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Couverture du roman Le Bad boy que j'aime

Le Bad boy que j'aime

À 21 ans, Sylvie Kincaid subit une trahison dévastatrice : Rhodes, son premier amour, la délaisse pour la NBA et s'affiche déjà ailleurs. Pire encore, ses amies l'ont trahie pour rester proches de lui. Pour fuir ce climat toxique, Sylvie emménage avec Colter Wexler, le capitaine rival et bad boy du campus. Si la cohabitation s'annonçait électrique, une attirance interdite naît entre eux. Sylvie saura-t-elle guérir ou fonce-t-elle vers un nouveau désastre amoureux ?
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Chapitre 1

Les phrases qu'il lui avait jetées à la figure tournaient encore en boucle dans la tête de Sylvie, comme un écho dont elle ne parvenait pas à se libérer. « Je t'aime, Sylvie, tu garderas toujours une place spéciale dans mon cœur, mais j'ai besoin de prendre mes distances. On devrait rompre. » La voix de Rhodes revenait, nette, implacable, avec les mêmes mots, les mêmes silences qui la poignardaient. « J'ai besoin de me concentrer sur mes études et sur le basket. Les recruteurs vont venir cette année, et je n'aurai peut-être pas d'autre chance de décrocher une place en NBA. J'espère que tu comprends. »

Ce qu'il voulait vraiment dire, Sylvie le savait : le basket passerait avant tout le reste, et elle n'était plus qu'un obstacle gênant, une distraction dont il devait se débarrasser.

Le pire, c'est qu'elle avait été prête à franchir une étape importante, à lui présenter sa famille. Elle s'était imaginée ce moment, avait pensé aux sourires de ses parents, à l'admiration qu'ils auraient eue pour lui. Mais Rhodes avait préféré couper court avant même de découvrir qui était vraiment Sylvie Rae Kincaid.

Assise dans les gradins, elle fixait le terrain où s'affrontaient les Atomic Heat, représentant les étudiants en ingénierie, et les Wall Street Warriors, l'équipe de son département de commerce. Chaque année, ces quatre équipes internes se disputaient le privilège de représenter l'Université de Luxford au tournoi national universitaire.

Là, en plein cœur du match, Rhodes Sutter, capitaine des Warriors, menait l'action. Le ballon rebondissait sous ses doigts avec une précision mécanique. Ses cheveux châtains, légèrement humides de sueur, retombaient en mèches indisciplinées sur son front. Sa mâchoire tendue, ses yeux rivés sur l'arceau, son corps en tension donnaient à sa silhouette une intensité magnétique. À chaque dribble, ses bras sculptés par l'entraînement se contractaient, révélant toute sa puissance et sa maîtrise.

Sylvie sentit un soupir lui échapper. « Il est beau, il est brillant, il est doué... Mes parents l'auraient adoré. » Puis, comme pour se protéger, elle ajouta tout bas : « Tant pis pour lui. Il a perdu la chance d'entrer dans notre famille. » Pourtant, plus elle le regardait évoluer sur le terrain, plus la douleur rongeait sa poitrine. Rhodes n'était pas n'importe qui : il avait été son premier amour, son compagnon pendant deux années entières.

« Oh mon Dieu, Rhodes a le ballon ! » s'écria Corinne, sa meilleure amie aux boucles rousses flamboyantes.

« Il tente un trois points ! Allez, Rhodes ! Tu vas y arriver ! » enchaîna Genevra, l'autre confidente de Sylvie, les yeux brillants d'excitation.

Mais brusquement, leurs voix s'éteignirent. Toutes deux prirent conscience que leurs encouragements blessaient Sylvie en plein cœur.

« Tu ne m'en veux pas, hein ? » demanda Corinne d'un ton hésitant.

Sylvie n'eut pas le temps de répondre. Genevra se leva d'un bond, consternée. « Oh non ! Ce salopard de Colter Wexler lui a chipé le ballon ! »

Le visage de ses amies se déforma de dépit. Normalement, Sylvie aurait partagé leur frustration. Après tout, elle faisait partie du département de commerce, et les Wall Street Warriors représentaient leur fierté commune. Mais, au fond d'elle, une satisfaction étrange s'alluma : voir Rhodes perdre, même brièvement, lui paraissait être une petite revanche intime, un juste retour de bâton.

« Je jure que je déteste ce type ! » explosa Corinne.

« Je le hais aussi ! » confirma Genevra, les sourcils froncés, ses doigts nerveux glissant dans ses cheveux bruns. « Il est tellement arrogant ! »

Colter Wexler, capitaine des Atomic Heat, était l'ennemi juré de Rhodes. Depuis trois ans, leurs équipes s'affrontaient comme chiens et loups à chaque tournoi. Par loyauté envers Rhodes, Sylvie s'était toujours rangée contre Colter. Pourtant, ce soir, ce n'était pas de la haine qu'elle ressentait en le voyant briller sur le terrain.

Ses deux amies ne cessaient de médire sur lui, mais Sylvie gardait le silence. Son regard restait accroché au jeu. Malgré les efforts des Warriors, l'Atomic Heat conservait l'avantage. Colter menait les siens d'une main ferme, repoussant chaque tentative adverse avec brio.

La fin du match arriva plus vite qu'on ne l'aurait cru. La victoire revint aux Atomic Heat, ce qui signifiait que les Warriors devraient battre les deux autres équipes pour espérer atteindre la finale.

« Non mais c'est pas vrai ! On a perdu contre eux ?! » geignit Corinne, la voix cassée par la déception.

Genevra, elle, cherchait des explications. « Ne t'en fais pas. Les gars se sont entraînés dur. Peut-être que Colter prend des produits, qui sait ? Sinon, ils ont juste eu de la chance. »

Corinne bomba le torse, convaincue : « Peu importe. Nos Warriors vont rebondir. Et quand la finale arrivera, Colter se fera humilier ! »

Puis leurs yeux se tournèrent vers Sylvie. « Et toi, alors ? Tu ne dis rien. Tu es de notre côté, pas vrai ? Oublie Rhodes deux minutes. On reste avant tout les supporters des Warriors. »

Cette passion dévorante s'expliquait par l'importance du basket à Luxford. Depuis son arrivée à l'université, Sylvie avait découvert à quel point ce sport galvanisait les foules. Chaque joueur devenait une star locale, et les relations amoureuses avec eux faisaient partie intégrante de la légende étudiante. La loyauté envers son département enflammait les esprits au point de provoquer des bagarres dans les gradins.

Alors, piquée au vif par les doutes de ses amies, Sylvie hocha la tête. « Bien sûr. Je soutiens les Warriors. C'est juste que... je me sens un peu à plat. »

Corinne se pencha vers elle, le regard doux. « Je suis désolée pour toi, ma belle. Que Rhodes ait osé te laisser tomber comme ça... Si seulement on pouvait le faire revenir sur sa décision. »

Genevra enserra Sylvie dans ses bras à son tour. « On est là, quoi qu'il arrive. On ne te laissera pas affronter ça seule. »

Sylvie aurait voulu y croire. Mais la vérité, c'est que ses deux amies sortaient avec Tom et Archie, joueurs des Warriors. Et la coutume voulait que l'équipe entière, après chaque match gagné ou perdu, se retrouve au Nook & Brew Café. Là-bas, copines et basketteurs formaient un cercle fermé. Sylvie, depuis la rupture, n'en faisait plus partie.

Alors, en quittant les gradins avec elles, elle déclara d'un ton volontaire : « Allez-y. Moi, je rentre. »

« Tu es sûre ? » insista Genevra, visiblement gênée. « Tu ne veux pas au moins passer dire bonjour aux gars ? »

Sylvie secoua la tête. « Non. C'est mieux comme ça. »

Corinne lui adressa un signe de la main, émue. « On t'aime, Sylvie. Ne l'oublie pas. On restera toujours tes meilleures amies. »

Elle força un sourire. « Heureusement que je vous ai. »

Deux heures plus tard, Sylvie traînait dans l'appartement qu'elle partageait avec ses deux amies. Le silence pesait. Elle s'était contentée d'un bol de nouilles instantanées avant de s'affaler devant la télévision.

Tout avait commencé grâce à Rhodes : c'est par lui qu'elle avait rencontré Corinne et Genevra, toutes deux déjà proches l'une de l'autre. Sylvie, étrangère à Luxford, s'était rapidement intégrée grâce à elles. Leur trio, surnommé par les joueurs « Champagne et Spice » à cause de leurs cheveux – le roux flamboyant d'Corinne, le blond lumineux de Sylvie et le châtain clair de Genevra – paraissait inséparable.

Deux ans plus tôt, elles avaient emménagé ensemble dans un duplex en dehors du campus. Tout avait semblé parfait, jusqu'à aujourd'hui.

« Est-ce que tout pourra redevenir comme avant ? » souffla Sylvie en reposant son bol vide.

Son téléphone l'attendait sur la table basse. Elle l'attrapa, l'écran brillant dans l'obscurité du salon. Elle voulait effacer Rhodes de sa mémoire, supprimer ses photos, couper les ponts. Mais en faisant défiler la galerie, elle retomba sur tous ces souvenirs : leurs déjeuners complices sur le campus, les bras de Rhodes autour d'elle au bal de l'année précédente, leurs soirées, les repas qu'il lui cuisinait... Et cette vidéo, surtout : son anniversaire, le dîner surprise suivi de feux d'artifice qu'il avait fait tirer devant tous leurs amis.

Une larme roula sur sa joue. Elle se souvenait encore de cette première année où il l'avait courtisée, patient et insistant, avant qu'elle accepte enfin. Leur histoire n'avait pas été parfaite, mais elle avait été heureuse. Alors pourquoi l'avait-il abandonnée si brutalement ?

Le chagrin la submergea. Son corps se plia, secoué par les sanglots. Puis, relevant la tête, elle murmura : « Peut-être que je devrais lui reparler... Je pourrais rester à ses côtés, l'aider, même s'il poursuit son rêve. »

Elle prit une décision impulsive : elle ne renoncerait pas. Elle changea de tenue, enfila une veste et sortit. Ses pas la menèrent droit au Nook & Brew Café. Le cœur battant, elle franchit l'entrée, espérant trouver une ouverture.

Dans un coin, l'équipe au complet riait autour de quelques tables. Sylvie inspira profondément, prête à s'avancer. Mais ce qu'elle vit la figea sur place.

Rhodes était là, souriant, une fille assise sur ses genoux. Leurs lèvres se collèrent dans un baiser qui la transperça comme une lame.

Corinne applaudit. « Vas-y, Rhodes ! »

Genevra leva sa bière. « Vous êtes trop mignons ! Allez, Florence, fais plaisir à notre capitaine ! »

La jeune fille – Florence – lui caressa la joue en riant. « Bébé, j'espère que ça t'aide à te sentir mieux. »

Rhodes la gratifia d'un nouveau baiser passionné. « Merci, ma belle. Je me sens déjà beaucoup mieux. »

Sylvie sentit la colère monter, brûlante. Ses poings se serrèrent. Sa voix jaillit, brisée par la rage et la douleur :

« QU'EST-CE QUI SE PASSE ICI, BORDEL ?! »

Et, le regard rivé sur lui, elle hurla : « Rhodes... pourquoi ? »

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