
Le Remord de mon Fiancé
Chapitre 6
Lorsqu'il n'est resté plus que cinq jours, j'ai présenté ma démission à l'école où j'enseignais.
À l'époque, pour rester avec Fabien, j'avais décliné l'offre de François de poursuivre mes recherches avec lui, choisissant plutôt de suivre Fabien et de m'installer comme enseignante à Rouville.
Mes collègues étaient tous stupéfaits par ma décision :
« Quoi, Sabrina, pourquoi démissionnes-tu ? »
« Tu nous as envoyé des faire-part de mariage la semaine dernière. Alors serais-tu en train de devenir une femme au foyer ? Fabien a vraiment de la chance ! » a plaisanté l'un d'eux.
Les bras chargés de mes affaires, j'ai souri et j'ai répondu simplement : « Non. Notre mariage est annulé. »
De retour chez moi, en ouvrant la porte, j'ai découvert à ma grande surprise Fabien, que je n'avais pas vu depuis une semaine, assis sur le canapé avec Liliane.
En voyant le carton que je portais, il a demandé instinctivement : « Pourquoi tu transportes tout ça ? »
J'ai trouvé rapidement une excuse : « C'est quelques affaires inutiles. »
Il a hoché la tête, puis, après un regard circulaire dans la pièce, il s'est étonné : « Je n'ai été absent qu'une semaine... Mais pourquoi la maison semble-t-elle si vide ? »
Après avoir rangé le carton dans la chambre, je lui ai répondis calmement : « J'ai simplement jeté quelques déchets inutiles. »
Il a semblé vouloir poursuivre, mais Liliane l'a interrompu : « Sabrina, ces derniers jours passés en voyage avec Fabien m'ont rendue si heureuse. Je veux aussi te remercier d'avoir accepté qu'il prenne des photos de mariage avec moi, réalisant ainsi mon rêve. »
Puis elle a proposé : « Je vous invite à dîner pour vous remercier de votre gentillesse. J'aurai encore besoin de votre aide quelque temps... J'espère que cela ne te dérangera pas ? »
J'ai discerné une lueur de satisfaction dans son regard, consciente qu'elle préparait sans doute quelque chose.
Depuis que j'avais reçu son test de grossesse, je n'avais manifesté aucune réaction, pas même interrogé Fabien. Les combats inutiles ne m'intéressaient plus. Dans cinq jours, je disparaîtrais définitivement de leur vie. Pour l'instant, je voulais donc simplement régler mes affaires une fois pour toutes avant mon départ.
Devant mon silence, les yeux de Liliane se sont emplis instantanément de larmes : « Fabien... Sabrina est fâchée contre moi ? Je sais que votre mariage est si proche, mais... »
Voilà, elle jouait une fois de plus la victime.
Fabien a froncé les sourcils et m'a réprimandée avec irritation : « Liliane veut sincèrement nous remercier. Pourquoi lui faire cette tête ? Ce n'est qu'un simple dîner, elle ne va pas t'empoisonner ! Tu viens avec nous, c'est non négociable ! »
Sans même avoir prononcé un mot, j'étais déjà jugée coupable.
Finalement, sous l'insistance de Fabien, je les ai accompagnés au restaurant.
Lorsque le serveur est venu prendre notre commande, à peine avais-je ouvert le menu que Fabien a déclaré : « Pas de plats trop gras ou épicés. Et surtout pas de sésame dans aucun plat. »
Quand les plats sont arrivés, il a servi soigneusement Liliane avant de pousser vers moi une assiette de grosses crevettes : « Liliane ne peut pas manger de fruits de mer en ce moment. C'est spécialement pour toi. »
En voyant ces crevettes, j'ai perdu immédiatement tout appétit et ai reposé ma fourchette : « Mais je suis allergique aux fruits de mer. »
Quelle ironie. Après cinq ans de relation, cet homme ignorait l'allergie de sa propre petite amie, mais connaissait par cœur les restrictions alimentaires de Liliane, jusqu'aux moindres détails comme son aversion pour le sésame.
Mon déclaration a laissé Fabien momentanément interdit. Quand son regard a croisé le mien, une rare expression de culpabilité y est apparue brièvement avant qu'il ne commande d'autres plats.
Mais mon appétit avait disparu. Je me suis contentée de siroter mon verre d'eau en silence.
Après le repas, alors que nous descendions les marches du restaurant, j'ai reçu un nouvel appel de Camille : « Sabrina, M. Yvon veut confirmer que tu refuses vraiment des congés supplémentaires ? Notre première expérience est classée secret-défense. Tu risques de ne pas pouvoir communiquer avec l'extérieur pendant un ou deux ans. »
Mon regard s'est posé sur Fabien et Liliane marchant devant moi. Il enlaçait délicatement sa taille pour l'aider à descendre.
J'ai répondu alors avec un calme absolu : « Ouais, j'en suis certaine. »
Camille a soupiré de soulagement : « Parfait ! M. Yvon craignait que ton attachement à ton futur mari ne te fasse hésiter. »
J'ai détourné les yeux et me suis éloignée dans la direction opposée : « À propos, mon mariage est annulé. Et je suis prête à le quitter. »
À peine avais-je prononcé ces mots qu'une voix perplexe a retenti derrière moi : « Qui va partir ? »
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