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Couverture du roman   Le Milliardaire Sans Cœur

Le Milliardaire Sans Cœur

Lily, amnésique et recueillie par les Blackwood, subit un quotidien d'esclave au sein de cette riche famille. Seule son amie Aya l'aide à supporter ces abus. Sa vie bascule quand elle rencontre Dimitri Varlos, un milliardaire impitoyable surnommé le Loup solitaire. Malgré la froideur de cet homme marqué par les trahisons, l'esprit rebelle de Lily ébranle ses certitudes. Entre sombres secrets du passé et rivalités, ce tyran pourra-t-il devenir son sauveur ?
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Chapitre 2

Chapitre 2

Les portes s'étaient refermées derrière elle avec un bruit sourd, comme un couperet. Lily n'avait pas osé bouger, ses pieds collés au sol immaculé. Tout semblait trop grand, trop brillant, trop étranger. Le silence, pesant et glacial, résonnait dans ses oreilles, plus insupportable que les bruits de sirènes ou les cris des ruelles. Elle avait voulu regarder autour, voir si quelqu'un la remarquerait, mais tout ce qu'elle avait croisé, c'était des regards indifférents. Des ombres passaient, rapides, silencieuses, sans jamais lui adresser un mot.

Mme Blackwood s'était avancée d'un pas mesuré, comme si chaque mouvement était chorégraphié pour impressionner. Son sourire n'avait rien d'accueillant. « Bienvenue, Lily. Je suppose que tu comprends la chance que tu as. Peu d'enfants dans ta situation obtiennent une seconde chance. »

Lily n'avait rien répondu. Pas parce qu'elle ne voulait pas, mais parce que sa gorge semblait incapable de produire un son. Mme Blackwood avait continué comme si elle n'attendait pas vraiment de réaction.

« Ici, nous avons des règles. Tout le monde contribue, tout le monde respecte l'ordre. Je m'attends à ce que tu comprennes cela rapidement. »

Elle n'avait rien expliqué de plus. Pas de mots rassurants, pas de chaleur. Juste un regard appuyé, un avertissement silencieux.

Lily avait suivi sans poser de questions. Elle avait l'impression qu'on l'avait parachutée dans un monde qui n'était pas le sien, un monde où les tapis étaient trop doux, où les lustres ressemblaient à des cages dorées suspendues au plafond. Elle aurait pu se perdre dans cet espace infini, mais même ça, elle savait qu'on ne le lui permettrait pas.

Le grenier était sombre et poussiéreux, mais c'était là qu'on l'avait installée. Un matelas mince posé à même le sol, une couverture qui sentait le renfermé. Pas un mot d'explication, pas une main tendue. Les portes s'étaient refermées derrière elle, et elle était restée seule, le souffle court, les bras serrés autour de ses genoux.

Elle aurait pu pleurer, mais elle ne l'a pas fait. Les larmes, elle avait appris, ne servaient à rien. Alors elle s'était recroquevillée, les yeux fixés sur les ombres dans le coin de la pièce, écoutant les bruits étouffés de la maison en contrebas.

C'est le lendemain qu'elle avait rencontré Aya. Une silhouette fine, des cheveux tirés en arrière, des gestes rapides et précis. Lily l'avait vue passer avec un plateau chargé d'assiettes, les déposer sans un mot avant de disparaître à nouveau. Mais plus tard, quand elle avait été envoyée pour « apprendre » à nettoyer le salon, Aya était apparue à ses côtés.

« Tu t'appelles Lily, c'est ça ? »

La voix était douce, sans être mielleuse. Un ton qui ne cherchait pas à dominer. Lily avait hoché la tête, hésitante.

Aya avait souri. Pas un grand sourire éclatant, juste un léger étirement des lèvres, comme si elle ne voulait pas effrayer la gamine. « T'inquiète pas. Ça va aller. »

Mais Lily savait que ce n'était pas vrai. Rien n'allait aller. Pas ici. Pas avec cette femme froide qui la regardait comme un insecte, pas avec cet homme en costume qui ne lui avait même pas adressé un mot depuis son arrivée.

Aya lui avait montré comment tenir un chiffon, comment frotter les meubles sans laisser de traces. Lily imitait ses gestes sans poser de questions. Mais Aya avait remarqué ses mains tremblantes, ses yeux fuyants.

« Tu n'es pas obligée de tout faire parfaitement, tu sais. Ils trouvent toujours quelque chose à redire, de toute façon. »

Lily avait levé les yeux, surprise. Aya haussa les épaules. « Ils sont comme ça. Tu fais de ton mieux, c'est tout. Et si tu as des problèmes, viens me voir. »

C'était la première fois depuis des jours que quelqu'un disait quelque chose d'aussi simple, d'aussi humain. Lily avait hoché la tête, incapable de parler.

Les jours suivants, elle avait appris à éviter Mme Blackwood. La femme était partout et nulle part à la fois, ses talons claquant sur le marbre comme un métronome. Elle surveillait tout, repérait la moindre imperfection. Et quand elle trouvait une faute, même la plus insignifiante, son regard devenait glacé, sa voix tranchante.

« Lily, est-ce que tu sais à quel point cette maison coûte cher ? » avait-elle demandé un jour, découvrant une trace de poussière sur un meuble. « Chaque détail compte. Chaque erreur est une insulte à notre générosité. »

Lily avait baissé la tête, honteuse, bien que la honte ne soit pas la bonne émotion. Ce n'était pas de la honte, c'était de la colère. Une colère sourde, enfouie sous des couches de peur et de fatigue.

Aya était toujours là, discrète mais présente. Quand Lily faisait une erreur, Aya la couvrait. Quand Mme Blackwood devenait trop dure, Aya trouvait une excuse pour éloigner la petite. Mais même Aya ne pouvait pas tout protéger.

Un soir, alors que Lily nettoyait l'argenterie, M. Blackwood était entré dans la pièce. Il ne l'avait pas regardée, ne lui avait pas parlé. Mais sa simple présence avait suffi à la mettre mal à l'aise. Il avait pris un verre de whisky, s'était assis dans un fauteuil, et avait commencé à lire.

Lily avait continué son travail, ses mains tremblantes, ses oreilles à l'écoute du moindre bruit. Elle n'aimait pas cet homme. Il était toujours silencieux, toujours distant, mais il y avait quelque chose dans sa façon d'exister qui la mettait sur ses gardes.

Quand elle avait fini, elle avait essayé de s'éclipser. Mais sa voix l'avait arrêtée.

« Lily. »

Elle s'était figée.

« Tu comprends ce que signifie être ici, n'est-ce pas ? »

Elle n'avait pas osé répondre.

« Ça signifie que tu nous appartiens maintenant. »

Les mots étaient tombés comme une pierre. Il avait repris son verre, sans un autre regard.

Cette nuit-là, Lily n'avait pas dormi. Elle avait fixé le plafond, ses poings serrés sous les couvertures. Elle n'appartenait à personne. Elle le savait, au fond d'elle. Mais ici, dans cette maison, elle n'avait aucun moyen de prouver le contraire.

Aya était montée la voir le lendemain matin. Elle avait apporté un morceau de pain, qu'elle avait tendu à Lily sans un mot.

« Tu dois manger », avait-elle dit simplement.

Lily avait pris le pain, mais au lieu de le manger, elle avait posé une question.

« Pourquoi tu m'aides ? »

Aya avait haussé les épaules. « Parce que personne d'autre ne le fera. »

Lily avait regardé le pain dans ses mains, ses pensées un tourbillon de peur, de gratitude et de rage.

Elle ne savait pas encore comment, mais elle savait qu'un jour, elle partirait d'ici. Et elle ne regarderait jamais en arrière.

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