Couverture du roman La sœur du flic

La sœur du flic

8.3 / 10.0
Dans La sœur du flic, Alain braque des banques à distance pour fuir la précarité. Ce mystery mêlant action et romance bascule quand il s'éprend de la sœur du policier à ses trousses. Découvrez ce web novel captivant parmi les nouveaux fiction books à lire absolument.
Résumé de La sœur du flic
Au chômage et sans ressources, Alain Delon élabore un stratagème ingénieux pour dévaliser des banques à distance. Sa réussite fulgurante lui offre un luxe inespéré. En parallèle, son engagement caritatif l'amène à soutenir une mère de famille en grande détresse. Mais un lien dangereux unit ses deux vies : cette femme n'est autre que la sœur de l'officier de police traquant le mystérieux braqueur. Entre crime, altruisme et risques, le destin d'Alain devient précaire.
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La sœur du flic Chapitre 1

Je m’appelle Alain Delon, comme l’acteur, je n’ai pas son physique ni son talent. Mon père s’appelait Delon ; avec ma mère, ils étaient fans de l’artiste et donc à ma naissance le prénom d’Alain était une évidence. Ça n’a pas été toujours facile et à l’école j’avais droit aux moqueries de mes camarades. Plus tard avec les filles, c’était difficile ! avoir un tel patronyme sans la musculature me valait des railleries. Je suis célibataire.

Pendant toute ma vie, le choix de mes parents a été difficile. Le seul moment où il présentait un avantage, c’est quand je devais faire signer un bulletin de notes douteux ou le mot d’un professeur, je regardais le programme télé et j’attendais un film avec Alain Delon, le vrai ; dans ce cas, le document était signé sans même être lu. À cette époque, j’en voulais un peu à l’acteur de ne pas passer plus souvent, je rêvais qu’il présente le journal de vingt heures. Ma vie professionnelle n’a pas été simple non plus : présentez-vous à un entretien avec ce nom et mon physique, votre interlocuteur a du mal à garder son sérieux.

7 heures, je me réveille. Depuis bientôt trente ans, je n’ai plus besoin de réveil, je ne regarde même pas l’heure, je le sais. Depuis bientôt trois ans, ces levées de bonne heure n’ont plus de raison d’être, je suis au chômage et ma situation devient intenable. Je me dirige vers les toilettes, puis vers la salle de bains, je prends une douche à l’eau ; il me restait un peu de liquide vaisselle et je l’ai terminé hier, plus le moindre morceau de savon. J’enfile un slip, que j’ai rincé la veille en utilisant de la mousse à raser, posé sur le radiateur ; il est sec. Les chaussettes sont à côté, douteuses, mais sèches. Je m’habille avec des vêtements que je porte depuis plusieurs jours, inimaginable de faire une lessive, je pense, à quoi bon ? Bientôt, je serai à la rue et ce genre de détails n’aura plus aucune importance. Je me dirige vers la cuisine, il me reste un peu de café, je le vide dans le filtre, un peu d’eau et pendant que la cafetière fait son travail je médite sur mon quotidien.

Ma descente aux enfers a été très rapide. Il y a seulement trois ans, je partais au travail chaque matin l’esprit serein, j’étais contremaître dans une petite usine spécialisée dans la fabrication de sondes utilisées dans l’aéronautique, le marché est très étroit et notre produit, à part utiliser une autre technologie plus chère et moins fiable, permettait à notre atelier de dégager des marges confortables et d’avoir de nombreux avantages sociaux.

Un matin, notre représentant syndical est venu nous voir dans le vestiaire. Notre patron a vendu l’usine à un investisseur américain, nous n’avons rien à craindre, nous dégageons de bonnes marges sur un marché protégé par un brevet, les Américains ne vont pas tuer la poule aux œufs d’or. Très rapidement, nous avons appris qu’avec l’usine notre ancien patron a également cédé le brevet aux Américains. Nous étions tranquilles, il était logique que le brevet et l’usine soient vendus ensemble. Après quelques semaines, notre activité a commencé à diminuer, nous avions de moins en moins de travail et souvent nous restions à l’atelier sans rien faire. Notre syndicaliste est arrivé un matin dans le vestiaire, les Américains ont installé une usine en Chine et la production est délocalisée, notre acheteur va améliorer les marges grâce à un montant de main d’œuvre moindre.

Quelques jours plus tard, nous avons reçu les premières lettres de licenciement économique. Nous avons manifesté, occupé l’usine, de toutes les façons la production continuait en Chine et nos aboiements laissaient les investisseurs indifférents. L’usine a fermé et pôle emploi est devenu mon nouveau patron.

Mon conseiller a été très clair : retrouver un nouveau travail à 58 ans allait être très difficile et je n’aurai jamais les avantages et le salaire que j’avais, il me reste 4 ans à travailler pour arriver à 62 ans et espérer une retraite. J’ai fait plusieurs stages de formation : rédiger un cv, quelle attitude avoir lors d’un entretien, savoir lire une offre d’emploi et y répondre tout ceci pour rien. Chaque candidature, pour n’importe quel poste, avait la même réponse : votre candidature est très intéressante et nous ne manquerons pas de vous contacter dès qu’un poste correspondant à votre profil se libérera. J’ai tout essayé : vigile, préparateur de commandes, homme d’entretien, chauffeur-livreur, personne ne veut d’un vieux.

Très rapidement, le montant de mes indemnités diminue, je suis de plus en plus souvent à découvert. Mon premier poste de dépense c’est mon loyer, j’habite dans une petite résidence haut de gamme, tous les mois le pourcentage de cette dépense sur mes revenus augmente et le reste pour vivre devient de plus en plus faible. J’ai tenté de déménager, mais personne ne veut louer un logement à un chômeur, je suis coincé. Depuis peu, une fois mon découvert renfloué et mon loyer payé, il ne reste plus rien et depuis trois mois le prélèvement de mon hébergement a été rejeté par ma banque, je ne me fais aucune illusion, je vais très rapidement être expulsé.

Je suis célibataire et sans enfants, la vie a fait que je n’ai jamais trouvé une compagne. Mes parents sont décédés depuis longtemps et je suis fils unique, je n’ai aucune famille pour m’aider à passer ce cap avant d’avoir une petite retraite. Je ne vois aucune solution pour me sortir de cette impasse et je suis convaincu que très rapidement je vais devenir un de ces SDF que je voyais dans la rue, mon seul espoir c’est que j’étais très généreux avec eux et je pense qu’ils vont me le rendre. Je regarde mes placards et mon réfrigérateur, tout est vide, je vais devoir faire quelques courses pour pouvoir manger, je vide mon porte-monnaie sur la table, il me reste dix-sept euros, nous sommes le 26 et je touche mes indemnités le 5, la majorité de cette somme sera bloquée pour renflouer mon découvert. Mon café terminé, pensif et désespéré, je vais sortir pour essayer de trouver de quoi manger.

Ma sonnette retentit, j’ouvre la porte et mon gardien est devant moi, je le salue, nous avons de bonnes relations et il me tend un courrier, c’est mon propriétaire ; si je ne paye pas mes loyers en retard avant la fin du mois, je serai expulsé. Ce n’est pas une surprise, mais la confirmation d’une situation que je connais et je dirais presque un soulagement, je sais à quoi m’en tenir, je vais commencer à faire mes cartons. En revanche, je ne sais pas où je vais les poser. En descendant, je croise mon facteur, il a un courrier recommandé pour moi, il me le donne ; j’ai 10 jours pour recouvrer mon compte à la banque sinon je suis interdit bancaire. En attendant, ma carte est bloquée et je ne peux plus faire de chèque. Il me reste 17 euros pour vivre 10 jours, je pars en direction de la supérette de mon quartier. Dans la rue, je passe devant mon agence bancaire, je suis gêné, j’ai peur que quelqu’un sorte pour me réclamer de l’argent. Je sais, c’est ridicule, mais dans ma situation on est parano.

Un camion de transport de fond est garé sur la zone qui lui est réservée, je le regarde rêveur, une toute petite partie de ce qu’il transporte réglerait tous mes problèmes, seulement braquer une banque ou un camion de transport de fonds c’est un métier et je ne me vois pas débarquer dans mon agence avec un masque et un révolver pour exiger la caisse. Soudain, j’ai une idée ! je vais braquer ma banque sans y entrer. J’ai dix-sept euros à investir dans mon projet ; si ça marche, je suis sauvé. Si ça foire, je me retrouve en prison, je ne serai pas à la rue ; dans un cas comme dans l’autre, je suis gagnant.

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Table des matières de La sœur du flic

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