
L'Amour Trahi, La Vengeance Servie
Chapitre 2
Le directeur des ressources humaines m'a convoquée dans son bureau. Son visage était impassible, professionnel jusqu'au bout des ongles.
Il a posé une lettre de licenciement sur la table en bois sombre entre nous.
« Mademoiselle Dubois, pour des raisons de restructuration interne, nous mettons fin à votre contrat. »
J'ai fixé le papier, les mots dansant devant mes yeux. J'étais l'assistante personnelle de Marc Chevalier, le PDG. Personne dans cette entreprise n'osait me manquer de respect, encore moins me licencier.
Ma voix était calme, trop calme.
« Une restructuration ? Mon poste est directement rattaché à celui de Monsieur Chevalier. »
Le DRH a poussé un soupir à peine audible. Il a évité mon regard.
« C'est une décision qui vient de très haut, Jeanne. »
Très haut. Il n'y avait personne au-dessus de Marc Chevalier dans cette tour de verre et d'acier.
Une seule personne pouvait prendre cette décision.
Lui.
J'ai senti un froid glacial m'envahir. Ça n'avait aucun sens. Hier encore, il m'embrassait dans notre appartement, me promettant un week-end à Deauville.
Le DRH, mal à l'aise, a ajouté à voix basse :
« Sophie Laurent est de retour à Paris. »
Sophie Laurent.
Ce nom a résonné dans ma tête. L'héritière de l'empire du luxe Laurent, l'amour de jeunesse de Marc, son âme sœur auto-proclamée.
Celle qu'il n'avait jamais vraiment quittée.
Tout est devenu clair. D'une clarté brutale et douloureuse.
Il ne me licenciait pas pour une restructuration.
Il me sacrifiait.
C'était un gage de bonne foi pour Sophie. Un cadeau de bienvenue.
« Je comprends. »
Ma voix n'a pas tremblé. J'ai pris le stylo et j'ai signé les documents, un par un. Mon nom, Jeanne Dubois, tracé d'une main ferme sur le papier qui anéantissait ma vie professionnelle.
Le DRH a semblé soulagé.
« Vos affaires personnelles ont déjà été emballées. Elles sont à l'accueil. Vous pouvez partir immédiatement. »
Je me suis levée, sans un mot de plus.
La trahison avait un goût amer, métallique.
Et le pire, c'est que je savais que ce n'était que le début. Marc me renvoyait de son bureau, mais il n'avait pas l'intention de me laisser sortir de sa vie.
Pas encore.
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