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Couverture du roman Le Pacte Du Diable

Le Pacte Du Diable

Rose Miller se retrouve piégée par un passé qu'elle n'a pas choisi. Bien qu'elle n'ait jamais rencontré son géniteur, elle doit aujourd'hui assumer le poids de ses actes criminels. Afin de garantir la survie de sa mère, la jeune femme est contrainte de conclure un pacte nuptial avec son pire ennemi. Pourra-t-elle supporter cette union forcée avec l'homme d'affaires impitoyable qui a juré de causer sa perte ? Un mariage sous haute tension commence.
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Chapitre 1

Rose 

- Rose, tu vas encore faire cette tête de vieille dame coincée ?

La voix de ma mère me tire brusquement de mes pensées.

Je lève les yeux vers elle et je la trouve déjà prête, maquillée, coiffée, habillée pour sortir... alors qu'on n'est même pas encore à dix-neuf heures.

-Maman, j'ai pas de tête de vieille dame, » je réplique en croisant les bras.

-Si, chérie. Tu as exactement cette tête. Celle de quelqu'un qui pense trop au lieu de vivre sa vie. »

Je souffle, exaspérée et amusée en même temps.

Avec elle, c'est toujours pareil : elle dramatise, elle rit, elle exagère... mais elle ne se prend jamais la tête.

C'est une énergie que j'admire autant qu'elle me fatigue.

-Et puis, on sort pas à une soirée de milliardaires, tu sais, » je ajoute.

-C'est juste un club. Encore. »

-Juste un club ? » Ma mère ouvre la bouche en feignant l'horreur. « Rose, ma fille, quand est-ce que tu vas arrêter de faire la rabat-joie ? Je travaille dans un bar, pas dans une bibliothèque. Tu devrais être habituée à un peu... d'ambiance. »

Je roule des yeux.

- C'est toi qui m'as forcée à venir. »

-Exactement. Et en tant que mère irresponsable mais adorable, je veux que tu t'amuses. Tu travailles trop, tu penses trop, tu stresses trop. Tu vas finir ridée à vingt-cinq ans si tu continues. »

Je ne peux pas m'empêcher de rire.

Voilà ma mère : un mélange explosif d'humour, de chaos et de philosophie de comptoir, mais aussi... un cœur immense.

Je m'appelle Rose Miller, j'ai vingt-deux ans, et ma mère, c'est Gina Miller, la version haïtienne, italienne, martiniquaise - je sais même plus - de Georgia dans Ginny & Georgia.

Sauf qu'elle, elle n'a pas la patience d'attendre une seconde quand elle a une idée en tête.

Je n'ai jamais connu mon père.

Et elle ne parle jamais de lui.

Pas un mot, pas une photo, pas un souvenir.

Comme s'il n'avait jamais existé.

Alors j'ai appris à ne pas poser de questions.

Ma mère travaille dans un bar de Palerme, un endroit bruyant où les clients l'adorent parce qu'elle les fait rire sans arrêt.

Elle a toujours été comme ça : insouciante, imprévisible, mais une mère qui ferait tout pour moi.

Tout sauf rester tranquille.

-Bon, tu t'habilles ? » dit-elle en tapant dans ses mains comme une gamine surexcitée.

-Je suis habillée.

Je montre mon jean noir et mon haut simple.

Elle fronce le nez.

-Non. Pas pour un club comme celui-là. Là-bas, tout le monde va croire que t'es la baby-sitter. Va mettre une robe, un truc qui dit "je suis jeune, confiante, je m'en fous du regard des autres".

-Je m'en fous du regard des autres, justement.

Elle soupire, dramatique.

-Rose, tu es belle. Pourquoi tu caches ça ?

Je baisse les yeux.

Je déteste quand elle me met en valeur.

J'ai toujours l'impression qu'elle essaie de compenser quelque chose... un manque, un vide.

-Laisse-moi tranquille avec ça.

Elle s'adoucit aussitôt.

Ma mère, malgré son caractère volcanique, comprend toujours mes failles avant que je parle.

-D'accord, ma chérie. Tu mets ce que tu veux. Mais promets-moi juste une chose.

-Quoi ?

Elle penche la tête, un sourire tendre au visage.

-Promets-moi de profiter. Ce soir, on sort juste toi et moi. Comme quand t'étais petite.

Je hoche la tête.

Pour elle, je le ferai.

Toujours.

---

Le club est à trente minutes en voiture, perdu dans un quartier où les néons remplacent les étoiles.

Le bâtiment est immense, sombre, avec une file qui serpente jusque dans la rue.

Je regarde la foule, l'odeur de parfum, de luxe et de danger qui flotte dans l'air.

Ce n'est clairement pas le genre de sorties que j'aime.

Mais ma mère, elle, avance comme si elle marchait sur un tapis rouge.

-Gina ! » crie un des videurs en la reconnaissant.

Ils s'embrassent sur les joues.

Comme d'habitude, elle connaît tout le monde.

Moi, je la suis, un peu nerveuse.

Quand on entre, la musique explose dans mes oreilles.

Des lumières rouges balayent la salle.

Des gens dansent, rient, s'embrassent.

Ambiance typique, sauf que tout ici respire l'argent, le pouvoir... et l'interdit.

Je me dirige vers le bar, mais ma mère m'arrête.

-Non non non. Tu vas danser un peu avant de te coller à un verre.

-Je veux juste regarder.

-Regarder quoi ? Les murs ? Allez viens.

Elle me tire par la main.

Et c'est là que je le vois.

Au fond du club, dans une zone surélevée réservée aux VIP, un homme assis dans l'ombre.

Costume noir, posture droite, regard fixe.

Nos yeux se croisent une seconde.

Une seconde de trop.

Je fronce les sourcils.

Il me détaille, lentement, comme s'il évaluait chaque mouvement, chaque respiration.

Je déteste ce genre d'hommes.

Ceux qui pensent que tout leur appartient.

Les arrogants.

Les puissants.

Les mafieux.

Je détourne les yeux.

Mais je sens qu'il continue de me regarder.

Je suis peut-être beaucoup de choses, mais certainement pas soumise.

Et ce regard... j'ai envie de le briser.

Je me tourne volontairement vers ma mère, me penche à son oreille pour lui parler, pour lui montrer que je l'ignore complètement.

Mais quand je relève la tête, il s'est levé.

Et il s'approche.

Il marche avec une assurance froide, silencieuse.

Je ne bouge pas, par fierté.

Par défi.

Il s'arrête devant moi.

Pas trop près.

Juste assez pour imposer sa présence.

-Tu n'as pas l'air d'aimer cet endroit, » dit-il d'une voix grave.

-J'aime juste pas les gens qui se croient supérieurs, » je réponds aussitôt.

Ses lèvres s'étirent légèrement.

Pas un sourire.

Plutôt une curiosité dangereuse.

-Intéressant.

-Je ne suis pas là pour t'intéresser.

Il incline la tête.

-Je me trompe peut-être, mais... tu donnes l'impression d'être très... docile.

Je bloque.

Docile ?

Moi ?

Je ris.

Un rire sec.

-Tu te trompes complètement.

Il allait répondre, mais ma mère surgit derrière moi avec son énergie habituelle.

-Rose ! Viens, j'ai trouvé une table ! Oh... bonsoir monsieur.

L'homme se fige.

Mes yeux passent de lui à ma mère.

Elle ne le reconnaît pas.

Mais lui... si.

Il la fixe, comme si quelque chose cliquait dans son esprit.

Et en une seconde, son regard sur moi change.

Plus sombre.

Plus décidé.

Comme si j'étais devenue une réponse à une question qu'il se posait depuis longtemps.

-Venez avec moi, » dit-il.

Pas une demande.

Un ordre.

Avant que je réagisse, il prend ma mère par le bras.

Je proteste.

-Hé ! Lâchez-la !

Mais il nous pousse vers la sortie, entouré soudain de deux hommes que je n'avais même pas vus.

En quelques secondes, la porte de la limousine s'ouvre.

Je sens la panique monter.

-Maman ?!

-C'est rien, chérie, peut-être qu'il veut juste-

Elle n'a pas le temps de finir.

Il me pousse à l'intérieur.

La porte claque.

Je réalise que je viens d'être capturée.

Par cet homme.

Par Théo Santoro.

Ou comme tout Palerme le connaît...

Don Nero.

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