
Le Feu Qui Brisa Notre Lien
Chapitre 2
Léocadie POV:
Alix avait toujours dit que j'étais trop naïve, trop attachée à l'idée d'un amour parfait. Elle avait vu ma dévotion pour Dimitri, mon cœur prêt à se briser pour lui, bien avant que je ne l'admette. C'était elle, il y a cinq ans, lors de ce séminaire d'entreprise, qui avait orchestré ce qui, selon elle, serait notre destin. Elle avait cru que son plan, nous enfermant dans la même chambre, ferait jaillir l'étincelle. Elle avait eu tort. Elle ne savait pas que le feu qu'elle allumerait ne réchaufferait pas, mais consumerait.
Le souvenir de cette nuit m'a hantée. J'étais enfermé avec Dimitri. L'odeur de sa peau, son souffle, sa présence… tout en lui m'attirait comme un papillon de nuit vers la flamme. J'avais fermé les yeux, priant pour que ce moment soit vrai.
Pendant un bref instant, j'avais cru que c'était le début de notre histoire d'amour. J'avais cru que Dimitri me regardait avec la même tendresse que celle que je lui portais. C'était une erreur monumentale. Une erreur qui me coûterait cher.
Le lendemain matin, son regard était froid, distant. Quand je lui ai parlé de nos sentiments, il m'a regardée comme si j'étais folle.
"C'était une erreur, Léocadie. Rien de plus."
Mon monde s'était effondré. Mais ensuite, j'étais tombée enceinte. La famille Marchand, soucieuse de leur réputation, avait exigé qu'il m'épouse.
"Je ferai ce qu'il faut," avait-il dit, le visage figé. "Mais ne te méprends pas, Léocadie. Tu as ruiné ma vie."
J'avais entendu ces mots. Je les avais ignorés. J'avais espéré qu'un jour, mon amour suffirait.
J'avais entendu Dimitri parler à son père, quelques semaines après notre mariage.
Elle m'a piégé, Père. Cette paysanne rusée. Elle a cru qu'un enfant me ferait l'aimer. Elle se trompe.
Son rire était une raillerie. Il m'avait traité de ruse, de manipulatrice. Il m'avait accusée d'avoir volé son avenir avec Blanche.
Je la déteste. Chaque fois que je la touche, c'est comme si je trahissais Blanche. Je ne l'aimerai jamais.
Ces mots. Ils m'avaient déchirée plus que n'importe quel couteau. Mais j'étais restée. Pour Léo. Pour l'espoir insensé que son père verrait un jour la lumière.
Dimitri était parti peu après la naissance de Léo. Cinq ans. Il était parti. Il était revenu avec Blanche et Manassé. La famille parfaite qu'il avait toujours voulu.
Le lien qui nous unissait, ce lien mystique que tout Alpha partage avec son Omega, avait gelé. Il était là, mais il ne répondait plus à mes appels. C'était comme un mur de glace.
Après l'incendie, je suis rentrée à la maison, Léo endormi dans mes bras. J'ai vu la voiture de Dimitri. Il était là.
J'ai posé Léo doucement sur le canapé, son petit corps tremblant encore. J'ai attendu.
Dimitri est entré. Son visage était sombre.
"Dimitri," j'ai commencé, ma voix tremblante. "Léo a besoin d'un médecin. Il a été exposé à la fumée."
Il m'a regardée avec un dédain glacial. "Manassé a été plus touché que lui. Il a besoin de mon attention."
Mon sang a bouilli. "Manassé est sorti avec toi ! Léo était seul ! Il souffre d'asthme !"
"Tes lamentations ne m'impressionnent pas, Léocadie," a-t-il craché. "J'ai dit à Manassé de ne pas s'approcher de ton fils. Il est trop faible."
La colère m'a submergée. "Comment oses-tu ? C'est TON fils, Dimitri ! Ton sang !"
"Mon fils ?" Il a ri, un rire amer. "Tu crois que je n'ai pas compris ton petit jeu ? Tu as mis ton fils en danger pour attirer mon attention. C'est pathétique."
Mes yeux se sont écarquillés. Il pensait que j'avais mis Léo en danger exprès ? Pour lui ?
"Tu es fou !" J'ai hurlé. "Comment peux-tu dire une chose pareille ?"
"C'est la vérité, n'est-ce pas ?" Son regard était perçant. "Tu as toujours été jalouse de Blanche. Tu as toujours voulu ce qu'elle avait."
J'ai reculé, blessée. "Je n'ai jamais voulu te voler, Dimitri ! Je t'ai aimé ! J'ai cru que tu pouvais m'aimer !"
"Ton amour est une prison, Léocadie," a-t-il dit, sa voix pleine de dégoût. "Je n'ai jamais voulu de toi. Ni de ton fils."
Chaque mot était un coup de poignard. Le lien entre nous, déjà glacé, s'est brisé. Une douleur aiguë a traversé ma poitrine.
J'avais déjà préparé les papiers. Les papiers pour dissoudre notre lien. Je doutais. Pour Léo, qui avait encore un espoir, si infime soit-il, d'avoir un père.
Mais maintenant, l'hésitation avait disparu. Il était temps. Il était temps de briser mes chaînes. Pour nous. Pour Léo.
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