
L'Alpha et l'Héritière du Clan
Chapitre 2
Chapitre 2
- Tu veux que je t'épouse.
Aucune intonation dans la voix, juste une affirmation froide. Gianna laissa les mots rouler sur sa langue, cherchant à en mesurer le poison. Viktor ne sourcilla pas.
- C'est exactement ce que je veux.
- Alors tu es plus fou que je le pensais.
Un sourire effleura ses lèvres, fugace, comme un chat jouant avec une souris déjà à moitié morte.
- Et toi, plus lucide que je l'espérais.
Elle se leva d'un bond, ignorant la douleur dans ses poignets encore marqués par les liens. La pièce n'offrait aucune échappatoire, mais elle ne voulait pas lui donner la satisfaction de la voir docilement assise face à lui.
- Une union entre nos familles serait un désastre. Tu le sais.
- Non, ce serait une victoire.
Sa voix était calme, assurée. Pas un homme qui espérait convaincre, mais un homme qui savait déjà comment la partie allait se jouer.
- Tu veux contrôler mon père.
- Je veux éviter une guerre qui nous coûtera tous trop cher.
Elle laissa échapper un rire sec.
- Épargne-moi ton discours sur la paix. Tu ne fais jamais rien sans y gagner au passage.
- Bien sûr. Mais je ne suis pas le seul à y gagner, Gianna. Si nous nous marions, ton clan restera debout. Ton père restera en vie. Quant à toi... tu ne deviendras pas une monnaie d'échange entre d'autres mains bien plus impitoyables que les miennes.
Une colère brûlante monta en elle.
- Tu me menaces ?
- Je te préviens.
Ses yeux la scrutaient, impénétrables. Elle se demanda un instant ce qu'il voyait en elle. Une fille capricieuse et piégée ? Une héritière utile ? Une ennemie qu'il préférait garder à l'œil ?
- Si je refuse ?
Il s'appuya contre le dossier de son fauteuil, croisant les doigts devant lui.
- Tu seras libre. Tu pourras partir d'ici dans l'heure. Mais sache que sans notre alliance, ton père tombera. Et toi avec lui.
Elle ouvrit la bouche pour répliquer, mais aucun mot ne vint. Parce qu'il disait la vérité. Son père vieillissait. Ses alliés n'avaient plus la même loyauté qu'avant. Chaque jour, leurs ennemis gagnaient du terrain.
- Ce mariage... ce n'est pas une solution. C'est une cage.
- Non, c'est un trône.
La réponse la frappa plus fort qu'un coup de poing.
Elle recula d'un pas, cherchant une échappatoire dans ce jeu sans issue.
- Tu as déjà tout planifié, n'est-ce pas ?
Il haussa légèrement les épaules.
- Je suis un homme pragmatique. J'anticipe.
Les murs se refermaient. Sa liberté, son avenir, son identité même semblaient lui échapper. Mais elle n'était pas du genre à accepter la défaite sans se battre.
- Très bien.
Son ton était tranchant.
- Donne-moi vingt-quatre heures.
Un silence. Viktor l'observa un instant avant de hocher la tête.
- Accordé.
Elle ne le remercia pas.
L'occasion se présenta plus tôt qu'elle ne l'avait espéré.
Un garde distrait, une porte laissée entrebâillée, un couloir désert.
Son cœur battait à tout rompre, mais ses gestes restaient précis. Elle s'était entraînée toute sa vie à anticiper, à survivre.
Un pied dehors, l'air froid sur sa peau. Elle s'engagea dans l'ombre, avançant rapidement vers la sortie qu'elle avait repérée plus tôt.
Trois pas de plus.
Une main se referma sur son bras.
- Mauvaise décision.
Elle se retourna en un éclair, son poing visant son assaillant. Viktor para le coup sans effort, son regard brûlant de quelque chose qui n'était ni colère ni amusement.
- Je t'ai laissé une chance d'y réfléchir.
Elle se débattit, tenta de lui échapper, mais il était plus fort. Plus rapide.
- Tu ne peux pas m'obliger à t'épouser.
- Non. Mais tu n'as pas d'autre option viable.
Elle planta son regard dans le sien, essoufflée mais pas vaincue.
- Tu aurais dû me tuer.
Son sourire s'élargit, presque appréciateur.
- Mais alors, qui donc aurais-je pu épouser ?
Le piège était refermé. Et cette fois, elle n'avait aucun moyen de s'en échapper.
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