
Le sens d'une vie - Tome 1: Loyauté ou trahison
Chapitre 2
Une fois l’entretien terminé, je décidai d’aller profiter un peu de la plage afin de m’y habituer pour demain. Je marchai les deux pieds dans l’eau et j’entendis quelqu’un siffler derrière moi. En me retournant, je vis le garçon trop sexy qui courrait sur la plage tous les matins en avant de chez moi depuis mon arrivée. Ah non, c’est moi qu’il avait sifflé et maintenant, il me regardait droit dans les yeux.
— Mademoiselle vous n’avez pas le droit d’être là. La plage ouvre à 10 h.
— Je regardai mon cellulaire, il était moins 10. Il est sérieux lui, je m’étais juste mes pieds dans l’eau, je n’allais pas me baigner, en plus je ne porte même pas de maillot de bain
— Il est 10 h dans 10 minutes, je ne me baigne pas à ce que je sache, je trempe mes pieds.
— L’heure d’ouverture est claire et personne ne peut enfreindre cette règle. Savez-vous que les requins peuvent sentir à des kilomètres l’odeur humaine et peuvent sauter du coin le plus creux jusqu’à vous en moins de temps qu’il vous en prendra pour enlever vos pieds de l’eau ?
Il n’avait même pas fini sa phrase que je m’éloignais déjà de l’eau.
— C’est bon, j’attendrais qu’il soit 10 h. Bon, en fait, j’attendrai plutôt à demain.
— Ça va être drôle, je crois.
— De quoi tu parles ?
— Tu es la nouvelle, n’est-ce pas ?
— Oui en effet, pourquoi ?
— Parce que tu n’aideras pas grand monde si tu as peur des requins.
— Je n’ai pas…
— Arrête, j’ai dit le mot requin et tu as enlevé tes pieds de l’eau aussitôt. Pourtant tu étais prête à me contredire jusqu’à ce qu’il soit 10 h, je me trompe ?
— OK, peut-être que tu as raison, mais je compte bien ne plus avoir peur d’eux un beau jour.
— C’est très dur à faire partir, une peur aussi grande et vaste.
Il m’exaspérait et je n’avais pas encore commencé à travailler avec, je sens que mes journées vont être longues.
— OK, tu sais quoi ? On ne se connaît pas du tout, alors tu n’as aucun droit de me juger, je vais faire du mieux que je peux pour être la meilleure sauveteuse. On ne sait jamais, je vais peut-être vous surprendre de ce côté-là. Alors, je ne sais pas qui tu es ni pour qui tu te prends, mais sache que je n’en ai rien à faire et je compte bien réussir ici. Laisse-moi tranquille, on se verra quand on travaillera ensemble, mais pour l’instant garde ton air condescendant pour toi.
— Alors, à demain petite insolente
— Commença à demain ?
— Bonjour, je me présente, Jason, je suis le chef sauveteur et aussi ton formateur pour ta journée de demain. Sache que pour ce beau discours que tu viens de me faire, demain tu sauteras directement à l’entraînement intensif. Je comptais commencer doucement, mais vu que tu es si sûr de toi, voyons voir ce que tu vaux réellement.
Il se retourna et partit à l’intérieur parler directement à Lizy. Oh merde, je crois que je viens de battre mon record et de tout gâcher avant même que tout commence. J’allais probablement le regretter amèrement. Il ne se retourna même pas pour me signifier qu’il blaguait, que tout allait bien aller, non rien du tout. Maintenant que j’avais ruiné ma journée en me donnant une petite idée de ce que serait ma vie ici, je pris le chemin de chez moi. Maussade et perdue dans mes pensées, je levai la tête pour me calmer en regardant l’océan, mais je fus distraite lorsqu’un petit garçon d’à peine 3 ans se dirigea en courant vers l’eau avec une mère en panique qui criait son nom afin qu’il s’arrête. Je n’étais pas loin de lui lorsque j’aperçus une nageoire au loin qui s’approchait à une vitesse folle. Je fus paralysée un instant et je me mis à courir sur le bord de la plage vers l’enfant qui venait de rentrer dans l’eau.
— PETIT SORT DE LÀ IMMÉDIATEMENT, SORT ! Plus je criais, moins il m’écoutait. Je le vis glisser et s’étaler dans l’eau. Je levai les yeux et je ne voyais plus rien bouger. Une fois rendu à sa hauteur, je lui sortis la tête de l’eau et me mis à y faire la respiration artificielle. Aussitôt, il se mit à recracher l’eau salée qu’il avait dans ses poumons. Il me regarda en pleurant. Ça se voyait qu’il ne comprenait pas ce qui lui était arrivé. Une fois sauver de la noyade je me rappelai la nageoire qui avançait vers nous tout à l’heure et je levai la tête vers l’immensité de l’océan. Ah merde… Je vis ma vie défiler devant moi à cet instant même, je pensai à maman, ce qui me donna l’adrénaline et le courage nécessaire pour prendre le petit et courir pour m’éloigner le plus loin possible de cette créature. Aussitôt que je dépassai le poste de sauveteur, un énorme requin blanc sortit de l’eau et atterrit sur la plage avant de retourner dans les profondeurs sans sa proie que je venais d’enlever de sa trajectoire. Je m’effondrai par terre en fixant l’endroit d’où était sorti le requin.
— Je croyais qu’il disait ça juste pour me faire déguerpir.
Je ne pouvais pas détacher mes yeux de l’horizon, allais-je réussir à retourner dans cette mer après ça ? En plus, ce sont les requins les plus dangereux. Ils auraient dû savoir qu’il en avait dans les parages. Ils attaquent n’importe qui, n’importe quoi à n’importe quel moment. Ils peuvent sentir que tu as une égratignure avant même que tu ne le saches. J’entendais des bruits de pas et des cris tout autour de moi. Des gens se mirent à nous entourer pour vérifier que nous allions bien et parlaient de miracle. La mère de l’enfant que j’avais sauvé me serra dans ses bras pour me remercier. Cela me fit sortir de ma torpeur et mes yeux se posèrent directement sur Lizy et Jason. Leurs visages en disaient long sur ce qu’ils pensaient. Je crois que je n’avais plus de preuve à leur fournir après tout. Une fois tout le monde parti, je m’assis doucement dans le sable et continuai de fixer l’océan, mais où était-il passé ? Quand allait-il revenir ? Comment pouvait-on protéger tout le monde ? S’ils continuent à se baigner dans cette mer immense remplie de danger imprévisible, nous devrons être en alerte 24 heures sur 24. Ceci est inconcevable et surtout impossible. Il risquait d’avoir des accidents malgré tout, à moins qu’ils les pourchassent pour les éloigner ou les éliminer.
Plusieurs minutes passèrent, peut-être même des heures. Je n’avais plus la notion du temps, ce sauvetage m’avait ébranlé et ce n’était que le premier si je continuais à travailler ici.
Des gens passaient pour nettoyer la plage et inspecter les lieux à la recherche du monstre marin. La plage avait été fermée temporairement à cause de la présence de requins blancs également proches des côtes. Ils avaient essayé de me déplacer mais avaient décidé que je ne poserais pas de problème en restant là. J’imagine qu’il avait préféré me laisser là à fixer le vide que de devoir me sortir de ma torpeur de force. Je commençai, malgré tout, à ressentir le froid et les gens qui m’entouraient. Mais vint ensuite un bruit de pas qui me sortit de mon inaction.
— Salut toi, tu es encore là ?
La voix de Jason me fit sursauter.
— Oui, j’admire l’océan et je cherche une trace qui prouverait qu’il est encore là, quelque part.
— Normalement, quand ils ne trouvent rien, ils ne restent pas dans le coin. C’est pour cela que nous fermons la plage quand cela arrive. Question qu’ils comprennent qu’il n’a vraiment pas de nourriture ou d’occasion d’en avoir ici. Puis, habituellement, ils repartent d’où ils sont venus.
— Nous devrions les éliminer, nous aurions moins de problèmes.
— Tu ne les aimes vraiment pas on dirait.
— J’ai quand même failli finir dévorer par l’un d’entre eux tout à l’heure et en plus il s’en est pris à un enfant sans défense.
— En fait, nous aussi nous serions sans défense face à eux.
— Nous aurions au moins la capacité de comprendre ce qui se passe et de réagir.
— Oui, je sais, mais c’est la nature, nous n’y pouvons rien. À ce propos, félicitation, tu as passé le test tu es officiellement engagé.
— J’espère bien, à la grosseur qu’il avait, je ne voulais pas faire ça pour rien.
Je me mis à rire, c’est totalement idiot, je n’avais même pas eu le temps de vraiment réfléchir avant d’agir.
— Tu es plus courageuse que tu en as l’air.
— Merci, enfin je crois.
Il avait cessé de parler depuis un bon moment alors je lui dis au revoir et à demain. Puis je m’en allai en direction de chez moi. Je n’avais pas vu le temps passer, mais il faisait déjà sombre et je devais me reposer pour être d’attaque demain matin. Peu importe ce que je venais de faire, je voulais tout de même passer les tests comme tout le monde. Je n’avais aucune envie de passer pour l’héroïne qui bénéficie d’un traitement de faveur. Tout ce que je souhaitais c’était de travailler, d’oublier mes problèmes ou plutôt d’oublier la peine due à mon passé. Essayez de vivre avec ma souffrance et surtout je souhaite de vivre une vie totalement paisible et normale.
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