
L'année sombre
Chapitre 2
Chapitre I
Avant
Jeudi 26 août
« Des dieux»
Dans une désertique province au terme de l’été, les deux hommes se tenaient là, devant le bassin de la piscine, sous les puissants rayons d’Hélios dans un climat semi-tropical, humide et chaud. Les cœurs des amoureux, émerveillés par une situation de vie parfaite, battaient au rythme suivant l’orchestre d’un amour parfait. Autour d’eux, une gigantesque villa en pierre blanche et en bois, comme ces luxueuses maisons grecques, qui se dressait sur une vaste étendue de champs et d’arbres fruités. Une parfaite résidence sous leurs pieds tel un insecte devant la vertigineuse puissance du couple. Le son des cigales, la douce et légère brise de vent, les chevaux battant le sol sec, non loin de la maison, animaient l’atmosphère enchanteresse de ce domaine.
L’un avait de magnifiques cheveux blond doré, avec un grand front et un amour certain pour ses propres convictions. Bien sûr, il négligeait le monde autour de lui, il adorait contrôler la totalité de ceux qui l’entouraient sans jamais se soucier des répercussions de chacun de ses actes sur les pauvres victimes tombées dans son jeu de manipulation. Le parfait pervers narcissique.
L’autre était plus docile, peut-être même trop. Les cheveux châtain clair et les yeux marron foncé, les traits de son visage reflétaient les sombres aspects de sa personne et il semblait qu’une certaine obsession pour l’ordre et l’organisation se dégageait de cet individu. Le regard toujours profond négligeant le monde qui l’entoure faisait de lui un homme serein.
Dans le grand bassin de l’eau turquoise, ils s’admiraient et contemplaient tout ce qu’ils avaient construit autour d’eux. Soudainement, un puissant désir d’érotisme provoqua une forte attirance entre les deux égaux. Enlacés, sous la puissance de leurs musculatures ils s’adonnaient au péché capital de la chair, une dernière fois avant de quitter ce havre de paix. Les caresses du soleil sur leur peau douce et soyeuse telle de la soie transformaient ce moment sauvage et brutal en un jeu de séduction et d’amour sans limites. Le bruit de l’orgasme de chacun surplombait la totalité de ce cadre enchanteur qui juste avant berçait ces lieux d’une douce mélodie. Les deux mains serrées d’une poigne forte, ils goûtaient un peu plus à la douceur de la beauté de la caresse de ce monde.
Bien que le soleil n’allât pas tarder à se coucher, main dans la main après l’acte sexuel, les jeunes adorateurs ébranlaient le marbre chaud de la terrasse, comme s’ils avaient traversé des quartiers, des villes, des pays en une fraction de seconde. Ils se dirigeaient vers l’intérieur de cette sublime bâtisse afin de récupérer leurs affaires. Il était temps pour les monarques de quitter ce havre de paix et de retrouver le quotidien des mortels. Bien qu’ils étaient des dieux en ces lieux, auprès de leurs compères ils ne restaient que des demi-dieux. Adorés et respectés de tous, pour le courage de leur histoire forte chargée d’émotions.
Depuis plusieurs années, ils partageaient chaque instant de leur vie parfaite ensemble et même lorsqu’ils s’ennuyaient, ils ne perdaient pas de temps, car ils s’étaient promis de ne jamais gâcher la moindre seconde de chaque instant l’un avec l’autre. Après tout, il s’agissait là de dieux vivants. Cupidon lui-même n’aurait pas eu le pouvoir de les unir quand le monde réalisait la vigueur de leur amour.
Lorsque les dernières étincelantes lumières du soleil eurent basculé de l’autre côté du penchant du monde, derrière les imposantes montagnes, l’un éteignait les dernières lumières éclairant la terrasse encore chaude de cette magnifique journée et de la chaleur dégagée par l’amour des dieux, l’autre finissait de ranger les bagages dans la voiture. Adressant un dernier regard de regret et réticent à l’idée de quitter cet endroit, la voiture s’élançait pour une longue et sombre route.
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