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Couverture du roman L'Amour Brisé de l'Oncle

L'Amour Brisé de l'Oncle

Orpheline recueillie par Monsieur Dubois, Amélie vit un conte de fées jusqu'à ses dix-huit ans. Tout bascule quand son protecteur l'accuse injustement d'inceste et l'envoie subir trois ans de calvaire dans une abbaye isolée. Brisée par la torture et privée d'études, elle voit Dubois revenir avec Claire, sa fiancée machiavélique. Ignorée et persécutée, Amélie ne songe plus qu'à s'échapper. Munie d'un billet pour le Canada, elle prépare sa fuite pour renaître loin de cet enfer.
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Chapitre 2

Amélie a perdu ses parents dans un accident de voiture. Monsieur Dubois, un ami de son père, un homme d'affaires riche et de dix ans son aîné, l'a adoptée. Il vivait seul dans une immense villa à Paris.

Dès le premier jour, il lui a dit : « Appelle-moi Oncle Dubois. »

Amélie, encore sous le choc de la mort de ses parents, a hoché la tête docilement.

Monsieur Dubois la traitait comme une princesse, il lui achetait tout ce qu'elle voulait, des vêtements de marque, des bijoux coûteux, des jouets rares. Il a même rempli une pièce entière de robes de poupées pour elle. Sa chambre était plus grande que tout l'appartement où elle vivait avec ses parents.

Il lui disait souvent : « Amélie, tu es ma petite princesse. Je te donnerai tout ce que tu désires. »

Amélie a grandi dans ce luxe, isolée du monde extérieur. Elle n'avait pas besoin de s'inquiéter de quoi que ce soit, Oncle Dubois s'occupait de tout.

Le jour de ses dix-huit ans, il lui a organisé une fête somptueuse. Mais Amélie n'était pas heureuse. Elle se sentait vide.

Cette nuit-là, elle est entrée dans le bureau de Monsieur Dubois. Sur son bureau, il y avait un chapelet qu'il gardait précieusement, un objet qui, disait-il, appartenait à sa mère. Amélie l'a pris. Elle sentait son cœur battre très fort. Elle a glissé le chapelet sous sa chemise, contre sa peau. C'était un geste étrange, une transgression. Elle voulait sentir quelque chose, n'importe quoi.

La porte s'est ouverte brusquement. Monsieur Dubois était là, la regardant. Son visage, habituellement souriant, était déformé par la fureur.

« Qu'est-ce que tu fais ? » a-t-il crié.

Il a vu le renflement sous sa chemise et a arraché le chapelet.

« Tu manques de moralité ! » a-t-il hurlé, son visage rouge de colère. « Tu désires ton oncle ! C'est dégoûtant ! »

Amélie était pétrifiée, incapable de prononcer un mot. Elle ne comprenait pas sa réaction.

Le lendemain matin, elle a trouvé sur la table une lettre. C'était sa lettre d'admission à la Sorbonne. Elle en avait rêvé toute sa vie. Monsieur Dubois l'a prise et l'a déchirée devant ses yeux, lentement, morceau par morceau.

« Tu n'iras nulle part, » a-t-il dit d'une voix glaciale. « Tu as besoin d'apprendre la bienséance et les bonnes mœurs. »

Il l'a envoyée dans une institution religieuse stricte en province, l'Abbaye de Sainte-Agnès.

« Tu y resteras jusqu'à ce que tu aies appris à te comporter, » a-t-il dit en la laissant à la porte de l'abbaye.

Dès le premier jour, l'enfer a commencé. Les religieuses étaient cruelles. On lui a mis de la moutarde dans les yeux pour la punir d'avoir regardé un gardien. On l'a traînée par les cheveux dans les escaliers parce qu'elle ne marchait pas assez vite. La nuit, des hommes entraient dans sa cellule. Elle a arrêté de compter les jours.

Trois ans plus tard, un jour, une voiture noire s'est arrêtée devant l'abbaye. Monsieur Dubois en est sorti. Il n'avait pas changé. Il était toujours aussi élégant. Mais il n'était pas seul.

Une femme se tenait à ses côtés, Claire. Elle était magnifique, douce, et elle portait un énorme diamant au doigt.

« Amélie, » a dit Monsieur Dubois, « je te présente ma fiancée, Claire. »

Amélie n'a rien dit. Elle était vide. Son regard était terne.

Elle a été forcée de retourner à la villa et de cohabiter avec eux. Monsieur Dubois l'ignorait complètement, comme si elle n'existait pas. Claire, sous ses airs de douceur, était une manipulatrice.

Amélie a découvert que sa chambre, celle où elle avait grandi, avait été transformée. C'était maintenant une niche de luxe pour les chats de Claire. Des arbres à chats en bois précieux, des coussins en soie, des gamelles en porcelaine.

Claire lui a souri. « J'espère que ça ne te dérange pas. Mes chats sont très sensibles, ils avaient besoin d'un espace à eux. Tu dormiras dans la chambre d'amis. »

Amélie a hoché la tête.

Le soir, au dîner, Monsieur Dubois et Claire parlaient de leur futur mariage. Amélie mangeait mécaniquement, le regard fixé sur son assiette.

Monsieur Dubois l'a regardée et a dit à Claire : « Tu vois, l'abbaye lui a fait du bien. Elle a enfin appris à se tenir. »

Claire a souri. « Oui, elle est beaucoup plus sage. »

Dans le silence de sa nouvelle chambre, Amélie a pris une décision. Elle devait fuir. Elle a commencé à économiser le peu d'argent qu'on lui donnait, cachant les pièces et les billets sous son matelas. Après des mois, elle a réussi à acheter un billet d'avion pour le Canada. Un aller simple.

La nuit avant son départ, elle n'arrivait pas à dormir. Les souvenirs de l'abbaye la hantaient, les bruits, les douleurs. Monsieur Dubois est entré dans sa chambre sans frapper. Il la regardait avec une expression étrange.

Amélie, confuse, traumatisée, a eu un flash-back. Elle a revu les hommes de l'abbaye. Dans un état de panique, elle a commencé à défaire sa ceinture, un geste de soumission appris dans la douleur.

Monsieur Dubois l'a vue. Son visage s'est tordu de dégoût et de fureur.

« Tu es vraiment incurable, » a-t-il sifflé.

Il l'a repoussée violemment. Sa tête a heurté le mur.

« Écoute-moi bien, Amélie, » a-t-il dit, sa voix remplie de haine. « Je ne t'aimerai jamais. Jamais. »

Il est parti en claquant la porte.

Le lendemain, Claire est venue la voir avec un grand sourire.

« Viens, Amélie. On va choisir le lieu de notre mariage. Monsieur Dubois veut que tu viennes. »

Elles sont allées sur un grand yacht. La mer était agitée. Pendant que Monsieur Dubois était occupé à l'intérieur, Claire s'est approchée d'Amélie.

« Tu sais, Amélie, je sais tout. Je sais que tu l'aimes. »

Amélie n'a pas répondu.

« Tu es une menace, » a continué Claire. « Il faut que tu disparaisses. »

Puis, elle a sauté par-dessus bord en criant. Monsieur Dubois est sorti en courant. Il a vu Claire se débattre dans l'eau. Il a plongé sans hésiter.

Une fois Claire en sécurité sur le pont, trempée et feignant la panique, elle a pointé Amélie du doigt.

« C'est elle ! Elle m'a poussée ! »

Monsieur Dubois a tourné vers Amélie un regard meurtrier.

« Je t'avais prévenue, » a-t-il dit.

De retour à la villa, il l'a traînée dans le sous-sol. Il a pris un fouet.

« Tu vas payer pour ce que tu as fait. »

Il l'a fouettée, encore et encore. Amélie ne criait pas. Elle serrait les dents. La douleur n'était rien comparée à ce qu'elle avait vécu à l'abbaye. Son silence l'a rendu encore plus furieux.

Le fouet a déchiré sa chemise, exposant son dos. Monsieur Dubois s'est arrêté net. Son dos était un réseau de cicatrices, anciennes et nouvelles, des marques de brûlures, de coupures. Des preuves des trois années d'enfer.

Claire est arrivée à ce moment-là.

« Ne te laisse pas avoir, » a-t-elle dit doucement. « Elle se fait ça toute seule pour attirer ton attention. C'est une manipulatrice. »

Aveuglé par la colère et la jalousie, il l'a crue.

« Tu es privée de nourriture jusqu'à nouvel ordre, » a-t-il ordonné.

Quelques jours plus tard, c'était l'anniversaire de Monsieur Dubois. Claire a organisé une grande fête. Amélie, affaiblie, a été forcée d'y assister. Elle lui a offert un cadeau, un bracelet de famille qu'il lui avait donné quand elle était plus jeune, un symbole de la future maîtresse de maison. C'était sa façon de dire adieu.

Soudain, un lustre s'est décroché du plafond, tombant droit sur elle. Monsieur Dubois, par réflexe, l'a poussée et l'a protégée de son corps. Il a été blessé au bras.

Sur le chemin du retour de l'hôpital, Claire conduisait. Elle a abandonné Amélie sur le bord d'une route déserte en pleine nuit.

Quand Amélie est enfin rentrée à la villa après des heures de marche, elle a trouvé la maison en feu. Les gardes du corps l'ont attrapée. Claire, légèrement brûlée, l'accusait d'avoir mis le feu.

À l'hôpital, aveuglé par la rage, Monsieur Dubois a pris une décision monstrueuse. Claire avait besoin d'une greffe de peau.

« Prenez la sienne, » a-t-il ordonné aux médecins.

Amélie a subi l'opération sans anesthésie. Claire l'avait exigé. La douleur était inimaginable, mais elle n'a pas crié.

Plus tard, dans sa chambre d'hôpital, elle a entendu les infirmières parler.

« Monsieur Dubois et Mademoiselle Claire se marient demain. Il a réservé tout l'hôtel de luxe pour la cérémonie. »

Le jour du mariage, Claire est venue la voir.

« Tu vois, Amélie. Tu as perdu. »

Elle a ouvert la porte de la chambre et a fait entrer une dizaine de vagabonds.

« Amusez-vous bien avec elle, » a dit Claire en partant.

Elle a ensuite couru trouver Monsieur Dubois, en larmes, l'accusant d'avoir voulu la faire agresser par ces hommes. Furieux, il est venu à la chambre. Il a vu Amélie, terrifiée, entourée par les vagabonds.

« C'est ta punition, » a-t-il dit froidement avant de refermer la porte, l'abandonnant à son sort.

Amélie a été agressée. Toute la nuit.

Le lendemain matin, elle a reçu un message sur son téléphone. Un rappel pour son vol vers le Canada. C'était aujourd'hui. Mais il était trop tard. Tout était détruit.

Brisée, désespérée, elle est montée sur le toit de l'hôtel. En bas, la voiture de mariage de Monsieur Dubois arrivait.

Elle s'est jetée dans le vide.

Son corps s'est écrasé sur le capot de la voiture, juste devant lui. Son corps était nu, mutilé. Ses yeux étaient grands ouverts, fixés sur lui.

Il a vu l'horreur. Il a compris. Le chagrin et la culpabilité l'ont submergé.

Il a demandé une autopsie. Claire a tenté de l'en dissuader. Il a insisté. Il a vu les enregistrements de surveillance de l'abbaye. Il a vu les trois années de torture. Il a vu les marques sur le mur de sa cellule : « Sauve-moi, Oncle Dubois. »

Il s'est vengé. Il a retrouvé chaque personne responsable à l'abbaye et les a torturés à mort. Il a incendié l'abbaye.

Il a appris que Claire était responsable de l'incendie de la villa et de la manipulation autour du corps d'Amélie. Il l'a conduite dans un village abandonné et l'a livrée à des chiens affamés.

Puis, il a décidé de subir les mêmes tortures qu'Amélie. Électrochocs, coups de fouet, faim.

L'esprit d'Amélie, piégé sur terre, l'observait. Un moine a tenté de l'aider à passer dans l'au-delà, mais elle a refusé. Elle l'a maudit.

Il a sombré dans la folie. Il est mort seul, abandonné, son corps dévoré par les chiens errants.

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