
La Seconde Chance de l'alpha
Chapitre 2
La journée avait à peine commencé qu'Alayna sentait déjà le poids des intrigues s'abattre sur elle. Elle se tenait dans la cour principale, observant les guerriers s'entraîner avec une discipline rigoureuse. Le soleil projetait une lumière douce, mais son éclat ne parvenait pas à apaiser la tension qui l'habitait. Elle savait que chaque mouvement, chaque mot qu'elle prononcerait aujourd'hui, serait scruté, analysé, et probablement utilisé contre elle.
- Alayna, tu es attendue dans la salle du conseil.
La voix douce mais traîtresse de Celeste résonna derrière elle. Elle se retourna lentement, laissant son regard glisser sur cette femme qu'elle avait appris à mépriser dans sa vie précédente. Celeste avait été l'une des pierres angulaires de sa chute. Avec ses cheveux de jais impeccablement coiffés et ses yeux pétillants d'une malveillance déguisée, elle incarnait tout ce qu'Alayna devait détruire pour reprendre le contrôle de son destin.
- Merci, répondit-elle, d'une voix calme et dénuée d'émotion.
Mais elle savait que Celeste ne s'arrêterait pas là. Et elle avait raison.
- Oh, et je voulais te dire... Fais attention à l'endroit où tu poses les pieds, ajouta Celeste avec un sourire en coin.
Alayna resta immobile, mais son esprit tournait à toute vitesse. Elle avait appris à lire entre les lignes de ce genre de remarques. Ce n'était pas une simple pique. C'était un avertissement voilé. Elle s'éloigna sans répondre, mais ses sens étaient en alerte. Si Celeste pensait pouvoir l'humilier à nouveau, elle allait devoir revoir ses stratégies.
En entrant dans la salle du conseil, une odeur particulière envahit ses narines. Elle hésita une fraction de seconde, ce qui ne passa pas inaperçu. Son père, déjà installé à la table, fronça les sourcils.
- Alayna, qu'est-ce que tu attends ?
Elle inspira profondément et entra, mais son regard balayait déjà la pièce. Rien ne semblait hors de place, et pourtant, une sensation d'avertissement continuait de résonner en elle. Elle s'assit et écouta distraitement les discussions sur les alliances et les frontières, mais son esprit était ailleurs. Ce n'est qu'en se levant pour quitter la pièce qu'elle vit le piège.
Un liquide glissant, presque imperceptible, avait été versé près de la porte. Si elle avait marché dessus, elle se serait certainement retrouvée au sol, humiliée devant tous les membres du conseil. Une humiliation calculée, exactement comme Celeste aimait les orchestrer.
- Prudence, ma fille, lança son père en remarquant son hésitation.
- Toujours, répondit-elle en fixant la porte avec une froideur glaciale.
Celeste attendait dehors, un sourire satisfait sur les lèvres. Alayna passa devant elle sans un mot, mais intérieurement, elle savourait déjà le moment où elle rendrait chaque affront avec une précision chirurgicale.
Plus tard dans la journée, alors qu'elle parcourait les bois pour superviser une patrouille, une odeur familière la fit s'arrêter net. Son cœur rata un battement. Ce parfum boisé, mêlé à une note subtile de fer... Elle aurait pu le reconnaître parmi mille. Damian Blackridge.
Elle s'efforça de garder son calme, mais chaque fibre de son être était en alerte. Elle savait qu'il ne tarderait pas à apparaître. Et comme si ses pensées avaient invoqué sa présence, une silhouette massive émergea de l'ombre.
- Alayna, dit-il d'une voix grave et autoritaire.
Elle se tourna lentement, croisant son regard pour la première fois depuis ce retour dans le passé. Damian était exactement comme dans ses souvenirs : imposant, d'une beauté froide et brutale, mais avec une étincelle de cruauté dans les yeux.
- Damian, répondit-elle, son ton maîtrisé.
Il s'approcha, chaque pas résonnant comme une menace.
- Tu sembles... différente, fit-il en inclinant légèrement la tête.
- Peut-être que je le suis, répliqua-t-elle, croisant les bras.
Damian fronça les sourcils, clairement irrité par son attitude. Dans le passé, elle aurait baissé les yeux, cherchant à éviter toute confrontation. Mais cette fois, elle le fixait avec une froide indifférence, comme s'il n'était qu'un détail insignifiant dans sa journée.
- Je suis revenu pour m'assurer que tout est en ordre ici, reprit-il, son ton se faisant plus tranchant.
- Et qu'est-ce que cela a à voir avec moi ? demanda-t-elle, haussant un sourcil.
Le silence qui suivit fut chargé de tension. Damian n'était pas habitué à ce qu'on lui parle ainsi, et encore moins venant d'elle.
- Tu joues avec le feu, Alayna, murmura-t-il, un sourire menaçant étirant ses lèvres.
- Peut-être, répondit-elle, mais le feu ne me fait plus peur.
Elle le contourna, le laissant planté là, visiblement déstabilisé. Elle pouvait sentir son regard brûlant dans son dos, mais elle ne se retourna pas. Chaque pas qu'elle faisait était une victoire. Damian Blackridge pouvait être une force à laquelle il était dangereux de s'opposer, mais elle refusait de lui montrer la moindre faiblesse.
Ce n'est qu'en retournant à la meute qu'elle réalisa l'ampleur de ce qu'elle venait de faire. Se confronter à Damian, feindre l'indifférence, tout cela n'était qu'un jeu calcu »é, mais elle savait qu'il riposterait.
Alors qu'elle atteignait les abords de la maison, une autre odeur attira son attention. Celle-ci était plus intense, plus sombre, comme un mélange de terre humide et d'orage. Elle s'arrêta, le souffle court. Elle n'avait pas senti cette présence depuis des années, mais elle était impossible à oublier.
Kael Storm.
Son cœur s'emballa. Que faisait-il ici ? Pourquoi surveillait-il la meute ? Elle scruta les arbres, mais ne vit rien. Pourtant, elle savait qu'il était là, quelque part dans l'ombre, observant chacun de ses mouvements.
Un frisson parcourut son échine, mais cette fois, ce n'était pas de la peur. C'était une anticipation froide, presque excitante. Si Kael Storm avait décidé de s'intéresser à cette meute, cela signifiait qu'un danger bien plus grand se profilait à l'horizon.
Elle leva les yeux vers le ciel, où les premières étoiles commençaient à apparaître.
- Si tu veux me surveiller, Kael, chuchota-t-elle, fais-le à découvert.
Un éclat métallique traversa brièvement les bois, comme si une lame reflétait la lumière du crépuscule, mais aucune réponse ne vint. Alayna se détourna finalement, un sourire énigmatique aux lèvres.
Elle ne serait plus jamais une proie.
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