
Le Piège Doré de l'Amour Faux
Chapitre 3
« Il y a quelqu'un ? » a demandé Marc, la voix soudainement tendue.
Je me suis reculée dans l'ombre du couloir, le cœur battant à tout rompre. J'ai retenu mon souffle, priant pour qu'il ne sorte pas. Le silence est retombé, puis la conversation a repris, plus basse cette fois. Je me suis collée au mur, l'oreille tendue.
« Le médecin a été très convaincant, » a murmuré Marc. « Il a fait un travail impeccable. Personne ne saura jamais que le bébé était parfaitement viable. L'injection a été rapide. C'était la solution la plus propre. »
Une nausée violente m'a submergée. Ils avaient tué mon enfant. Ils l'avaient assassiné dans mon propre ventre, et j'avais pleuré sa "mort naturelle". La froideur de ses mots était inhumaine. Il ne parlait pas d'un bébé, mais d'un problème qu'on élimine.
« Oh, Marc... » a soupiré Chloé, sa voix tremblante. « Quand tu me le rappelles comme ça, je me sens si coupable. Pauvre Léa... et ce pauvre petit être... »
Sa culpabilité sonnait faux, comme une mauvaise pièce de théâtre. C'était une performance, destinée à apaiser sa propre conscience ou à séduire Marc avec sa prétendue sensibilité.
« Ne sois pas idiote, Chloé, » a répliqué Marc, impatient. « La culpabilité est une faiblesse. C'est toi, ma muse, mon génie. Tu mérites le monde. Tu ne pouvais pas être entravée par les caprices d'une grossesse ou la rivalité d'une danseuse vieillissante. J'ai nettoyé le chemin pour toi. C'est tout. N'y pense plus. »
Danseuse vieillissante. J'avais vingt-huit ans. Mon monde, mes espoirs, ma famille, tout avait été réduit à des "caprices" et des "obstacles".
Soudain, le téléphone de Marc a sonné de nouveau. C'était une autre ligne.
« Allô ? ... Oui, docteur. Le virement a bien été effectué sur le compte en Suisse. ... Oui, discrétion absolue, comme convenu. Votre silence a un prix, je le comprends parfaitement. ... Non, plus aucun contact. Oubliez mon nom. »
Il a raccroché. La preuve était là. Irréfutable. Un médecin corrompu. De l'argent. Un complot froid et calculé. Toutes mes illusions sur l'homme que j'aimais se sont évaporées, remplacées par une horreur glaciale.
Je devais partir. Mais je ne pouvais pas partir les mains vides. Mon téléphone. Il était dans la poche de mon peignoir. Tremblante, j'ai activé la fonction d'enregistrement vocal. Le son était étouffé, mais il capterait leurs voix.
« Bon, je vais la rejoindre, » a dit Marc. « Je dois continuer à jouer le mari parfait. C'est épuisant. »
« Sois prudent, mon amour, » a murmuré Chloé.
Mon amour. Ce mot, dans sa bouche, était une insulte.
Le bruit d'une chaise qui recule. Il allait sortir. La panique m'a saisie. Je ne pouvais pas le laisser me trouver là. Sans un bruit, j'ai reculé dans le couloir, puis je me suis retournée et j'ai marché aussi vite que possible vers la chambre. J'ai attrapé mon sac à main, y ai jeté mon portefeuille et mes clés. J'ai enfilé un manteau par-dessus mon pyjama, sans me soucier de mon apparence.
Chaque seconde comptait. J'ai entendu ses pas dans le couloir. Je me suis glissée hors de l'appartement par la porte de service, refermant doucement le verrou derrière moi. Dans l'escalier de service froid et sombre, je me suis appuyée contre le mur, le corps secoué de tremblements incontrôlables. J'ai appuyé sur le bouton "arrêter" de mon enregistreur. J'avais la preuve. Maintenant, il fallait survivre.
Vous aimerez aussi





