais rare aux cours. C’était en fait pour des raisons de voyage et il n’y avait que mon cercle très restreint d’amies qui le savait. Elles n’arrivaient jamais à la fermer quand les curieux demandaient d’après moi.

Ma mère est une « nana benz ». C’est ainsi que sont surnommées ces vaillantes femmes de mon pays le Togo qui font le commerce de pagnes et qui y ont fait fortune. Elle m’a initié au métier depuis que j’étais au collège, je suis sa seule fille. Après mon Bac, j’effectuais les voyages à sa place et faisais ma propre affaire à côté. Ce qui ne m’a pas empêché de décrocher au moins ma License en économie.

Marc et moi ça dure depuis dix-ans. Il a su par sa patience faire plier mes caprices et m’apprivoiser. Ce qui repoussait les autres l’ont plutôt attiré chez moi. C’est ainsi qu’à la sortie des cours un après-midi vers seize heures, il a bravé les regards dissuasifs de ma bande d’amies et m’a approché pour demander mon numéro. Je le lui ai donné sans hésiter car son courage avait forcé mon admiration.

Il n’a pas eu peur de se faire remballer. J’avoue qu’avec le temps, j’ai compris que c’est quelqu’un d’assez sûr de lui et de son charme.

-Tu rêves debout ? Lance-t-il, me tirant de mes pensées

.

-Oh oui ! On peut le dire ainsi.

-Tu viens manger avec moi ? C’est prêt. Mais pas dans cette tenue s’il te plait, nous risquerons de nous brûler avec le repas.

J’éclate de rire face à sa remarque et retourne dans la chambre enfiler mon peignoir. De retour à la cuisine, il avait déjà mis la table et servi le repas dans les plats. Du riz à la sauce crème au poulet blanc, quel régal !

-Tu excelles en cuisine chéri !

-Quand ma femme passe sa vie entre deux avions, je suis bien obligé. Tu sais que j’ai horreur de manger ce que la domestique prépare. Voilà même pourquoi elle ne passe faire que le ménage quand tu n’es pas là.

-Je vais remédier à cette situation. Je suis en train de tout mettre en œuvre pour ne plus avoir à voyager autant. Ce qui s’est passé m’a fait réaliser beaucoup de choses. Je ne continuerai plus ma formation en Belgique, je trouverai bien quelque chose sur place ou alors je prendrai des cours à distance.

Il se contente de pousser un soupir et de caresser ma main posée sur la table. Nous continuons le repas en silence. Je me sers une deuxième fois, tellement c’est bon. A la fin, je débarrasse et fais la vaisselle tout en préparant de la citronnelle chaude pour faciliter notre digestion. J’avais décidé de suivre une formation en évènementiel car ça me passionne et c’est ce qui m’a amené hors du pays durant six bon mois. Six mois au cours desquels cette femme a jeté son dévolu sur mon mari. Je ne permettrai plus que ça arrive et Marc-Aurel a intérêt à respecter sa promesse.

Je sers le thé dans les tasses et nous allons le déguster au salon devant la télé allumée. Nous discutons des moments forts de notre couple, notamment les naissances de nos deux filles. Je sors même les albums qui nous plongent dans une totale euphorie. Je ne laisserai personne détruire mon bonheur.

Quand nous regagnons finalement le lit, il est presque cinq heures du matin.

A sept heures déjà, Marc était prêt à partir parce qu’il avait des choses à faire au bureau. J’avais quelques rendez-vous aussi alors je n’ai pas traîné au lit. Je dois aller chez ma mère et ensemble nous avons des courses à faire.

J’arrive chez elle vers neuf heures et les enfants ont été conduits à l’école depuis bien longtemps.

-Bonjour maman. Dis-je en lui faisant la bise.

-Bonjour chérie, comment tu vas ?

-Bof, ça peut aller.

J’hésite à me confier à maman sur l’aventure de Marc-Aurel et cette Yvanny. Hier, elle savait tout simplement que j’avais besoin de me retrouver seule avec mon mari. De toutes les façons, elle a toujours aimé garder ses petites filles qui passent plus de temps avec elle qu’avec nous leurs parents.

-Tout va bien ? Me demande-t-elle.

-Oui bien sûr, pourquoi maman ?

-Tu as plutôt l’air souciant !

-C’est la fatigue.

-Ah ça, j’imagine. Se moque-t-elle de moi.

-Maman, toi aussi !

Nous rigolons toutes les deux et elle me taquine sur ma nuit passé avec mon mari. Je n’avais pas encore pris mon petit-déjeuner alors c’est avec plaisir que je me suis jointe à elle quand son cuisinier a déposé un bon plat de riz aux haricots devant elle. Ma mère ne connait pas nos histoires de café ou de thé. Je me suis bien régalée à faire éclater mon ventre.

Après le repas, j’attends qu’elle s’apprête et nous démarrons pour chez le notaire en premier. Le second tour sera en direction de la clinique le Mont d’OLYMPE.

* *

*

Yvanny

La soirée avec Coralie n’a pu avoir lieu car son homme avait finalement décidé de passer la nuit avec elle. Je me demande comment elle fait pour se contenter de ces instants de bonheur volés. Comment se sent-elle quand il la quitte après l’amour pour aller rejoindre sa femme ? Comment arrive-t-elle à se sentir bien quand sa femme l’appelle en sa présence et que ce dernier lui sort un mensonge sur sa position ? Comme quoi, le choix du cœur n’est pas toujours le bon. Je réfléchis à la vie d’une autre personne alors que la mienne reste insolvable.

Je suis debout depuis une heure du matin et les appels incessants de Marc-Aurel ne m’ont pas aidé à retrouver le sommeil. J’ai été tentée de décrocher, mais je sais que, de ce qu’il me dira, ne sortira rien de bon pour moi.

Ce n’est pas le lieu d’être faible mais je me dois d’être plutôt forte pour moi et mon enfant. Plus tôt hier soir, après l’épisode de la femme de Marc qui a failli me défigurer, j’ai appelé ma mère en larmes en lui racontant la situation. Entre autre, elle est retournée vivre à Atakpamé depuis quelques années. C’est sa ville d’origine et l’environnement lui manquait.

Ses paroles m’ont fait comprendre que je n’avais pas à punir un innocent pour mes erreurs. Car oui, selon elle je suis aussi responsable de la situation. Même si Marc est un menteur et un manipulateur, si je m’étais abstenue de me donner à lui, je ne me retrouverais pas dans cette situation.

En y repensant, j’ai l’impression de me réveiller d’un cauchemar. Toute ma vie j’ai fait attention pour ne pas être prise par ce genre de piège. J’ai vraiment fait de mon mieux pour ne pas que l’histoire se répète.

Ma mère m’a fait réaliser combien j’ai la chance de connaitre la joie d’être mère. Elle m’a dit que les voies de Dieu sont insondables et que tout arrive pour un but. Même si actuellement je ne trouve pas le but pour lequel Dieu a permis que je me fasse avoir par un homme comme Marc.

Je me caresse le ventre et me rappelle de cette nuit folle d’amour que j’ai passé avec Marc. C’est cette nuit-là que le bébé a été conçu. Il m’a fait l’amour d’une telle manière que je me suis sentie comme la huitième merveille du monde. Marc n’est pas mon premier homme, j’ai eu un petit ami au lycée avec qui je me suis séparée en deuxième année à l’université. Il était devenu un vrai Don juan et ne pouvant l’accepter, je l’ai quitté.

Avec Marc, j’ai découvert l’essence même du plaisir charnel. Mes poils s’hérissent en me rappelant de l’effet de ses caresses. Une énorme douleur s’empare de mon cœur et des larmes inondent mes yeux.

Je pleure sans pouvoir m’arrêter. Je le hais mais il me manque. Ses lèvres me manquent, ses caresses me manquent. Pourquoi mon Dieu, pourquoi ?

Je continue de pleurer jusqu’à ce qu’aucune larme ne puisse plus sortir. J’ignore à quel moment le sommeil m’emporta.

Je me réveille vers huit heures avec le ventre criant famine. Je me lève du lit et jette un coup d’œil dans mon miroir qui me renvoie un reflet affreux.

Heureusement que je suis en congé, je ne me vois pas me présenter au bureau avec une mine pareille. Mon visage est enflé à force d’avoir trop pleuré.

Je vais à la cuisine dans le but de me faire des omelettes mais j’abandonne très vite l’idée dès que je casse le premier œuf. L’odeur est tout simplement insupportable.

Je prends du yaourt pour pouvoir tenir et me promets d’acheter des croissants en allant à l’hôpital.

* *

*

Je retourne dans la chambre et ouvre mon armoire pour choisir ma tenue de ce jour. Il me faut refaire ma garde-robe, bientôt aucun de tous ces vêtements se trouvant dans cette armoire ne m’ira. J’opte pour une mini robe ovale, de couleur rouge que je pose sur le lit. Je pose également à côté, les bijoux et les chaussures avant de faire mon entrée dans la salle de bain.

Je ressors de la salle de bain vingt minutes plus tard, toute nue, pour tomber sur Marc-Aurel assis sur mon lit.

-Que fais-tu là ? Comment es-tu rentré ?…

Je pousse un soupir et me rappelle qu’il a toujours mes clés.

J’essaie de cacher ma nudité avec mes mains mais c’est bien peine perdue. Il se lève du lit et avance jusqu’à moi.

-Comme tu es belle, tu me manques Anny.

-Marc ! Je me plains.

Il pose un doigt sur mes lèvres et rapproche les siennes à moins d’un centimètre près. Je me perds dans son regard, je suis comme hypnotisée. J’ordonne à mon cerveau de fonctionner mais il refuse de m’obéir. Je sens juste ma langue s’enrouler autour de celle de Marc et une chaleur du Sahara envahir mon entrejambe. Mes seins ont pris du volume et les pointes sont plus sensibles. Je frôle le bout du paradis quand je sens ses doigts me les titiller.

Il me traine jusqu’au lit et me fait allonger dessus. Très vite, il se débarrasse de sa chemise si bien repassée qu’il jette au loin. Je me mords la lèvre inférieure à la vue de son corps. Ses lèvres prennent possession de mon minou, aidées par sa langue et ses doigts. Je gémis comme un animal blessé, tellement la sensation est exquise.

Je sens la jouissance venir quand l’image de sa femme me jetant au visage les copies de leur acte de mariage me revient en gros plan. Je la revois jetant de l’acide sur ma porte et crie très fort un non alors qu’un violent orgasme me secoue. Le temps que je revienne en moi, Marc était déjà à l’entrée de ma fente. Je referme automatiquement mes jambes et me redresse d’un bond.

-Sors de chez moi !

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