
L'Alpha m'a donné trois Bébés
Chapitre 3
La lumière du matin perçait à travers les grandes fenêtres de la clinique, baignant l'espace de soleil et de chaleur. Olivia fit lentement le tour de son nouvel endroit de travail, une petite clinique nichée en plein cœur de Seacrest. Elle avait mis des mois à planifier son retour et à construire cet espace qui serait à la fois un refuge et un lieu de soins pour ceux qui en avaient besoin. Elle s'arrêta un instant, observant chaque détail de la salle de consultation. Les plantes qu'elle avait soigneusement placées le long des étagères, les flacons d'herbes et de potions aux étiquettes soigneusement écrites à la main, le doux parfum d'eucalyptus et de lavande qu'elle aimait tant. Cet endroit, c'était son sanctuaire.
Alors qu'elle ajustait une dernière fois les pots de céramique contenant ses préparations, une de ses premières clientes entra, une femme âgée avec un sourire fatigué. Olivia se tourna vers elle avec chaleur, l'invitant à s'asseoir.
« Merci d'avoir pris le temps de me recevoir, Olivia, » dit la femme en s'installant. « Vous savez, cela fait des années que je souffre de douleurs aux articulations, et j'espère que vos remèdes seront plus efficaces que tout ce que j'ai essayé jusqu'à présent. »
Olivia lui sourit, posant une main réconfortante sur son épaule. « Je vais faire de mon mieux, je vous le promets. » Elle l'écouta patiemment, prenant des notes, posant des questions sur son état de santé, et se mit à lui préparer une infusion spéciale. Ses gestes étaient précis, appliqués, et elle ressentait cette satisfaction tranquille qu'elle avait toujours éprouvée en aidant les autres, un sentiment qui la comblait bien plus que les anciennes mondanités de la haute société des loups-garous.
Au fur et à mesure que la matinée avançait, les patients se succédaient. Il y avait des mères avec leurs enfants, des jeunes venus chercher des remèdes pour de petites blessures, et même des membres d'autres meutes curieux de voir la célèbre guérisseuse de retour en ville. Elle sentit une paix s'installer en elle, malgré les épreuves de son passé, et elle commençait presque à se dire qu'elle avait fait le bon choix en revenant.
Lors d'une pause entre deux patients, elle remarqua un petit paquet joliment emballé, déposé discrètement sur le coin de son bureau. Elle fronça les sourcils, se demandant qui pouvait lui avoir laissé cela. Curieuse, elle défit le ruban d'un geste lent, dévoilant un bracelet fin en argent, orné de pierres d'améthyste. Un petit mot était glissé à l'intérieur de la boîte : « Pour une femme au cœur aussi pur que ses talents. Puisse ce bracelet vous protéger, tout comme vous protégez les autres. »
Elle resta un instant immobile, observant le cadeau en silence. La délicatesse du présent la troublait. Qui pouvait bien lui offrir un tel cadeau ? Elle chercha autour d'elle, mais il n'y avait personne. Elle se mordilla la lèvre, hésitante. Était-ce un geste sincère, ou bien une tentative d'attirer son attention ? Le mystère ne faisait que raviver les doutes qui sommeillaient en elle depuis son retour. À Seacrest, chaque geste pouvait cacher une intention bien plus complexe.
Plus tard dans la journée, après une longue série de consultations, elle décida de fermer la clinique plus tôt que prévu pour retrouver ses enfants. À peine rentrée chez elle, elle les aperçut en train de jouer dans le jardin, leurs rires clairs emplissant l'air. Elle s'approcha d'eux, souriante, heureuse de retrouver cette simplicité.
« Maman ! » s'écria Ryker en courant vers elle, ses petits bras ouverts, ses yeux brillants de joie. Elle le serra contre elle, respirant son odeur douce de savon et de terre. Luna suivait juste derrière, son visage sérieux, mais ses yeux pétillants.
Après les avoir embrassés tous les deux, elle les observa un instant. Le retour à Seacrest semblait leur faire du bien, et voir ses enfants heureux dissipait quelque peu ses inquiétudes. Pourtant, alors qu'elle leur demandait comment s'était passée leur journée, Ryker posa une question qui la surprit.
« Maman, c'est vrai qu'on a un papa ici ? »
Le cœur d'Olivia se serra. Elle s'était préparée à ce genre de question, mais l'entendre la ramena à une réalité qu'elle aurait préféré éviter, du moins pour l'instant. Elle s'accroupit à leur hauteur, cherchant les mots.
« Oui, mon cœur, » dit-elle doucement, « vous avez un papa. »
Luna, plus réservée que son frère, l'observait avec un sérieux qui dépassait son âge. « Pourquoi il n'est jamais venu nous voir ? Est-ce qu'il ne nous aime pas ? »
Olivia sentit une pointe de douleur traverser son cœur. Elle avait tenté de protéger ses enfants de cette vérité complexe, de la relation tumultueuse qu'elle avait eue avec Victor. Comment pouvait-elle leur expliquer que leur père, bien qu'il les aime sans doute à sa manière, n'avait jamais su combler le vide qu'il avait laissé ?
« Ce n'est pas qu'il ne vous aime pas, » murmura-t-elle, caressant la joue de Luna. « Votre papa... il a toujours eu beaucoup de responsabilités. Parfois, les adultes doivent faire des choix difficiles. » Elle se força à sourire pour cacher la tristesse qu'elle ressentait.
Ryker fronça les sourcils, comme s'il essayait de comprendre. « Alors, il est ici maintenant ? Est-ce qu'il va venir nous voir ? »
Avant qu'elle ait le temps de répondre, une voix se fit entendre derrière elle, une voix familière qui envoya un frisson le long de son échine. « Je suis là, en effet. »
Elle se retourna brusquement et vit Victor, se tenant près de la clôture du jardin. Son visage était indéchiffrable, mais ses yeux semblaient vulnérables, remplis d'émotions qu'il cachait difficilement. Les jumeaux le fixaient avec curiosité, un mélange d'émerveillement et d'incertitude dans leurs regards. Pour eux, cet homme n'était qu'une figure lointaine, un père inconnu qui ressurgissait soudainement dans leur vie.
Victor s'avança lentement, s'accroupissant pour être à la hauteur des enfants. Olivia sentit son cœur battre plus vite, partagée entre la peur et l'espoir. Elle savait que cette rencontre était inévitable, mais elle n'aurait jamais imaginé qu'elle se passerait ainsi, de manière si inattendue.
« Ryker, Luna, » dit-il doucement, sa voix empreinte d'une émotion qu'il ne tentait plus de dissimuler. « Je suis votre papa. » Il tendit une main vers eux, hésitant, attendant leur réaction.
Les enfants le regardèrent un instant, puis Ryker, avec la franchise qui le caractérisait, demanda : « Pourquoi t'es jamais venu nous voir avant ? »
La question, posée si innocemment, eut l'effet d'une lame sur Victor. Il baissa un instant les yeux, cherchant les mots. Olivia observait la scène, sentant le poids de cette question se poser également sur elle. Victor releva finalement le regard, s'adressant directement à son fils.
« Parce que... parce que j'ai fait des erreurs, » avoua-t-il d'une voix rauque. « Je pensais que j'avais le temps de réparer les choses. Mais je comprends aujourd'hui que j'ai laissé passer beaucoup de moments importants. »
Luna, qui était restée silencieuse jusque-là, s'approcha timidement de lui. « Est-ce que tu nous aimes ? » Sa voix était à peine un murmure, mais la question trahissait toute la profondeur de ses doutes.
Victor posa une main tremblante sur la tête de sa fille, la caressant doucement. « Oui, Luna. Je vous aime tous les deux plus que vous ne pouvez l'imaginer. Et je suis là maintenant pour rattraper le temps perdu, si vous le voulez bien. »
Olivia sentit une larme rouler le long de sa joue. Elle essuya rapidement sa joue, refusant de montrer trop d'émotion. Elle n'était pas prête à pardonner si facilement, mais voir ses enfants recevoir enfin les réponses qu'ils attendaient la touchait profondément.
Les jumeaux échangèrent un regard, puis Ryker hocha la tête. « D'accord. Mais tu dois pas nous quitter encore, promis ? »
Victor sourit tristement, visiblement ému par la naïveté et la sincérité de son fils. « Promis, » murmura-t-il, sa voix à peine audible.
Les enfants s'approchèrent de lui, chacun prenant une de ses mains. Olivia, les observant en silence, se demanda si elle pourrait vraiment lui faire confiance de nouveau. Elle savait que la route serait longue, mais pour la première fois depuis longtemps, elle sentit une lueur d'espoir éclairer leur avenir incertain.
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