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Couverture du roman   Le Milliardaire Sans Cœur

Le Milliardaire Sans Cœur

Lily, amnésique et recueillie par les Blackwood, subit un quotidien d'esclave au sein de cette riche famille. Seule son amie Aya l'aide à supporter ces abus. Sa vie bascule quand elle rencontre Dimitri Varlos, un milliardaire impitoyable surnommé le Loup solitaire. Malgré la froideur de cet homme marqué par les trahisons, l'esprit rebelle de Lily ébranle ses certitudes. Entre sombres secrets du passé et rivalités, ce tyran pourra-t-il devenir son sauveur ?
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Chapitre 3

Chapitre 3

On lui avait donné un seau, un balai et une liste. Lily avait appris à lire en déchiffrant des ordres griffonnés sur un bout de papier. « Nettoyer la cuisine. Balayer le couloir. Repasser les chemises. » Les mots étaient froids, impassibles, sans jamais rien qui ressemble à un « merci » ou un « s'il te plaît ». À huit ans, elle ne savait déjà plus ce que c'était, la douceur.

Un matin, on l'avait réveillée avant l'aube. Pas avec des paroles, mais avec un coup sur la porte de sa petite chambre. « Lève-toi, paresseuse ! » C'était James, le fils aîné des Blackwood. Quinze ans, la voix déjà rugueuse de mépris, le genre à frapper fort là où ça faisait mal.

Elle s'était levée sans protester. C'était inutile. Protester, ici, c'était comme parler dans le vide. Elle avait attrapé ses vêtements, les mêmes qu'elle portait tous les jours, des vêtements usés que personne ne voulait plus.

Dans la cuisine, il y avait un autre mot d'ordre. « Va chercher du bois pour la cheminée. » Il faisait froid dehors. La peau de ses mains brûlait dès qu'elle touchait les bûches. Mais elle n'avait pas le choix. Ses doigts saignaient parfois, mais elle ne pleurait pas. Pleurer, elle l'avait appris, c'était un luxe qu'elle ne pouvait pas se permettre.

Quand elle revenait, James ou sa sœur, Clara, trouvaient toujours une raison de la rabaisser. Ils riaient d'elle, de ses vêtements, de ses mains sales. « Tu penses que tu fais partie de cette famille ? » lançait Clara, un sourire mauvais aux lèvres. « Tu n'es qu'une employée. Non, pire. Tu es une charité. »

Lily ne répondait jamais. Elle se contentait de baisser la tête et de continuer à travailler.

Un jour, Clara avait eu une idée particulièrement cruelle. « On va jouer à un jeu », avait-elle dit en traînant Lily dans le jardin. Elle avait les cheveux parfaitement coiffés, une robe impeccable, et ce regard qui ne présageait rien de bon.

« Tu vas attraper ça. » Elle avait lancé une balle dans les buissons épineux.

Lily avait hésité. Juste une seconde. Mais Clara n'avait pas apprécié. « Tu es sourde ou quoi ? Va la chercher ! »

Lily s'était accroupie, ramassant la balle au milieu des épines. Elle sentait les griffures sur ses bras, mais elle n'avait pas crié. Quand elle avait ramené la balle, Clara avait éclaté de rire. « Regarde-toi. Tu es pathétique. »

James était arrivé à ce moment-là, une canne en bois à la main. Il l'avait tendue à Lily. « Nettoie ça », avait-il dit, désignant le bas de ses chaussures. Il n'y avait rien de drôle là-dedans, mais Clara riait à s'en tenir les côtes.

Lily avait pris la canne. Elle avait nettoyé les chaussures. Et elle avait prié, en silence, pour que ça finisse.

Aya était la seule personne qui la voyait vraiment. La seule qui, parfois, lui parlait comme si elle était une enfant normale. Quand elle voyait les marques sur ses bras, elle soupirait. « Ces gamins sont des monstres. Mais un jour, tu t'en iras, Lily. Un jour, tu quitteras cette maison. Et tu vivras la vie que tu mérites. »

Aya lui racontait des histoires pendant les pauses, des récits de jeunes filles qui s'échappaient, qui trouvaient leur liberté. Lily écoutait, accrochée à chaque mot. C'était son seul refuge, ces histoires. Le reste du temps, elle survivait.

Un soir, après une journée particulièrement difficile, Aya l'avait prise à part. « Je vais t'apprendre quelque chose », avait-elle dit en sortant un carnet de sa poche. « C'est un secret. »

Lily avait écarquillé les yeux. « Qu'est-ce que c'est ? »

Aya avait souri. « C'est pour toi. Pour que tu n'oublies pas. Chaque fois que tu as envie de crier, de pleurer, ou de frapper quelqu'un, écris ici. Écris ce que tu ressens, ce que tu veux dire. »

Lily avait pris le carnet, hésitante. Elle n'avait pas beaucoup de mots, pas encore. Mais elle s'était promis d'essayer.

Le lendemain, pendant qu'elle nettoyait l'argenterie, Clara avait renversé un verre de jus sur le sol. « Oups », avait-elle dit avec une fausse innocence. Puis elle avait pointé Lily du doigt. « Nettoie ça. »

Lily s'était agenouillée sans rien dire. Mais cette fois, elle ne pensait pas seulement au sol. Elle pensait au carnet dans sa poche, au stylo qu'Aya lui avait donné. Elle pensait à tout ce qu'elle écrirait ce soir, à tout ce qu'elle aurait voulu hurler à Clara.

Les humiliations continuaient, mais Lily trouvait des moyens de les supporter. Parfois, c'était un mot qu'elle griffonnait en cachette. Parfois, c'était un regard échangé avec Aya, un regard qui disait : « Je tiendrai bon. »

Un jour, James avait décidé qu'il était temps de la « tester ». Il lui avait donné une assiette en porcelaine, l'une de celles qui coûtaient une fortune. « Si tu la casses, tu es finie », avait-il dit avec un sourire carnassier.

Lily avait tenu l'assiette entre ses mains tremblantes. Elle avait senti le poids de leurs regards, de leurs attentes. Mais elle n'avait pas craqué. Elle avait posé l'assiette sur la table, lentement, prudemment. Et elle avait relevé les yeux.

James n'avait pas aimé ça. Pas du tout. Il avait saisi l'assiette et l'avait jetée par terre. Le bruit du verre brisé résonnait encore dans ses oreilles quand Mme Blackwood était arrivée.

« Lily ! Qu'est-ce que tu as fait ? »

Elle avait voulu répondre, mais James avait pris les devants. « Elle est maladroite. Je lui avais dit d'être prudente. »

Mme Blackwood avait secoué la tête, les lèvres pincées. « Tu n'apprendras donc jamais. »

Lily s'était tue. Parce que parler, ici, c'était pire que de se taire.

Mais cette nuit-là, elle avait écrit dans son carnet. Elle avait griffonné des mots en colère, des mots qu'elle n'aurait jamais osé dire à voix haute. Et quelque part, au fond d'elle, elle savait qu'elle ne resterait pas ici pour toujours.

Un jour, elle partirait. Elle trouverait sa liberté. Et ces murs glacés ne seraient plus qu'un souvenir.

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