
Le gigolo devenu milliardaire
Chapitre 2
Le lendemain, alors que l'aube naissante inondait la ville d'une lumière pâle, Marise se réveilla avec un plan en tête. Elle prendrait le risque de cette rencontre, mais sans céder un pouce de terrain. Si Max avait quelque chose à lui offrir, elle serait celle qui fixerait les règles. Elle ouvrit son ordinateur portable et chercha le café qu'il lui avait mentionné, un lieu qu'elle connaissait bien pour sa discrétion.
Après une matinée passée à rassembler des informations sur les nouveaux partenaires financiers de Monsieur Vernay, son esprit revenait sans cesse à cette note mystérieuse. Max savait sans doute exactement comment capturer l'attention de quelqu'un comme elle : le défi, l'intrigue... Il n'y avait rien de plus captivant pour Marise.
Quand vint l'heure, elle se prépara avec soin, optant pour une tenue sobre, une chemise blanche et un pantalon sombre, mais qui dégageait une certaine élégance maîtrisée. Elle était là pour observer, non pour se faire remarquer. Elle prit son manteau et descendit les escaliers de son appartement, le bruit de ses talons résonnant dans le hall silencieux.
***
Le café où ils s'étaient donnés rendez-vous se trouvait dans un quartier discret, loin de l'agitation habituelle de la ville. À peine entrée, Marise le remarqua, assis au fond de la salle, une tasse de café à la main, comme s'il l'attendait depuis des heures. Il leva la tête à son arrivée et lui adressa un léger sourire, un sourire qui n'atteignit pas vraiment ses yeux.
Elle s'approcha, gardant son masque de froide indifférence, et prit place en face de lui sans un mot.
- « Vous êtes ponctuelle, » lança-t-il, brisant le silence.
Marise inclina légèrement la tête. « Et vous, surprenant. »
Il la dévisagea un instant, son regard fouillant chaque nuance de son expression. Elle se força à ne rien laisser transparaître, pas même la moindre trace d'impatience.
- « Alors, » dit-elle finalement, « pourquoi cette invitation ? »
Max prit une gorgée de café, savourant visiblement le moment avant de répondre. « Peut-être parce que je pensais que nous pourrions nous entraider. Nous sommes tous deux des observateurs dans l'ombre, n'est-ce pas ? »
Elle lui offrit un sourire prudent. « Peut-être. Mais pourquoi moi, parmi tant d'autres ? »
Il posa sa tasse et laissa planer un silence, comme s'il réfléchissait à la manière de formuler sa réponse. « Parce que vous m'intriguez, Marise. Je ne crois pas aux coïncidences, et je suis convaincu que nous avons plus en commun que vous ne l'imaginez. »
Elle haussa un sourcil, un sourire narquois étirant ses lèvres. « Intéressant. Mais le mystère ne suffit pas à faire naître une alliance. Parlez-moi clairement. »
Il se pencha légèrement en avant, posant les coudes sur la table. « Vous cherchez des informations sur certains hommes d'affaires peu scrupuleux, n'est-ce pas ? Je peux vous aider. Je connais des choses que même votre patron ignore. Des transactions secrètes, des accords illégaux. Des choses que je suis certain que vous seriez ravie de découvrir. »
Elle sentit son cœur s'emballer un instant, mais conserva son air impassible. « Et en échange ? »
Un sourire énigmatique se dessina sur les lèvres de Max. « Je n'ai pas encore décidé. Peut-être que je vous demanderai un service. Ou peut-être que je vous laisserai simplement tranquille. Considérez ceci comme un... investissement. »
Marise croisa les bras, le jaugeant avec méfiance. « Je ne suis pas quelqu'un qu'on peut acheter avec des promesses vagues. Si vous voulez une alliance, donnez-moi une preuve, ici et maintenant. »
Il la regarda un instant, puis sortit un petit carnet noir de sa poche, le feuilletant avant de poser une feuille de papier devant elle. Marise y jeta un coup d'œil rapide ; il s'agissait d'une liste de noms, tous liés aux affaires louches de Monsieur Vernay.
- « C'est un bon début, » dit-elle, faisant un effort pour dissimuler sa surprise. « Mais cela ne prouve pas que vous n'avez pas vos propres intentions cachées. »
Max posa une main sur le carnet. « Je n'ai jamais prétendu être un saint, Marise. Mais je pense que vous êtes suffisamment intelligente pour savoir que parfois, les alliances les plus dangereuses sont aussi les plus bénéfiques. »
Elle hésita un instant, pesant le pour et le contre. « D'accord, » finit-elle par dire. « Mais sachez que si jamais vous essayez de me doubler, cela vous coûtera cher. »
Il hocha la tête, un sourire approbateur aux lèvres. « Je n'en attendais pas moins de vous. »
Leur regard se croisa, et Marise sentit une tension étrange, quelque chose de plus qu'un simple échange de regards professionnels. C'était comme s'ils partageaient un secret, quelque chose de profond et de dangereux, une promesse silencieuse de ne jamais baisser la garde.
Elle reposa la feuille et se redressa, prête à partir. Mais alors qu'elle faisait un pas en direction de la porte, Max l'interpela d'une voix calme.
- « Marise, avant de partir, laissez-moi vous poser une question. Pourquoi faîtes-vous tout ça ? »
Elle se retourna, croisant de nouveau son regard pénétrant. Sa réponse se formula d'elle-même, sans qu'elle ait besoin d'y réfléchir.
- « Parce que je n'ai jamais appris à faire confiance, » dit-elle doucement. Puis, sans ajouter un mot, elle quitta le café, laissant Max seul avec son sourire énigmatique.
***
Sur le chemin de son appartement, ses pensées se bousculaient. Elle avait pris un risque en acceptant cette rencontre, mais elle sentait au fond d'elle-même que cet homme pourrait jouer un rôle crucial dans ce qu'elle cherchait à accomplir. Mais à quel prix ?
Alors qu'elle s'apprêtait à franchir la porte de son immeuble, elle réalisa qu'elle tenait toujours la feuille de papier dans sa main. Elle la déplia une dernière fois, parcourant du regard les noms et les chiffres. Chaque nom, chaque détail confirmait que Max avait effectivement accès à des informations précieuses.
Mais alors qu'elle étudiait la liste, un détail attira son attention. Au bas de la feuille, une phrase manuscrite, presque effacée, semblait avoir été ajoutée récemment.
> « Les secrets de chacun finissent par se retourner contre eux. »
Elle resta immobile, un frisson parcourant son échine.
Dans le silence oppressant de son appartement, Marise s'adossa contre le mur, ses pensées tournant en boucle. Elle serrait encore entre ses doigts la feuille que Max lui avait remise, l'examenant sous toutes les coutures, comme si elle espérait y déceler un indice caché, une trace qui révélerait enfin qui il était réellement.
Elle ne savait pas pourquoi ce simple message manuscrit, glissé négligemment en bas de page, avait eu sur elle un effet si percutant. Peut-être parce qu'elle se sentait démasquée. Comme si Max avait, en un seul regard, deviné la raison pour laquelle elle avait choisi cette vie de dissimulation et de secrets. Parce qu'elle aussi, tout comme ces hommes puissants qu'elle espionnait, vivait avec ses propres secrets. Elle savait que le jeu des ombres venait à un prix, et elle l'avait payé plus d'une fois.
Elle glissa la feuille dans un tiroir de son bureau, espérant que l'éloigner de sa vue mettrait fin à son obsession naissante. Pourtant, elle ne pouvait se détacher de ce trouble grandissant, ce mélange d'inquiétude et de fascination qui l'assaillait chaque fois qu'elle pensait à lui. Qui était cet homme ? Que cherchait-il vraiment ? Pourquoi s'intéressait-il à elle ? Les réponses à ces questions lui échappaient encore, mais ce qu'elle savait, c'est qu'elle ne pouvait pas s'empêcher de penser à lui.
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