
L'Amour Brisé, L'Enfant Sacrifié
Chapitre 2
Le téléphone a sonné, et la voix de ma femme, Sophie, était glaciale, sans aucune émotion.
« Alexandre, j'ai envoyé Léo dans une école. »
Je tenais une casserole, le dîner de Léo était presque prêt. Ses pâtes préférées.
« Quelle école ? On n'en a pas parlé. Il est où ? »
« Une école de redressement. Il faut qu'il apprenne. »
Mon cerveau s'est figé. Une école de redressement ? Pour Léo ? Mon fils de sept ans ?
« Sophie, tu es folle ? Pourquoi ? Qu'est-ce qu'il a fait ? »
« Il a cassé la montre de Marc. Tu sais ce qu'elle représentait pour lui. C'était un cadeau de son grand-père. Léo doit comprendre que les actions ont des conséquences. »
La montre. La stupide montre que Léo avait accidentellement fait tomber en jouant. Marc, son ami d'enfance, était là. Il avait vu Léo pleurer, terrifié. Marc avait même dit que ce n'était pas grave.
« Mais c'était un accident ! Sophie, ramène-le à la maison. Tout de suite. »
« Non. C'est décidé. Il y restera un mois. N'essaie pas de le récupérer, les papiers sont signés. »
Elle a raccroché.
Le silence dans l'appartement est devenu assourdissant. J'ai lâché la casserole, les pâtes se sont renversées sur le sol. Je n'ai même pas réagi. J'ai attrapé mes clés et je suis sorti en courant.
Je suis retourné à la maison, espérant la trouver, la forcer à me dire où était Léo. L'appartement était vide, mais une valise manquait. La sienne. Sur la table du salon, une enveloppe. Je l'ai déchirée. C'était des papiers de divorce. Déjà signés par elle.
Mon cœur s'est brisé. Pas seulement pour le divorce, mais pour la cruauté calculée de tout ça. Elle avait tout prévu.
J'ai appelé ses parents. Son père a décroché.
« Papa, c'est Alexandre. Sophie... elle a emmené Léo. »
Ma voix tremblait.
J'ai conduit comme un fou jusqu'à l'adresse qu'elle m'avait finalement envoyée par texto, après des dizaines d'appels sans réponse. C'était un bâtiment lugubre, isolé à la campagne, avec des murs hauts et du fil de fer barbelé. On aurait dit une prison.
Un gardien m'a bloqué à l'entrée.
« Personne ne peut entrer. Ordres de Mme Dubois. »
« C'est mon fils ! Je veux voir mon fils ! »
J'ai crié, j'ai supplié, j'ai cogné contre le portail en métal. Rien. L'homme est resté immobile, comme une statue de pierre.
Puis mon téléphone a sonné. C'était un numéro inconnu.
« Monsieur Dubois ? C'est l'hôpital central. Votre fils, Léo Dubois, a été admis aux urgences. »
Le monde s'est effondré sous mes pieds.
J'ai conduit jusqu'à l'hôpital, le cœur battant à tout rompre dans ma poitrine. Une infirmière m'a conduit dans une chambre.
Léo était là, sur le lit. Petit, pâle, avec des tubes partout. Sa tête était bandée. Il était dans le coma.
« Que s'est-il passé ? » ai-je demandé, la voix brisée.
« Il a fait une chute grave. Traumatisme crânien. C'est la directrice de l'école qui l'a amené. Elle a dit que c'était un accident. »
L'infirmière a hésité, puis a ajouté, d'une voix plus douce :
« Votre femme, Sophie, est passée plus tôt. »
« Elle est venue ? » Un minuscule espoir est né en moi.
« Oui. Elle a déposé les papiers d'admission, a confirmé que l'assurance couvrirait tout. Elle a aussi laissé un message pour vous. »
Elle m'a tendu un post-it.
Dessus, l'écriture de Sophie, élégante et froide.
« Les papiers du divorce sont sur la table. Je suis avec Marc. Ne me cherche plus. »
J'ai regardé mon fils, inerte. J'ai regardé le mot. Et pour la première fois de ma vie, j'ai ressenti une haine pure.
J'ai appelé ses parents de nouveau, incapable de former des phrases cohérentes. Je pleurais, je suffoquais.
« Il est à l'hôpital... dans le coma... Elle m'a quitté... pour Marc... »
Ils sont arrivés en une heure. Le visage de mon beau-père était dur comme la pierre, celui de ma belle-mère était baigné de larmes.
Je me suis effondré dans les bras de mon beau-père.
« Je veux divorcer. Je la déteste. Je veux juste récupérer mon fils. S'il vous plaît... aidez-moi à récupérer mon fils. »
Il a posé une main lourde sur mon épaule, son silence plus éloquent que n'importe quelle parole.
Vous aimerez aussi





