
Le Milliardaire Possessif
Chapitre 2
Chapitre 2
Le lendemain matin, Léna rejoignit son père pour le petit-déjeuner, mais elle sentait déjà l'atmosphère tendue. Assis à l'autre bout de la table, Victor Moreau semblait perdu dans ses pensées, une expression sombre et inquiète figée sur son visage. Il n'avait pas prononcé un mot depuis qu'elle était entrée, et Léna, consciente que quelque chose le tracassait, hésitait à briser le silence.
Enfin, il releva la tête vers elle, son regard sérieux planté dans le sien. « Léna, il y a quelque chose dont j'aimerais te parler », déclara-t-il d'un ton plus grave que d'habitude.
Léna posa sa tasse de café, attentive. Elle devinait qu'il s'agissait de Gabriel Beaumont. Depuis leur rencontre la veille, elle n'avait cessé de repenser à cette figure imposante, cet homme aux paroles énigmatiques et au sourire troublant. Elle espérait obtenir enfin des réponses.
« Je sais que tu l'as rencontré hier dans le jardin, » reprit Victor, la voix basse et mesurée. « Et je veux que tu comprennes bien : cet homme n'est pas quelqu'un de fiable. Il a... un passé compliqué et des méthodes douteuses. »
Léna fronça les sourcils. « Mais papa, tu ne m'as toujours pas dit pourquoi tu traites avec lui si tu ne lui fais pas confiance. Pourquoi ne pas simplement l'écarter de nos affaires ? »
Victor soupira, visiblement frustré. « Si c'était aussi simple... Il y a des alliances que l'on n'a pas le luxe de refuser. Gabriel Beaumont possède des parts importantes dans certains projets qui, malheureusement, touchent nos intérêts. Je ne peux pas tout t'expliquer en détail, mais fais-moi confiance : mieux vaut que tu restes loin de lui. »
Ce discours ne faisait qu'attiser sa curiosité. Léna n'était pas une enfant naïve ; elle comprenait que dans le monde des affaires, tout n'était pas blanc ou noir. Pourtant, la manière insistante avec laquelle son père la mettait en garde contre Gabriel éveillait en elle une soif de comprendre. « Papa, je suis adulte. Tu ne peux pas juste me dire de rester loin de lui sans m'expliquer pourquoi. Je mérite de savoir. »
Victor la regarda avec une certaine tendresse, mais son visage restait ferme. « Léna, je ne veux pas que tu te mêles de cette histoire. Gabriel n'a rien de bon à t'apporter. Il se cache derrière son sourire et ses manières élégantes, mais il est dangereux. Je ne veux pas que tu te retrouves mêlée à ses affaires. »
« Dangereux ? » répéta-t-elle, surprise. « Papa, tu parles de lui comme s'il était un criminel. Est-ce vraiment le cas ? »
Victor secoua la tête, évitant son regard. « Non... Ce n'est pas un criminel, du moins pas officiellement. Mais il a des méthodes agressives, et il ne recule devant rien pour obtenir ce qu'il veut. C'est tout ce que tu as besoin de savoir. »
Léna comprit qu'il ne lui dirait rien de plus. Elle se sentait frustrée et un peu vexée. Elle savait que son père cherchait à la protéger, mais elle n'aimait pas cette manière de la tenir dans l'ignorance, comme si elle était incapable de comprendre la complexité du monde dans lequel ils évoluaient. Elle acquiesça cependant, pour lui faire plaisir, et décida de ne pas insister davantage.
Mais une part d'elle était fermement décidée à en apprendre plus. Gabriel Beaumont ne ressemblait pas à l'image que son père essayait de lui en donner. Ce mystère, ces mises en garde implicites... tout cela lui donnait encore plus envie de découvrir la vérité.
Elle passa la journée à tenter de se concentrer sur ses propres projets, mais ses pensées revenaient sans cesse vers Gabriel. Ses paroles, son regard, l'assurance avec laquelle il avait occupé le jardin comme s'il en avait été le maître... Elle n'arrivait pas à le chasser de son esprit.
C'est alors que, en fin d'après-midi, alors qu'elle s'apprêtait à quitter son bureau, son téléphone vibra. Elle le saisit machinalement et ouvrit le message qu'elle venait de recevoir. Le cœur battant, elle reconnut aussitôt l'expéditeur : Gabriel Beaumont.
*« J'espère que notre première rencontre n'a pas été trop déroutante pour vous, mademoiselle Moreau. J'aimerais avoir l'occasion de discuter plus calmement avec vous, si vous en avez le désir. Peut-être ce soir, au café du Jardin ? À bientôt, j'espère. »*
Léna sentit un mélange de surprise et d'excitation monter en elle. Elle hésita, relisant le message plusieurs fois, se demandant si elle devait accepter. Son père lui avait expressément demandé de se tenir loin de cet homme, mais elle se sentait irrésistiblement attirée par le mystère qu'il représentait.
Elle se mordit la lèvre, pesant le pour et le contre. Sa curiosité l'emportait, mais elle savait qu'il ne serait pas sage d'en parler à son père. Gabriel souhaitait la revoir, et au fond d'elle, elle brûlait de connaître ce que cet homme pouvait bien avoir à lui dire.
Elle répondit finalement, tapant avec une certaine fébrilité : *« Très bien, ce soir au café du Jardin. »*
Le temps sembla ralentir jusqu'à l'heure du rendez-vous. Elle changea plusieurs fois de tenue, se demandant pourquoi elle accordait autant d'importance à cette rencontre. Enfin, une fois prête, elle prit une profonde inspiration et quitta la maison discrètement.
Le café du Jardin était un lieu discret, à l'abri des regards, un endroit parfait pour des rendez-vous privés. Elle arriva légèrement en avance, le cœur battant, et prit place à une table près de la fenêtre. Elle observait les passants, tentant de se calmer, de se rappeler qu'il ne s'agissait que d'une simple conversation. Mais tout en elle criait que cette soirée serait différente.
Gabriel arriva peu de temps après, toujours aussi élégant, et la salua d'un sourire qui fit naître en elle un mélange de méfiance et de fascination. Il s'assit en face d'elle, et dès cet instant, elle sentit la tension palpable entre eux.
« Merci d'avoir accepté mon invitation, Léna, » dit-il d'une voix douce. « Je craignais que votre père ne vous ait dissuadée. »
Elle haussa un sourcil, intriguée. « Vous savez que mon père n'apprécie pas votre présence ici ? »
Gabriel esquissa un léger sourire. « Je m'en doute. Votre père et moi... disons que nous avons des visions différentes. »
Elle se pencha légèrement en avant, les yeux fixés dans les siens. « Mon père m'a dit de me méfier de vous. Il m'a laissé entendre que vous êtes dangereux. »
Gabriel ne perdit pas son calme, et même, son sourire s'élargit. « Je ne suis pas surpris. Les hommes comme votre père me perçoivent souvent ainsi. Ils ont l'habitude de dominer, de contrôler leur environnement. Je suis... disons, un élément imprévisible. »
Léna fronça les sourcils, essayant de comprendre où il voulait en venir. « Mais pourquoi êtes-vous ici, sur nos terres ? Quel intérêt avez-vous à vous rapprocher de ma famille ? »
Gabriel prit une pause, observant son visage attentivement, comme s'il évaluait jusqu'où il pouvait se confier. « Léna, il y a beaucoup de choses que vous ne savez pas sur le passé de votre famille, sur les alliances et les inimitiés qui se sont tissées au fil des années. »
Elle sentit une vague de confusion et d'angoisse la traverser. « Que voulez-vous dire ? »
« Simplement que le monde dans lequel vous avez grandi est bien plus complexe qu'il n'y paraît. Et que certains secrets, certaines rivalités, pourraient bien finir par vous atteindre, vous aussi. »
Léna retint son souffle. Cet homme semblait en savoir bien plus qu'elle ne l'aurait imaginé. Elle ne savait pas si elle pouvait lui faire confiance, mais elle ne pouvait pas non plus ignorer ce qu'il insinuait.
Elle l'observa en silence, sentant son cœur battre plus vite. Gabriel la fixait de ce regard intense, comme s'il voulait l'avertir, mais en même temps la garder à distance. Elle comprit qu'il la mettait face à un choix : accepter de découvrir la vérité, aussi sombre soit-elle, ou rester dans le confort de son ignorance.
« Vous me dites tout cela, mais pourquoi devrais-je vous croire ? Pourquoi devrais-je vous faire confiance ? »
Gabriel se redressa légèrement, les yeux brillant d'une lueur indéchiffrable. « Vous n'avez aucune raison de me faire confiance, Léna. Mais si vous voulez comprendre ce qui se passe autour de vous, alors je suis peut-être la seule personne prête à vous dire la vérité. »
Elle resta silencieuse, partagée entre son instinct de prudence et cette curieuse fascination pour cet homme qui semblait capable de remettre en question tout ce qu'elle croyait savoir.
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