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Couverture du roman La Vengeance d'Alpha

La Vengeance d'Alpha

Trahi par Viktor Petrov, un homme d'affaires russe lui ayant volé des milliards, l'alpha italien Aurelien Di Luca enrage d'apprendre la mort de son rival. Sa soif de revanche se tourne alors vers Luna, la fille unique du défunt. Prêt à tout pour récupérer son dû, il ignore même que la jeune femme attend l'enfant d'un autre. Mais Luna refuse d'être un simple instrument et lutte pour sa liberté. Entre secrets sombres et désir, ce duel dangereux pourrait bien transformer leur haine en passion.
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Chapitre 1

Chapitre 1

L'appel arriva en plein milieu de la nuit.

Aurelien Di Luca, le maître incontesté de l'empire qu'il avait bâti à coups de poings et de crocs, n'était pas un homme que l'on dérangeait à cette heure. Pourtant, quand son assistant personnel, Marco, osa briser le silence de son manoir d'un simple *« Nous avons un problème. »*, Aurelien sut instantanément que quelque chose de grave se profilait.

Il se redressa, quittant le confort de ses draps en satin pour enfiler un peignoir noir, comme s'il revêtait une armure. Lorsqu'il entra dans son bureau, Marco l'attendait déjà, debout, les traits tendus.

- Parle, ordonna Aurelien d'une voix calme mais glaciale.

Marco tendit une tablette, les mains tremblantes. Ce n'était pas le genre d'homme à céder à la panique. Pourtant, les données affichées sur l'écran suffirent à provoquer une montée d'adrénaline chez Aurelien.

- Un compte offshore, expliqua Marco en déglutissant. Lié à une société écran que nous avons ignorée pendant des années. Jusqu'à hier, elle était remplie d'actions, de devises, de contrats d'investissement... Tout est parti, boss.

Le silence se fit pesant.

- Combien  ? demanda Aurelien, même si chaque fibre de son être voulait déjà détruire tout ce qui se trouvait sur son chemin.

- Environ trois milliards.

Trois milliards. C'était bien plus qu'une simple perte financière. C'était une insulte. Une attaque frontale contre tout ce qu'il représentait. Ses poings se crispèrent, ses ongles creusant la chair de ses paumes.

- Qui  ? murmura-t-il, sa voix à peine audible, mais chaque mot chargé d'une violence contenue.

Marco hésita. Il savait que son patron exigeait la vérité, même si elle était douloureuse.

- Viktor Petrov.

Le nom provoqua un éclat de rage pure. Aurelien lança la tablette à travers la pièce, la faisant exploser contre le mur. Viktor Petrov. L'homme qu'il avait toléré à ses côtés, qu'il avait considéré comme un allié temporaire dans un marché difficile. Un requin rusé, certes, mais suffisamment intelligent pour savoir jusqu'où il pouvait pousser sa chance.

Ou peut-être pas.

- Explique-moi, gronda-t-il. Tout. Maintenant.

Marco s'exécuta. Petrov avait utilisé leur partenariat pour s'insinuer dans des réseaux que même Aurelien trouvait complexes. Il avait ouvert des comptes, signé des contrats fictifs, déplacé des fonds par des voies impossibles à tracer. Jusqu'à récemment, tout semblait régulier. Puis, en l'espace de deux jours, tout avait disparu. Les milliards s'étaient évaporés, Petrov avec.

- Nous avons retrouvé des indices dans ses communications récentes, continua Marco. Des messages cryptés, des mouvements de comptes en Russie. Tout mène à une conclusion...

Aurelien se redressa, son regard acéré comme une lame.

- Il a planifié ça depuis le début, termina-t-il à la place de son assistant.

- Oui, confirma Marco. Et... il est mort.

Le mot résonna comme un coup de tonnerre.

- Mort  ?

- Un accident de voiture en Russie. Hier soir. Une collision frontale, pas de survivants.

Aurelien resta immobile, une statue de marbre, tandis que l'information s'insinuait dans son esprit. Pendant un instant, le silence revint. Puis un rire froid, sans joie, s'échappa de ses lèvres.

- Mort. Quel homme chanceux.

Marco se figea.

- Boss, je...

- Il s'est échappé, Marco, lâcha Aurelien, le ton tranchant. Cet enfoiré m'a volé trois milliards et a trouvé la seule issue que je ne peux pas contrôler. Une tombe.

Le silence s'étira encore, mais cette fois, il était chargé de menace.

- Faites-moi un rapport complet. Chaque mouvement qu'il a fait. Chaque contact qu'il a eu. Chaque centime qu'il a déplacé. Et trouvez-moi quelque chose. Une faille, une erreur. Je veux savoir comment il a osé croire qu'il pourrait m'enterrer vivant.

Marco acquiesça rapidement et quitta la pièce. Mais Aurelien ne bougea pas. Il resta là, les mains appuyées sur son bureau en acajou, son esprit déjà plongé dans un tourbillon de colère et de plans de vengeance.

Petrov était mort. C'était une échappatoire lâche, un ultime pied de nez qu'Aurelien refusait de tolérer. Le vol, il pouvait le comprendre. C'était la nature du monde dans lequel ils évoluaient. Mais priver Aurelien de la satisfaction de se venger  ? C'était un crime plus impardonnable encore.

Le lendemain, son détective privé, Matteo, entra dans son bureau avec des yeux cernés.

- J'ai trouvé quelque chose, boss.

Aurelien haussa un sourcil, l'espoir scintillant brièvement sous sa façade impassible.

- Parle.

Matteo hésita, cherchant ses mots.

- Petrov a une fille.

Un silence électrique s'installa.

- Une fille, répéta Aurelien. C'est tout ce que tu as  ?

- Pas exactement. Elle s'appelle Luna Petrov. Trente ans. Une ancienne photographe qui a coupé tous les liens avec son père il y a dix ans. Elle vit une vie discrète, loin de ses affaires. Mais... elle reste sa seule héritière.

Aurelien s'appuya contre son fauteuil, ses doigts tambourinant doucement sur l'accoudoir. Une étincelle de calcul brillant dans ses yeux.

- Où est-elle maintenant  ?

- À Florence. Elle a loué un petit appartement sous un faux nom. Probablement pour éviter d'être associée à lui.

Un sourire glacé étira les lèvres d'Aurelien.

- Bien. Continue de la surveiller. Et assure-toi qu'elle ne quitte pas la ville.

Matteo hésita une fraction de seconde avant de répondre :

- Boss, tu penses vraiment qu'elle...

- Je pense que les péchés des pères ne disparaissent pas avec eux, Matteo. Si Petrov est hors d'atteinte, sa fille ne l'est pas.

Le détective hocha la tête et quitta la pièce, laissant Aurelien seul avec ses pensées. Il savait que ses hommes se poseraient des questions, qu'ils murmureraient dans son dos, mais cela n'avait aucune importance. Il ne s'agissait pas seulement d'argent. Il ne s'agissait même pas de vengeance.

Il s'agissait de principe.

Petrov avait enfreint la règle sacrée : ne jamais trahir un homme plus puissant que soi. Il avait joué, perdu, puis fui. Mais il avait laissé un héritage, un point faible que même sa mort ne pouvait protéger.

Et Aurelien allait s'assurer que ce point faible paie le prix de la trahison.

Pour la première fois depuis qu'il avait appris la nouvelle, il se permit un sourire. Pas un sourire chaleureux ou satisfait, mais une expression froide, calculée, la promesse d'une tempête à venir.

Luna Petrov ne savait peut-être rien des crimes de son père. Mais elle allait bientôt apprendre ce qu'il en coûtait de croiser la route d'Aurelien Di Luca.

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