
Le monde d'Hugo ou comment vivre avec ?
Chapitre 3
Nous savons aujourd’hui que cette magie était une illusion fabriquée par des tout puissants cherchant à se nourrir sur le dos de la masse. Les individus, sachant aujourd’hui qui ils sont et ayant conscience de leur puissance, ne pourraient plus tomber dans le panneau.
Enfin, je l’espère…
Cette digression montre du chemin que nous avons fait entre Hugo, fabricant des salopettes et ce qu’il est aujourd’hui dans la mémoire collective.
Cet homme aux multiples facettes aimait aussi la musique et le chant. Même si sa carrière de chanteur avait commencé tôt, ayant fait son premier spectacle à 5 ans. Ayant alors reçu des moqueries, il s’arrêta de chanter en public, jusqu’à ses 40 ans, où il prit de nouveau le risque d’écrire des chansons et de les produire. Mais comme tout ce qui faisait peur à Hugo, il le faisait en catimini pour lui et ses proches. Car le monde social de cette époque lui faisait peur. Il aimait la relation aux autres, mais il avait une appréhension maladive des hommes de pouvoir. C’est comme s’il sentait venir leur pouvoir inquisiteur à trois kilomètres.
Pour braver sa peur, il participa plusieurs années à une comédie musicale où il interprétait des chansons des autres, moins engageantes pour lui. Et donc il commença à appréhender la scène et à chanter devant le monde social.
Il faut savoir et c’est important pour comprendre son cheminement, que tout ce qui sortait de sa tête par écrit ou dans un discours ou une chanson, était directement un don de lui, sans filtre. Il donnait ses mots pour se libérer de ses maux. Son honnêteté et son authenticité à dire ce qu’il pensait pouvaient être considérées comme une faiblesse, à cette époque. Aujourd’hui, nous savons que cela est une force, comme la sensibilité, le ressenti et l’instinct.À son époque, pleurer dans un talk-show hypnotique était considéré comme une faiblesse et était méprisé par l’ensemble de la communauté. Aujourd’hui, cela fait sourire.
Mais pourquoi notre homme s’est mis à cette époque dans l’idée de vouloir être président ?
Il avait conscience de son pouvoir personnel et détestait la toute-puissance. Il voulait être puissant pour lui, mais surtout pas tout puissant pour les autres. Il savait que ce qu’il l’avait fait grandir dans sa réflexion était : La Question.
Il s’était posé beaucoup de questions sur la gestion de la relation de lui avec les autres et de lui avec lui-même. Il en était arrivé à la conclusion que rien n’était gravé dans le marbre et que l’évolution de son monde et de celui des autres était interdépendante. Si lui changeait son monde, le monde extérieur pouvait changer. Il avait compris aussi ce qu’était la résonnance. Celle-ci était le moyen utilisé par les grands hypnotiseurs, pour faire passer une croyance sous forme de réalité. Plus le média résonnait fort, plus il était efficace.
Dans cette grande période d’hypnose sociale, les croyances étaient légion.
Il y eut les croyances idéologiques qui finissent en « isme », communisme, capitalisme, socialisme, etc. Elles prenaient des tournures plus ou moins démocratiques et plus ou moins libérales en fonction des opportunités. Les grands raisonneurs, Maître de l’hypnose, savaient utiliser ces concepts avec merveille pour contrôler les individus et s’en servir comme des esclaves à nourrir leur richesse personnelle. Les maîtres étaient faciles à identifier, ils avaient tous des milliards d’argent sur des comptes bancaires. D’ailleurs, ils s’en vantaient et les esclaves ne voyaient rien. Comme il se disait à l’époque « plus c’est gros, plus ça passe ». Pour savoir si un individu est bien sous l’emprise d’une croyance, il suffit d’amplifier légèrement la croyance et de voir s’il réagit. S’il ne réagit pas, c’est acquis. S’il réagit trop, il suffit de revenir légèrement en arrière, d’attendre que l’esprit s’apaise, et de trouver une opportunité pour reprendre le chargement du programme d’hypnose.
Ce qui a déclenché une volonté chez Hugo de devenir président est la fameuse crise sanitaire des années 2118. Aujourd’hui, c’est un sujet étudié de façon classique dans nos écoles et universités.
Cette crise est arrivée par le biais d’un virus fabriqué dans un laboratoire spécialisé dans la manipulation génétique. Ce virus est sorti de ce laboratoire.
De quelle façon, vous voulez le savoir ?
Il y a des matins comme ça ou nous ferions mieux de rester couchés. C’est ce qui est arrivé à Paolo. Sa copine l’avait embrouillé toute la soirée pour une histoire de collègue avec qui il était sorti le soir d’avant. Ainsi, Il était arrivé tard dans la nuit, ou plutôt tôt le matin, avec la gueule de bois. Suspicieuse, elle voulait tout savoir sur avec qui ? Paolo était saoul mais avait un principe de base : « No Zob in job », pas de sexe dans le travail. Il en avait marre de sa copine jalouse compulsive et il en avait marre des procédures qui, quotidiennement, lui prenaient la tête. Pourtant, dans son métier de biologiste, dans un laboratoire de manipulation génétique sur des virus, les procédures faisaient légion. Ce matin-là, à la pause de 10 h, il sortit prendre son café dehors, en fumant une cigarette, sans prendre toutes les précautions nécessaires. Il se retrouva donc porteur du virus qu’il venait de modifier génétiquement et il le partagea, sans le savoir avec Juliette, Patrick, Roméo, Didier et Michelle qui faisaient une pause en même temps que lui.
Les lois de l’exponentiel ont fait le reste et la diffusion et la multiplication de cette épidémie est partie de là.
Ce virus s’était diffusé très rapidement et c’est sur cette rapidité à se diffuser que les raisonneurs avaient hypnotisé les gens.
Le principe de base utilisé pour cette manipulation était la peur de la mort. Cela était facile dans une société où un certain confort avait mis les individus dans le déni de cette même mort, de ses causes et de ses conséquences. Les individus de cette époque vivaient dans la peur de mourir et avaient une obsession à vivre le plus longtemps possible. Je parle des pays dits « civilisés » car les pays dits « du tiers monde » étaient moins touchés par la peur de mourir, car la mort faisait encore partie de leur quotidien.
Les gouvernants ont donc fabriqué, de toute pièce, les morts liés à ce virus. Tout d’abord pour faciliter l’hypnose, ils ont donné un non commercial ou publicitaire à ce virus, « Virologue18 », « le virus parlant de l’année 18 ». L’hypnose passait par la simplicité. Pour l’inconscient collectif, le « virus parlant » attaquait l’ADN des individus et les tuait, avec des symptômes qui pouvaient appartenir à n’importe quelle autre maladie. L’objectif étant de mettre en place la confusion. Après, il était facile de dire que tous les gens qui mouraient, décédaient du Virologue18. Mourir d’un problème pulmonaire, Virologue18, d’une grippe, Virologue18, d’un cancer, Virologue18 ! Toutes les morts étaient attribuées au Virologue18. Les chiffres ont donc pu être gonflés, artificiellement et facilement, grâce à la méconnaissance et la naïveté de la population, sous terreur de la mort.
Il y a bien eu des morts de ce virus. Mais aucune mort ne put être vérifiée par une autopsie, ce qui est la base pour travailler sur une épidémie. D’ailleurs, celle-ci était interdite dans son pays.
Le deuxième point fut de faire un glissement sémantique. Le premier changement de vocabulaire fut le mot pandémie.
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