
Le Milliardaire Possessif
Chapitre 3
Chapitre 3
Léna se retrouva au café choisi par Gabriel, une petite adresse discrète, loin des lieux où elle avait l'habitude de se rendre. Il avait précisé que ce serait un endroit tranquille, où ils pourraient parler sans attirer les regards indiscrets. Mais en arrivant, Léna se demanda si elle n'avait pas fait une erreur en acceptant de venir. Elle ignorait ce que Gabriel voulait vraiment d'elle, et les mises en garde de son père résonnaient encore dans son esprit.
Le serveur lui apporta un café noir qu'elle sirota, luttant pour contenir son appréhension. Elle regarda par la fenêtre, observant les passants, tentant de se convaincre qu'elle maîtrisait la situation. Pourtant, l'idée de revoir Gabriel la troublait plus qu'elle ne voulait l'admettre.
Enfin, elle le vit entrer dans le café. Il se dégageait de lui une aura imposante, presque magnétique. Gabriel balaya la salle du regard, la repérant instantanément. En s'approchant d'elle, il esquissa un sourire qui semblait vouloir la mettre à l'aise, mais Léna ne pouvait s'empêcher de rester sur ses gardes. Elle sentait qu'avec cet homme, chaque geste et chaque mot étaient soigneusement calculés.
Il s'assit en face d'elle, ajustant légèrement sa veste sombre. « Merci d'être venue, Léna, » dit-il doucement, sa voix basse résonnant avec une certaine chaleur.
Elle hocha la tête, essayant de cacher son trouble. « Je n'ai pas beaucoup de temps, Gabriel. Alors, de quoi vouliez-vous parler ? »
Il la regarda longuement, comme s'il cherchait à déchiffrer chacune de ses pensées. « Je sais que tout cela vous paraît étrange. Mais je voulais vous parler sans le poids des regards de votre famille. J'aimerais que vous ayez une vision plus... complète de la situation. »
Elle plissa les yeux, intriguée mais méfiante. « La situation ? Vous parlez de quoi, exactement ? »
Gabriel posa ses mains sur la table, l'observant avec une intensité troublante. « Léna, vous avez grandi dans un monde où tout semble parfaitement ordonné. Mais il y a des aspects de cet univers que votre père ne vous a jamais montrés. Des choses qu'il préfère garder cachées, même à vous. »
Elle sentit son cœur battre plus fort. « Mon père n'a pas à me cacher quoi que ce soit, » répliqua-t-elle, un brin d'irritation perçant dans sa voix.
Gabriel esquissa un sourire. « Peut-être. Mais cela n'empêche pas certains secrets d'exister, Léna. Vous êtes plus impliquée dans tout cela que vous ne le croyez. »
Elle fronça les sourcils, un mélange de colère et de confusion l'envahissant. « Pourquoi êtes-vous là, Gabriel ? Pourquoi cet intérêt soudain pour moi ? »
Il garda le silence pendant un moment, comme s'il pesait soigneusement ses mots. « Parce que je vous trouve... fascinante. Vous êtes différente de tout ce que j'ai connu. Et, d'une certaine manière, vous êtes liée à des affaires qui me concernent. »
Léna sentit le rouge lui monter aux joues, surprise par le compliment, mais elle ne voulait pas se laisser distraire. « Des affaires qui vous concernent ? Soyez plus clair. »
Gabriel s'inclina légèrement vers elle, réduisant la distance entre eux. « Votre famille et la mienne ont une histoire commune, une histoire marquée par des rivalités et des alliances. Je pense que vous avez le droit de savoir ce qui se passe autour de vous, mais cela n'est pas facile à expliquer. »
Elle croisa les bras, le fixant d'un regard déterminé. « Vous parlez de rivalités ? Et de quelles alliances est-ce que vous parlez ? »
Il sourit, un sourire énigmatique qui accentuait la part de mystère autour de lui. « Tout n'est pas bon à savoir d'un coup. Je voulais juste commencer à éclairer certaines choses, vous donner une idée du contexte. »
Léna le regarda, partagée entre la frustration et l'intrigue. Elle sentait qu'il la manipulait, qu'il ne disait que ce qui l'arrangeait pour éveiller sa curiosité. Et pourtant, malgré elle, elle se sentait envoûtée, attirée par cet homme qu'elle ne comprenait pas.
Elle inspira profondément, cherchant à se donner une contenance. « Écoutez, Gabriel. Mon père m'a demandé de rester loin de vous. Et je sais qu'il y a une raison derrière ça. Alors si vous voulez que je reste, il va falloir que vous soyez honnête avec moi. »
Il eut un léger rire, presque imperceptible, et un éclat amusé brilla dans ses yeux. « Vous êtes décidément bien plus directe que je ne l'avais imaginé. Très bien, je vous en dirai davantage. Mais tout d'abord, j'aimerais savoir quelque chose... Que savez-vous réellement de l'histoire de votre famille ? »
Léna plissa les yeux. « Ce que n'importe qui sait, je suppose. Mon père a bâti un empire, il est respecté et... peut-être craint, parfois. Mais ce sont les affaires, et je n'ai rien à voir avec tout ça. »
Gabriel secoua doucement la tête. « C'est là que vous vous trompez, Léna. Vous avez bien plus à voir avec tout cela que vous ne le pensez. Vous êtes une Moreau, et cela a une signification, qu'importe si vous le souhaitez ou non. »
Elle resta silencieuse, tentant de comprendre où il voulait en venir. Il semblait y avoir quelque chose de plus profond, de plus personnel dans ce qu'il disait, et elle se demanda un instant si elle n'avait pas été trop rapide à écarter les mises en garde de son père.
« Je ne suis pas ici pour vous faire peur, » reprit-il calmement. « Mais je pense que vous méritez de connaître les vérités qui se cachent derrière le monde dans lequel vous avez grandi. Et j'aimerais être celui qui vous aide à les découvrir. »
Elle sentit ses défenses s'ébranler sous le poids de ses mots, mais elle garda un visage impassible, refusant de lui montrer qu'il l'atteignait.
« Pourquoi moi ? » murmura-t-elle finalement, presque malgré elle. « Pourquoi cela vous importe-t-il autant ? »
Gabriel baissa les yeux un instant, avant de les relever pour plonger son regard dans le sien. « Parce que je me reconnais en vous, Léna. Vous avez grandi dans l'ombre d'un homme puissant, tout comme moi. Et tout comme vous, j'ai cherché à comprendre le monde complexe dans lequel j'évolue. Nous avons peut-être plus de points communs que vous ne le croyez. »
Elle resta figée, absorbant ces paroles. Une part d'elle refusait de croire qu'ils pouvaient être si semblables, mais une autre, plus silencieuse, reconnaissait cette vérité. Elle avait souvent ressenti ce poids, celui de l'attente de son père, des responsabilités qu'il semblait vouloir lui transmettre sans jamais en dire plus.
Elle détourna le regard, comme pour se protéger de l'intensité de leurs échanges. « Vous savez, Gabriel... peut-être que vous avez raison. Peut-être que je devrais en apprendre davantage. Mais je ne suis pas sûre de pouvoir vous faire confiance. »
Il sourit, un sourire doux, presque rassurant. « C'est normal. Je ne vous demande pas de me faire confiance tout de suite. Je vous demande juste de garder l'esprit ouvert. »
Elle acquiesça, le cœur battant encore plus fort. Malgré elle, elle était séduite par cet homme, par son assurance, par le mystère qu'il représentait. Il éveillait en elle des émotions contradictoires, un mélange d'attraction et de méfiance.
Ils passèrent encore quelques minutes à parler de tout et de rien, le ton de la conversation s'adoucissant peu à peu. Gabriel se montrait charmant, drôle, et Léna se surprit à sourire, oubliant presque les avertissements de son père. Mais elle restait vigilante, consciente que cet homme, pour charismatique qu'il soit, représentait une énigme dangereuse.
Quand il fut temps de se séparer, Gabriel se leva, s'inclinant légèrement pour lui dire au revoir. « J'espère que nous pourrons nous revoir bientôt, Léna. Peut-être que, la prochaine fois, vous serez prête à en apprendre encore plus. »
Elle acquiesça, le cœur lourd de questions non résolues. Elle savait qu'elle avait franchi un point de non-retour en acceptant ce rendez-vous. En quittant le café, elle ne put s'empêcher de jeter un dernier regard en arrière, le voyant la regarder, un léger sourire aux lèvres.
Dans le fond de son cœur, Léna sentait que cette rencontre venait de changer quelque chose en elle. Elle ne savait pas encore si elle avait fait le bon choix, mais elle était prête à aller plus loin, à chercher les réponses qu'il lui avait promises.
Vous aimerez aussi





