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Couverture du roman Le dernier adieu amer de mon cœur

Le dernier adieu amer de mon cœur

Condamnée par la médecine, je subis l'ultime trahison : mon fiancé et ma meilleure amie s'aiment dans mon ombre. Ils ont même retourné mon frère contre moi, lui faisant renier mon affection. Alors qu'ils célèbrent leur union dans ma propre demeure avec ma fortune, je décide de feindre la défaite. Je leur lègue mes biens et mon entreprise, mais mon testament cache un piège psychologique. En mourant, je leur offre la richesse, tout en les condamnant à une honte indélébile.
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Chapitre 1

Le médecin m'a dit qu'il me restait quelques semaines à vivre. Mais la véritable condamnation à mort, ce fut de voir la main de mon fiancé glisser dans celle de ma meilleure amie, juste devant la porte de ma chambre d'hôpital. Ils pensaient que je ne les voyais pas.

Ils avaient déjà retourné mon petit frère contre moi, ce garçon que j'avais élevé comme mon propre fils. Maintenant, il l'appelait « Maman ».

Lors de leur fête de fiançailles, organisée dans ma maison et payée avec mon argent, il m'a regardée droit dans les yeux.

« Je te déteste ! »

Ma propre famille la couvrait d'éloges, la qualifiant de « mère née », tandis que le monde entier célébrait leur histoire d'amour. Ils ne voyaient qu'une femme faible et mourante, trop brisée pour se battre. Ils pensaient avoir gagné.

Alors, je leur ai donné tout ce qu'ils voulaient : mon entreprise, ma fortune, ma bénédiction. Mais je leur ai aussi laissé un dernier cadeau, les derniers mots d'une femme morte. À ma mort, ils hériteront de mon empire, mais ils seront à jamais marqués par un héritage de honte éternelle.

Chapitre 1

Point de vue de Juliette Dubois :

« Phase terminale. » Les mots du médecin résonnaient dans la pièce stérile, mais c'est l'image de la main de Damien glissant dans celle de Déborah, de l'autre côté de la vitre, qui a véritablement scellé mon destin. Et le leur. Si je devais mourir, j'allais m'assurer qu'ils héritent de tout, y compris d'un héritage de honte éternelle.

Je les observais à travers la vitre sans tain du cabinet du médecin. Damien, mon fiancé. Déborah, ma meilleure amie. Ils se tenaient trop près l'un de l'autre, sa tête reposant sur son épaule. Il lui caressait le bras, un geste qui m'était autrefois réservé. Mon estomac se noua, non pas à cause de la maladie qui me rongeait, mais à cause de la vérité brute et hideuse qui se déroulait sous mes yeux.

C'était une douleur plus vive que celle de n'importe quelle tumeur.

Mon frère, Émile, était là aussi. Il s'appuyait contre Déborah, me tournant le dos. Il n'a même pas jeté un regard dans ma direction. Déborah avait passé son bras autour de lui, l'image parfaite du réconfort maternel que j'avais passé ma vie à essayer de lui offrir. Il la regardait comme si elle était la seule personne qui comptait.

Il la regardait avec l'amour qu'il me réservait autrefois.

Mon cœur, déjà affaibli, se déchira. Toutes les personnes pour qui je m'étais sacrifiée, que j'avais aimées sans condition, pour qui j'avais bâti un empire, étaient de l'autre côté de cette porte, en train de me trahir. À cet instant, j'ai su ce que je devais faire. J'allais leur donner tout ce qu'ils désiraient. Et ensuite, je leur ferais regretter de l'avoir jamais voulu.

Le médecin se racla la gorge. Je me suis retournée, un sourire forcé aux lèvres.

« Quelques semaines, c'est bien ça ? »

Ma voix ne trembla pas. C'était un calme de façade, le calme d'une PDG. Mais à l'intérieur, une tempête faisait rage.

Il hocha la tête, les yeux pleins de pitié.

« Oui, Juliette. La progression est rapide. Le traitement expérimental offre une chance infime, mais il est extrêmement agressif et, franchement, risqué. »

Il marqua une pause, me regardant avec une inquiétude que je n'avais pas vue chez ma propre famille depuis des années.

« Êtes-vous sûre de vouloir le suivre ? »

J'ai pensé à Damien, à Déborah, à Émile. Mon entreprise, Innovatech, un empire d'un milliard d'euros que j'avais bâti à partir de rien après la mort de nos parents, juste pour qu'Émile ne manque jamais de rien. Ma jeunesse, mes rêves, tout avait été sacrifié pour cet unique objectif. Et pour quoi ? Pour qu'ils se tiennent là, dehors, à comploter ma mort, ou du moins, à l'attendre avec impatience ?

« Non, » dis-je, le mot à peine un murmure, mais ferme. « Je ne le suivrai pas. »

Le médecin parut choqué.

« Juliette, c'est votre seule option. Sans ça, vous savez... »

« Je sais, » le coupai-je, le regard perdu. « Ma décision est prise. Je vais céder ma place pour ce traitement à quelqu'un d'autre. »

Ma voix était plate, vide d'émotion. J'étais déjà un fantôme, planifiant mon dernier acte.

J'aimais Damien depuis l'université. Nous avions bâti Innovatech ensemble, ou plutôt, je l'avais bâtie, et il avait profité de mon succès, se prélassant dans ma réussite. Je croyais qu'il m'aimait. Je croyais qu'il respectait ma détermination, ma vision. Je croyais qu'il était mon roc.

Quelle naïve j'avais été.

Je me souviens du jour où Déborah est entrée dans ma vie. Une fille effrayée et maigre des mauvais quartiers, mon amie d'enfance. J'avais vu son potentiel, son étincelle. Je l'ai sortie de la misère, je lui ai donné un foyer, une éducation, un poste clé dans mon entreprise. Elle était comme une sœur pour moi, plus qu'une sœur, la famille que j'avais choisie quand mes parents étaient partis et qu'Émile était trop jeune pour comprendre. J'avais mis tout mon cœur en elle, pensant qu'elle était loyale, pensant qu'elle était reconnaissante.

J'avais même eu une étrange prémonition une fois, des années auparavant, une pensée fugace qu'elle avait faim de plus que ce que je lui donnais, qu'elle pourrait un jour tout prendre. J'avais balayé ça d'un revers de la main, mettant ça sur le compte de la fatigue, de la paranoïa. Maintenant, c'était ma dure réalité.

On frappa à la porte. Damien entra, forçant un sourire qui n'atteignit pas ses yeux. Il portait une légère odeur du parfum de Déborah. Comme toujours, ces derniers temps.

« Juliette, ma chérie. Comment tu te sens ? »

Sa voix était empreinte d'une fausse inquiétude qui me hérissait le poil. Ses yeux balayaient la pièce stérile, évitant les miens.

J'étais allongée contre les oreillers blancs et impeccables, la blouse d'hôpital rêche contre ma peau.

« Je vais bien, Damien. Aussi bien qu'on peut l'être. »

Ma voix était stable. Je l'observais, chaque micro-expression. Il se tortilla, mal à l'aise, son regard se posant sur le médecin.

« Alors, le docteur a mentionné... le traitement expérimental. »

Il hésita, se raclant la gorge. Son beau visage, d'habitude si confiant, était assombri par un étrange mélange d'appréhension et... d'espoir ?

J'ai eu un rire amer, un son creux dans ma poitrine.

« Tu veux parler de celui dont Déborah a plus besoin que moi ? »

Mes yeux se plissèrent, soutenant son regard.

Ses yeux s'écarquillèrent, puis se rétrécirent en signe de défense.

« Quoi ? Non, Juliette, bien sûr que non. De quoi tu parles ? »

Il essaya de paraître indigné, mais sa voix se brisa légèrement.

« Oh, allez, Damien. » Mon sourire était purement sarcastique. « Ne fais pas semblant de ne pas en avoir discuté. L'état de Déborah est bien pire, n'est-ce pas ? Elle est plus faible. Elle souffre plus. »

Je le regardais, savourant la lueur de culpabilité dans ses yeux.

Il bafouilla : « Eh bien, son type de neuropathie est... différent. Plus invalidant, selon les médecins. Et toi, Juliette, tu as toujours l'air si forte. Si résiliente. Les gens supposent juste que tu peux tout supporter. »

Il fit un geste vague, comme si mon apparence était un affront personnel.

Il n'avait aucune idée. Il voyait la PDG stoïque, la sœur inflexible. Il ne voyait pas l'agonie silencieuse, le feu incessant qui me consumait de l'intérieur. Il ne voyait pas la poignée de pilules que j'avalais toutes les quelques heures, juste pour empêcher mon visage de se tordre de douleur. Les puissants analgésiques étaient une arme à double tranchant, anesthésiant l'assaut implacable du cancer, mais accélérant aussi le déclin de mes organes vitaux. Ils me tuaient plus vite, mais au moins, je pouvais tenir debout. Au moins, je pouvais penser.

« Tu as raison, » dis-je, le coupant, ma voix calme, presque sereine. « Elle en a plus besoin. Je veux qu'elle ait ma place. »

Damien me dévisagea, la mâchoire pendante. Le soulagement qui inonda son visage fut immédiat, écrasant, et absolument répugnant. Une vague de nausée me submergea, mais je la ravalai.

« Juliette... tu es sérieuse ? »

Il semblait encore hésitant, comme s'il attendait le piège, mais ses yeux brillaient d'un triomphe écœurant.

« Tu ne vas pas faire ton obstinée sur ce coup-là ? »

Obstinée. C'était mon étiquette, n'est-ce pas ? La femme froide, obsédée par sa carrière, incapable d'être aimée. La vérité, c'est que c'était la seule façon que je connaissais pour survivre, pour protéger tous ceux que j'aimais. Et ça m'avait tout coûté.

Mon regard dériva vers la fenêtre où Déborah et Émile étaient toujours blottis l'un contre l'autre, une famille parfaite, volée. Ils avaient l'air si heureux. Et bientôt, ils auraient tout.

Mais pas sans un prix à payer.

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