
La prison dorée du mari obsessionnel
Chapitre 2
Point de vue de Chloé :
Ma vie semblait complète. J'étais enceinte. De jumeaux.
Les mots du médecin résonnaient encore dans la pièce calme. "Une surprise rare et magnifique, Madame Delacroix." Mon cœur gonflait d'une joie que je ne soupçonnais pas possible.
J'avais hâte de le dire à Gabriel. Mon mari.
Il était en voyage d'affaires, comme d'habitude. Toujours occupé, toujours entre deux avions.
J'ai décidé de lui faire une surprise. Un vol spontané à l'autre bout du pays.
J'imaginais son visage. Son large sourire, la façon dont ses yeux se plissaient aux coins.
Je me suis faufilée dans sa suite d'hôtel, ma valise roulant doucement derrière moi. La porte était entrouverte.
Sa voix m'est parvenue depuis le salon. Basse et décontractée. Une voix d'homme.
Je me suis figée. Ma main toujours sur la poignée.
— Elle est trop gentille, disait Gabriel. Ses mots étaient comme une pichenette désinvolte, mais ils m'ont frappée de plein fouet. Comme un chewing-gum qui a perdu toute sa saveur.
Mon souffle s'est coupé. L'air a soudainement semblé se raréfier.
— Elle manque... de ce feu, a-t-il ajouté avec un petit rire, un son qui a tordu quelque chose en moi.
Bastien, son meilleur ami, a ri en retour.
— Ouais, ton ex-femme, elle, en avait à revendre, du feu.
Mon estomac s'est soulevé. La joie d'il y a quelques instants a tourné à l'aigre.
La voix de Bastien était taquine.
— Elle t'a épuisé ces derniers jours, hein ?
Gabriel a eu un sourire en coin. Je pouvais l'entendre dans son ton, entendre l'arrogance.
— Elle ? a-t-il raillé. Elle m'utilise juste comme un vibromasseur gratuit.
Une vague de nausée m'a frappée. Plus violente que n'importe quelle nausée matinale.
Mon corps se rebellait. Ma tête tournait.
La chambre d'hôtel, autrefois symbole de surprise et d'amour, devenait une cage. Les mots résonnaient, m'emprisonnant.
Mon amour. Mon bel amour fragile. C'était un mensonge.
Une performance soigneusement construite. Il était un acteur, et j'étais son public involontaire.
Il ne méritait pas mon amour. Il ne nous méritait pas.
Les jumeaux bougeaient en moi, un rappel doux d'un futur désormais souillé.
La trahison était un coup physique. Elle m'écrasait.
Mon monde parfait volait en éclats. Des grains de poussière dansaient dans le rai de lumière de la porte entrouverte.
Ce n'était pas juste un obstacle sur la route. C'était la fin. La fin absolue.
J'ai plaqué une main sur ma bouche, luttant contre le goût amer qui montait dans ma gorge. Je ne pouvais plus respirer.
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