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Couverture du roman Le cri de la Cagouille

Le cri de la Cagouille

Fin du XVIIIe siècle : la Charente sombre dans l'effroi. Au domaine de La Vallade, une série de meurtres atroces est signée par la « Cagouille », un tueur laissant des traces visqueuses sur ses proies. Entre folie pure et vengeance liée aux secrets de la propriété, le mystère plane. Guy de Vallade et son club politique sont-ils impliqués ? Malgré ses remords absents, Guy doit affronter ces horreurs pour protéger ses terres et déterrer une vérité enfouie depuis trop longtemps.
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Chapitre 1

À mes enfants et mes petits-enfants que j’aime tendrement,

À mes parents qui m’ont transmis l’amour de la famille,

À mes ancêtres sans qui je n’existerais pas…

À tous mes descendants qui auront la lourde tâche d’inventer l’avenir sans nier leur passé,

Je dédie ce roman.

Préface

Le 31 décembre 2010, une de mes nièces célébrait son mariage en terre provençale. La réception avait été organisée dans une grange immense, aménagée pour l’occasion. La fête battait son plein, auréolée de mille petits lumignons étincelants pour fêter aussi le passage à la nouvelle année ; j’étais installé à la table de mon frère Patrick, père de la mariée, et de mon autre frère Olivier. Patrick était atteint d’une grave maladie ; celle qui nous rend tous malheureux et impuissants face à l’adversité. Sachant notre frère condamné à plus ou moins brève échéance, nous aurions voulu mieux l’entourer. Hélas ! la vie nous avait obligés à habiter dans trois régions de France différentes.

Quelques couples s’élançaient déjà au rythme des premiers rocks de la soirée lorsqu’Olivier, tout en levant son verre en l’honneur des mariés, lança à notre oreille captive, la proposition d’écrire un roman à trois plumes. Idée lumineuse, car tous trois avions besoin de nous sentir plus proches tout du moins par le cœur ; on créerait ainsi entre nous une sorte de fraternité d’action, un lien volontaire qui viendrait sublimer celui que nous a donné notre sang commun.

Je n’avais personnellement aucune idée arrêtée en tête, ni d’ailleurs une envie d’écrire un roman qui se situerait à une époque ou dans une région particulière. Dans un grand éclat de rire, nous avons pris tous trois le risque de laisser Olivier choisir le sujet !

Et c’est ainsi que Le cri de la Cagouilleest né. Sous la plume d’Olivier, les premiers personnages commençaient à s’animer dans l’ouest de la France sur fond de révolution.

L’exercice se montra plus difficile qu’il n’y paraissait à première vue, car aucune trame n’était construite préalablement, chacun poursuivant le chemin dessiné par l’autre, en tentant de deviner et de respecter scrupuleusement sa pensée… Finalement, le premier chapitre eut raison de notre enthousiasme. Le roman fut rangé dans un coin lumineux de ma mémoire, parmi mes meilleurs souvenirs. Je disais au revoir à ces personnages que j’aimais déjà ; mais je n’arrivais pas à accepter de les voir rejoindre le monde désolé des héros endormis à jamais

Mon activité professionnelle prenait trop de place dans ma vie et faute de temps, j’abandonnais à regret ce beau projet en me jurant de le reprendre à ma retraite.

Mon frère aîné nous a quittés cinq ans plus tard, entouré de l’amour de sa femme et de ses enfants. Beaucoup de larmes coulèrent en ce funeste mois de novembre

Puis l’heure de la retraite sonna pour moi, avec son lot de questions sur le sens et l’utilité de ma vie dorénavant.

L’idée d’écrire m’apparut tout à coup nécessaire : mourir lentement ou renaître par l’écriture devenait LE choix devant lequel je me trouvais… Je cherchais alors un sujet de roman qui serait entièrement de ma composition.

Je commençais donc à écrire une histoire imaginaire se situant sous le Second Empire ; mais je ne pouvais m’empêcher de penser au cri de la Cagouille

Il me manquait cependant une sorte d’étincelle pour secouer la poussière et les larmes qui étaient encore attachées à son premier chapitre.

C’est alors que je fis la connaissance d’une jeune romancière, Florence Tholozan ; elle venait juste de publier un premier roman. Je m’armais d’audace pour lui demander de bien vouloir lire les quelques pages déjà écrites. Elle ne tarda pas à me répondre en des termes enthousiastes et me prodigua des conseils utiles et bienveillants. J’avais enfin ma motivation. C’était en juillet 2020, entouré de mes enfants venus me voir pour les vacances, de leur affection et de leurs encouragements dans ce projet.

Deux mois plus tard, alors que je me trouvais à nouveau seul face à moi-même, je m’obligeais, pour éviter de sombrer dans l’inactivité, à allumer mon ordinateur. Je commençais mes premières recherches sur cette Révolution fondatrice du nouvel ordre social en France et sur les terribles soulèvements qu’elle avait provoqué dans le bocage vendéen. Au-delà du contexte général et du caractère propre à chaque personnage, je voulais faire ressortir des traits communs à toute l’humanité, quels que soient l’époque et le lieu. Les émotions du XXIesiècle doivent bien ressembler à celles éprouvées au dix-huitième. Cette universalité me rapprochait aussi de mes propres ancêtres comme de mes contemporains vivant sous d’autres cieux.

Mes enfants m’avaient fait promettre de leur faire lire ce que j’écrivais au fur et à mesure, à la façon d’un feuilleton à suspense. Leur amour filial se manifesta alors par des encouragements qui m’étaient précieux. Puis à la suite d’une heureuse rencontre avec Alix Partam qui était alors sur le point de faire éditer son deuxième roman, je trouvais un second souffle. Sa gentillesse, son amitié et ses recommandations m’ont aidé à prendre de l’assurance sur ce chemin épineux de la création. Ma traversée du désert, semée d’embûches, me parut alors nécessaire et acceptable.

La lueur de l’oasis tant espérée allait finalement éclairer la fin de mon ouvrage : Marie-Christine Mancini, une amie très chère, que je sais exigeante sur la langue, accepta de lire un des chapitres. Je ne méritais sans doute pas tous les compliments qu’elle me fit, mais ils m’allèrent droit au cœur. L’amitié a cette belle caractéristique de forcer le trait…

Enfin, Édith Triaud, une amie d’enfance qui m’a soutenu dans mes difficultés et mes modestes espoirs littéraires m’invita un jour à déjeuner en compagnie d’amis communs, Patrick et Marie-Louise Lezongar. Marie-Louise a passé de nombreuses années dans l’édition. Elle m’a généreusement proposé d’effectuer le travail de relecture, si ingrat mais tellement nécessaire. Je lui en suis infiniment reconnaissant.

À mes frères Patrick et Olivier, à mes enfants, à Florence, Alix, Marie-Christine, Édith, Marie-Louise et Patrick, je veux manifester ici ma gratitude et mon immense affection.

Belmont, le 29 mai 2021

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