
Le monde d'Hugo ou comment vivre avec ?
Chapitre 2
Pour un confort de lecture, l’écriture en italique se situe à l’époque du narrateur.
Il était une fois, au début du XXIIe siècle, un homme qui voulut devenir président par la force du désespoir.
Ce n’est pas qu’il était attiré par la fonction et par la politique. La politique, dans son pays, ressemblait plus à un panier de crabes. Chacun faisait croire qu’il voulait manger l’autre, mais au fond, ils étaient tous compromis. La compromission passait par la loyauté à l’école, l’université et les sociétés de rencontre privées. Ces sociétés de rencontre privées avaient leurs rites de passage et leurs systèmes d’évolution pour devenir grand maître. Ce qui caractérisait ces clubs, c’était la loyauté en dehors du club. Quelle que soit la fonction d’un adepte du club dans sa vie publique, il devait soutenir, bec et ongle, les membres de son club. Imaginez un truand et un juge faisant partie du même club ! Il était sûr que le truand se retrouverait acquitté.
Bien sûr, si un club faisait une offre publique d’achat sur tous les autres clubs et devenait le club majoritaire, imaginez-vous bien que la démocratie devenait pure illusion et que le grand maître obtenait un pouvoir d’une importance capitale pour ces concitoyens. Si ce grand maître était dans l’amour de ses proches, cela pouvait passer ! Mais si ce grand maître se comportait en tyran, dans un système de loyauté au chantage, cela devenait une dictature.
Donc le vote démocratique était une illusion, vu que tous les hommes et femmes politiques de son époque faisaient partie de ces clubs privés.
Cet homme, Hugo, qui voulait devenir président, avait des métiers qui le passionnaient. Ils’occupait, avec sa femme, d’enfants qui ne pouvaient plus vivre avec leurs parents. Ces enfants vivaient dans sa maison, avec ses propres enfants. Sa famille était donc engagée depuis une dizaine d’années dans cette démarche. Il accueillait des enfants de différentes nationalités, cultures et religions. Cette famille avait appris à accueillir la différence et à faire avec. S’il y avait une constante dans ce type de métier, c’était le « vivre avec ». Les enfants avaient parfois des comportements déstructurés, pouvant aller jusqu’à des actes de folies comportementales. Ces actes devaient être contenus par notre homme et sa femme, de la façon la plus respectueuse possible. C’était un métier compliqué et dur, car il imposait à notre homme et sa femme une responsabilité 24/24 et 365 jours par an. Quand ils partaient en vacances et qu’ils mettaient des salariés pour les remplacer, il était assez courant qu’ils soient dérangés pour régler un problème relationnel. Ce qui est sûr, c’est que Hugo avait appris beaucoup des relations humaines, grâce à ce métier exigeant.
Hugo avait également d’autres fonctions. Il coupait le feu, soignait quelques douleurs ligamentaires et trouvait de l’eau. Grâce à sa faculté à soigner les brûlures, il pouvait préparer les gens qui avaient des séances de rayon lors de soins liés au cancer. Le cancer était une maladie courante à son époque. Il était dit que cette maladie venait des gènes et que si quelqu’un de ta famille l’avait, tu pouvais l’avoir.
Aujourd’hui, nous savons que cette explication est un peu simpliste et qu’il s’agit de facteurs multi causals, allant de l’alimentation au stress, à la gestion des émotions, au cadre de vie et au vécu transgénérationnelLe point commun entre tous les cancers était que les gens pouvaient demander inconsciemment à leurs propres cellules corporelles de se suicider car ils avaient le sentiment de se sentir tous coupables de quelque chose au fond d’eux.
Son dernier métier était psychopraticien. Si aujourd’hui ce métier est évident pour tout le monde, à son époque, il était considéré comme un métier de gourou et d’empêcheur de tourner en rond. En effet, un être humain qui s’éveillait à la conscience de qui il était vraiment, passait pour sa famille comme un fou illuminé, manipulé forcément par une force extérieure. Vu que l’éveil était le métier de psychopraticien, cela en faisant donc un métier compliqué dans l’exercice d’une fonction, pas du tout reconnue sur un plan social. Toutefois, notre homme faisait cela de façon assez discrète pour rester relativement neutre socialement.
Il faisait un autre métier qui le divertissait, il fabriquait des salopettes sur mesure. Il travaillait pour cela avec un tailleur et une couturière. Le tailleur avait un âge avancé et était un grand spécialiste dans son œuvre de tailleur. La couturière était toute jeune et arrivait avec la fougue et la passion de cette jeunesse. Notre homme aimait les salopettes, un peu comme une madeleine de Proust vestimentaire. Il pensait qu’il fallait recommencer à fabriquer des vêtements localement, car dans la société de cette époque, les vêtements étaient fabriqués à 10 000 km de leur lieu de commercialisation.
Une aberration écologique et sociale qu’aujourd’hui nous ne comprenons pas, mais les hommes de cette époque-là voyaient le monde par le paradigme du profit et de toujours plus de profit.
Le profit exponentiel était leur crédo. L’expansion de leur puissance était proportionnelle à la loi de l’expansion de l’univers.
En soi, et nous le savons bien aujourd’hui, l’expansion de l’individu dans sa puissance est un bienfait pour le collectif, dans la mesure où cette puissance est générée par l’individu lui-même.
Or à cette époque, les individus tout puissants nourrissaient leur puissance sur le dos des autres.
Comment faisaient-ils ?
Ils faisaient croire aux individus que s’ils travaillaient pour eux et qu’ils suivaient toutes leurs consignes, ils deviendraient, eux aussi, riches et puissants. Bien sûr, cela était faux. Et les individus étaient naïfs. Les expressions employées à cette époque-là étaient, la promotion sociale, l’école comme vecteur de libération de l’être humain, la santé pour tous, la retraite obligatoire, le chômage, le progrès social et l’Intelligence Artificielle (IA), nouveau maître de la pensée de l’être humain. En gros, si l’IA le disait, c’est que c’était vrai.
Et vous savez bien, mes amis, comment aujourd’hui nos humoristes se délectent de ces concepts, paraissant complément irrationnels de nos jours. Pourtant, dans la société de cette époque, le collectif avait pris l’initiative de soumettre l’individu.
Comment ?
En lui faisant croire que sans le collectif il serait mort, que sans le collectif il serait inutile, que sans le collectif il serait en mauvaise santé. Donc les gens de pouvoir de cette époque avaient tout fait pour amplifier cette croyance, en mettant les individus sous dépendance de santé, nourriture et de gestion de leur temps. Vous vous rendez compte qu’à cette époque-là, les individus, se retrouvaient par millions, voir par milliards à regarder une boîte à images qui leur disait, à tous, ce qu’ils devaient penser et comment ils devaient penser. C’était une époque magique pour les grands hypnotiseurs de ce monde. Pouvoir hypnotiser des milliards de personnes en même temps et quotidiennement ! C’était magique ?
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