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Couverture du roman Lé dévoreuse de monde

Lé dévoreuse de monde

Mya semble être une adolescente ordinaire, pourtant elle abrite une force ancestrale que l'on croyait disparue à jamais. Ce don exceptionnel attise toutes les convoitises et provoque l'effroi chez ceux qui croisent sa route. Prise au piège entre des trahisons amères et des affrontements épiques, elle se lance dans une quête périlleuse. Déterminée à braver chaque obstacle, Mya lutte sans relâche pour accomplir sa destinée et conquérir enfin sa liberté légitime.
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Chapitre 2

Il était une fois, un petit village de pêcheur, perché sur des falaises en l'Angleterre. La vie s'y écoulait simplement pour des gens tout aussi simple. Tout le monde se connaissait, chacun s'entraidait dans les coups dur et tous se réjouissaient dans les moments de joies. La plupart des familles vivaient de la pêche, les hommes allant en mer puis revenaient pour passer la main à leurs femmes qui s'occupaient des marchés. Jamais ce petit village n'avait connu le moindre crime, le moindre fait divers important pour tout dire. Il ne se passait tout simplement rien et c'est pour ça que les villageois étaient heureux. Certains quittaient ce lieux pourtant idyllique en devenant adulte mais d'autres restaient et bien souvent se mariaient avant même d'avoir vingt ans. Ainsi à leurs tours, ils donnaient naissance à la génération suivante qui continuait de faire vivre ce petit coin isolé du monde. Les maisons reflétaient les habitants, sobres mais chaleureuses, suffisamment proche de ces voisins tout en gardant une part d'intimité. Les jardins bien entretenus ne laissaient aucune place à la surprise, presque tous identiques mise à part quelques subtils détails révélant ainsi un trait de personnalité unique de celui à qui il appartenait. De minces détails presque invisible aux yeux d'un novice mais flagrant pour les résidents.

Dans une petite maison, un peu reculée du centre du village, une jeune femme s'occupait de son potager. Même de dos on ne pouvait que remarquer sa beauté. Ces longs cheveux brun ondulaient jusqu'à la chute de ces reins au grès du vent, sa peau se mariait à merveille avec le soleil de cette région. Elle chantait paisiblement couvrant à peine la sérénade des oiseaux. Une douceur infinie émanait d'elle, ces gestes étaient emplies de grâce et par moment on aurait presque pu croire que la végétation répondait à son contact. Bien sûr ça ne pouvait pas être vrai, mais par moment on aurait vraiment pu le croire. Un simple anneau de métal ornait son doigt, preuve qu'un homme aurait bientôt la chance de vire à ces côtés. En levant là main, elle le regarda luire au soleil et sourit en pensant que le grand jour allez enfin arriver. Elle l'avait imaginé, depuis qu'elle n'était encore qu'une toute petite fille, ce jour exceptionnel qui ferait d'elle une femme respectable. Son promit était un jeune homme courageux et aimant qui n'hésitez pas à travailler avec acharnement pour lui offrir le mariage de ces rêves. Ils avaient le même âge et se fréquentaient depuis quelques années maintenant. Au début elle n'était pas vraiment sûr que ce soit lui son grand amour mais il était parvenu à la conquérir en l'invitant à de longues balades au claire de lune, ainsi qu'à des piques niques en pleine nature. Il lui rapportait des fleurs presque tout les deux jours, mais surtout il s'était accroché là ou les autres avaient depuis longtemps renoncé. Tout en prenant son temps pour se rapprocher d'elle. Il avait su braver les étapes pour réussir à l'embrasser après presque une année. Elle avait alors dix sept ans, ces formes généreuses attiraient les regards des hommes, qu'ils soient de son âge ou pas, on la convoitait, on la désirait mais elle n'y prêtait aucune sorte d'attention.

Pour elle, une femme ne devait avoir qu'un seul homme dans sa vie et le sien elle l'avait trouvé. Depuis, ils avaient fait connaissance de leur futur belle famille et se rendaient ensemble aux fêtes données au village. Ils formaient un très beau couple, tous s'accordaient pour dire que leurs enfants seraient sublime, d'une beauté presque surnaturel. Beaucoup d'hommes auraient aimé être à la place de celui qui avait le droit de l'embrasser mais elle ne regardait que lui, son futur, celui qui lui offrirait une famille. Il la demanda en mariage le jour de ces dix neufs ans, après deux ans de baisers de plus en plus passionnés, il en voulait plus, souvent, il laissait ces doigts s'aventurer à toucher cette peau qui hantait ces rêves, seulement elle se réservait, elle voulait être pure pour le plus beau jour de leurs vies. C'est ainsi que durant une année, elle lui parla mariage alors que lui ne rêvait que d'une chose, se glisser sous sa robe. À ce moment là, Julie réalisa que l'amour était une chose étrange mais qui restait impuissant face au besoin charnel d'un homme.

Remus rentrait de sa dernière campagne de pêche, ça faisait six mois qu'il ne l'avait pas vu , il était plus qu'impatient de mettre pied à terre. Le jeune homme d'à peine vingt ans comptait les jours qui le séparait de son mariage, cela faisait déjà presque un an qu'il organisait tout avec Julie, sa fiancée. Ils n'étaient pas très riche mais ils voulaient que ce jour soit particulier et pour se faire, Remus devait partir régulièrement en mer pour rapporter plus d'argent. La datte était fixée pour dans deux semaines et après, enfin, il pourrait se fondre en elle. Il en rêvait, ces coéquipiers se moquaient de lui en lui expliquant que c'était là, la plus grande force des femmes, vous faire rêver avant de vous passer la corde au cou. Mais le jeune pêcheur s'en fichait, il n'écoutait pas les autres, il ne rêvait que d'elle et de sa peau matte, de sa longue chevelure d'un noire presque abyssale dans qu'il souhaitait empoigner en se fondant en elle et de ces grands yeux bleus lui rappelant tant l'océan par une belle journée calme qui finiraient par l'endormir après sa nuit de noce. Il savait qu'il avait attendu plus que bien d'autre certes mais il l'aimait aussi, dès la minute où il l'avait vu il en était tombé fou amoureux. Ça n'a n'avait rien eu de facile de la séduire, il avait du se montrer patient, rien que pour un regard il dut attendre presque deux semaines et encore deux de plus pour une parole mais bientôt elle serait à lui, dans quelques jours, il ferait d'elle une femme. Dans deux semaines tout le village ferait la fête et boirait à leurs honneurs, ils seraient bénis des dieux et vivraient heureux jusqu'à leurs morts, il en était sûr.

Le port se dessinait à l'horizon, plus il s'en rapprochait et plus le jeune Remus sentait son cœur battre la chamade. La coque du bateau s'approcha suffisamment du bord pour qu'il puisse sauter par dessus et il s'élança dans les rues jusqu'à arriver face à la maison de sa promise. Comme souvent elle était dans le jardin à s'occuper des plantes, il se faufila dans son dos et la saisit dans ces bras, ce faisant, il sentit tout de suite qu'il y avait un problème. La jeune femme se retourna, son sourire était radieux, ces yeux encore plus bleus que dans ces souvenirs mais le problème ne venait pas de là, mais plutôt du ventre rond qu'elle tenait dans ces mains. Le cœur du jeune homme sembla défaillir, son souffle se fit court, ces oreilles bourdonnaient alors qu'elle continuait à sourire comme si tout était normal sauf que rien n'allait. Il s'effondra à genoux face à l'amour de sa vie, pleurant tout en la maudissant pour sa trahison. Comment avait elle pu lui faire ça, le tromper alors qu'il se tuait au travail pour lui offrir une meilleure vie, comment avait elle pu s'offrir à un autre, lui qui n'avait eu le droit qu'à quelques baisers, à chaque fois que sa main s'était aventurée au delà du tissu, elle l'avait recadré, lui intimant d'attendre leur mariage et là elle affichait ce ventre rond sans le moindre scrupule. Il aurait pu la frapper si il avait écouté cette rage qui s'éveillait en lui mais l'image de son doux visage l'en empêcha.

Julie ne comprenait pas ce qu'il se passait, c'était pourtant lui qui était venu la visiter pendant qu'elle dormait. Lui qui avait insisté pour qu'elle s'offre enfin prétextant qu'il risquait sa vie pour eux face aux flots capricieux de l'océan. Lui qui lui avait assuré qu'il l'aimait plus que tout au monde et qu'il vivrait avec elle jusqu'à la fin de ces jours. Alors pourquoi réagissait il comme ça ? Pourquoi semblait il choqué qu'elle attende leurs enfants ? Pourquoi semblait il si en colère alors qu'elle lui avait donné ce qu'il attendait d'elle ? Remus se releva incapable de regarder le grand amour de sa vie et sortit du jardin en même temps qu'il disparut de sa vie. Il annula le mariage et ne vient plus jamais la revoir. Même quand après quelques mois, alors qu'elle souffrait, couverte de sueur pour expulser cet enfant d'elle, il l'entendit crier, avant de percevoir les pleurs du nouveau né en passant devant chez elle. Même à ce moment là, il ne détourna pas la tête. La jeune mère prit alors une grande décision et quitta son petit village avec sa petite fille juste née, à peine remise de son accouchement, elle se dirigea vers une plus grande ville dans l'espoir d'un avenir meilleur et s'installa à Londres dans une petite maison.

Mya était une enfant solitaire, elle ne se mélangeait pas vraiment aux autres. Pas que ces derniers n'ait pas essayé, mais elle ne semblait pas désirer ce type de contact. Elle passait la majeure partie de son temps à faire de la balançoire dans le parc qui se situait au bout de sa rue. Elle n'avait que cinq ans, mais il y avait à peine deux cent mètres à parcourir de chez elle et sa mère la laissait y aller en la surveillant du pas de sa maison. Là, elle se sentait bien, à flotter dans les aires, encore et encore jusqu'à ce que ces petites jambes n'aient plus la force de la pousser. Quand enfin ça arrivait, après de longues heures, elle s'installait sous un grand chêne et laissait les animaux l'approcher. Le petite avait un don avec ces derniers, depuis qu'elle était née, ils venaient à elle et sa mère avait plus d'une fois eu la peur de sa vie en découvrant des serpents, des oiseaux ou encore un rat sans son berceau. Depuis, Julie s'était habituée, elle savait que sa fille était unique et que ce n'était qu'une part de sa personnalité, mais tout ceci ne faisait qu'isoler d'avantage la fillette. Parfois, l'enfant semblait en pleine conversation avec un animal, elle répondait à des questions qu'elle seule pouvait entendre. Les autres finirent par la laisser dans son coin, dans sa bulle où seul les non humains avaient le droit d'entrer. À l'école, elle restait reculée, ne s’intéressait pas vraiment au cours bien qu'elle parvenait sans peine à se hisser en haut du classement scolaire traditionnel. À chaque fois que son institutrice essayait de la faire participer, elle restait dans un coin de la classe et regardait par la fenêtre les écureuils courir de branches en branches dans les arbres de la cour. Les matières ne l'intéressaient pas, elle les trouvait fade et sans saveur, rien n'était nouveau et quand sa maîtresse parlait, elle ne parvenait pas à capter son attention bien longtemps. Finalement, même l'enseignante arrêta d'essayer, elle la laissa faire ce que bon lui semblait, abandonnant, fermant les yeux, jusqu'à ce que la fillette devienne presque invisible pour tous.

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