Suivre
Chapitres
Partager
Couverture du roman La playlist de Sophie - Les chroniques de Gramble 1

La playlist de Sophie - Les chroniques de Gramble 1

Entre les années 70 et aujourd'hui, ce récit nous plonge dans une odyssée temporelle marquant le début des chroniques de Gramble. On y suit les trajectoires liées de deux jumelles et de trois cousins, impliqués contre leur gré dans un trafic de drogue mené par un cartel en Floride. Explorant les méandres de l'amour et de l'identité, l'intrigue s'aventure même aux confins du purgatoire. Un premier roman où le suspense se mêle aux poids des héritages entre les générations.
Chapitres
Partager

Chapitre 1

Je dédie ce livre à

mes oncles, Cecil Len Coleman (1944-2016)

et Ralph Allen Smith (1949-2004),

à ma mère, Susan Coleman Hall (1946-2018),

ainsi qu’à Aurélie François (1974-2008)

R.I.P.

La musique de la playlist de Sophie disponible sur Deezer.com : http://www.deezer.com/playlist/2651437224et sur Spotify : https://play.spotify.com/user/le_fino/playlist/6y7SqCT6pA1hxm7bUmOY1N

Le passé ne meurt jamais ; ce n’est même pas le passé.

William Faulkner, Requiem pour une nonne(1951)

Traduit de l’anglais (américain) par Christine Rimoldy

Chapitre I

Les navires au loin ont à leur bord tous les désirs de l’homme.

Zora Neale Hurston, Mais leurs yeux dardaient sur Dieu(1937)

Chapitre I

Les navires au loin ont à leur bord tous les désirs de l’homme.

Zora Neale Hurston, Mais leurs yeux dardaient sur Dieu(1937)

Gramble

Birdie in the hand for life's rich demand

The insurgency began and you missed it

I looked for it and I found it

Miles Standish proud, congratulate me

A philanderer's tie, a murderer's shoe

Let's begin again begin the begin

Let's begin again

Begin the Begin, R.E.M. (1986)

Gramble

Gramble Thyssen regardait la pendule en se demandant quand elle sonnerait 17 h, afin qu’il puisse s’en aller. Le Bureau des affaires indiennes (BAI) était comme toujours vide de tout « client », et le silence le préoccupait : le vrombissement de la climatisation, une toux occasionnelle quelques bureaux plus loin, des papiers que l’on froissait ou le grincement d’une chaise. Aujourd’hui, il était – à nouveau – seul dans son box, car Edith était en congé de maternité et George, qui commençait à manifester des symptômes précoces de la maladie d’Alzheimer, farfouillaitdans ses souvenirs défunts.

Curieux comme ces cloisons créaient un faux sentiment d’isolement et avaient l’air sinistre avec leurs surfaces en stratifié, leurs téléphones identiques, leurs vieux écrans d’affichage et leurs multiprises poussiéreuses. Le Wi-Fi était assez instable (bien qu’il se trouvât à un jet de pierres entre le mémorial de Lincoln et la Maison-Blanche, au centre de Washington DC) et tous les câbles réseau étaient dépourvus du petit onglet en plastique destiné à maintenir le câble dans le port de l’ordinateur portable. Si les quatre occupants du box étaient présents et qu’ils reculaient sur leurs chaises, ils se rentraient dedans sans même étendre les jambes. Et s’ils étaient deux à téléphoner en même temps, il était très difficile de se concentrer.

Le grand et violent conflit de Standing Rock dans le Dakota du Nord ne se produirait que dans quelques années, et les choses étaient encore très calmes. Trop calmes. Il ouvrit une fois de plus le dossier devant lui. Il y avait quelques tickets de caisse agrafés à l’intérieur de la couverture, maculés d’une empreinte de pouce sale et légèrement froissés à force d’être restés dans sa poche. Ils dataient de l’enquête qu’il avait effectuée en Floride, un sacré changement par rapport à Washington DC. Histoire de se dégourdir les jambes, il marcha jusqu’à la fenêtre d’où il pouvait apercevoir un coin du Washington Monument. Dans son reflet sur la vitre, il était un peu pâle et avait l’air fatigué, avec des cheveux poivre et sel tirant sur le brun, des pommettes hautes et des yeux bleus au regard pénétrant. Âgé de quarante-trois ans et mesurant environ un mètre quatre-vingt, il avait déjà commencé à prendre du ventre.

Ses pensées dérivèrent vers ce déplacement à Miami. Tout d’abord, il avait embrassé ses enfants et sa femme en promettant d’être de retour dans un jour ou deux. Il avait quitté l’aéroport international de Washington-Dulles à bord d’un vieux Boeing 737 avec un personnel navigant gentil, mais le spectacle de leurs mains tremblantes faisant passer du café brûlant aux deux personnes assises près de lui à côté de la fenêtre était perturbant. Puis, cela avait été le bazar à l’aéroport international de Miami (MIA) qui était toujours en travaux même après des décennies. Cette fois, ses bagages n’avaient pas été perdus (c’était un voyageur à l’ancienne qui ne voyait pas d’inconvénient à enregistrer ses bagages, même si cela impliquait parfois de les perdre). Il n’était pas pressé ; on ne l’attendait pas vraiment au casino, genre de contrôle surprise ou plutôt d’observation discrète qu’il effectuait néanmoins tous les mois.

Il soupçonnait de connivence avec le grand banditisme les membres véreux des tribus amérindiennes à la tête du casino. Effectuer une visite officielle serait faire preuve d’ostentation et d’arrogance et naturellement, les individus liés à la mafia s’évanouiraient telles des ombres, comme quand on allume dans un sous-sol obscur. L’injustice le mettait en rage. Longtemps, il avait pensé qu’il était en train de faire bouger les choses au BAI, mais il considérait que le cancer du grand banditisme dans les casinos, fléau plus grand encore, dépouillait les tribus de leur dignité et – malgré toutes les affirmations contraires – le voyait comme un moyen pour les propriétaires du casino de s’enrichir tout en laissant les autres membres de leurs tribus s’enfoncer dans la misère et l’addiction aux drogues.

Ces histoires de jeux d’argent lui rappelaient les exercices de propagande auxquels la loterie de Floride recourait pour faire approuver par référendum la possibilité de jouer au casino sous le prétexte d’améliorer le système éducatif dans l’État. Des décennies après, la Floride se classait au 22erang pour la qualité de son système éducatif malgré les milliards de dollars que la loterie était censée injecter dans les écoles, mais qui, comme certains scandales l’avaient démontré par la suite, permettaient seulement à certains de s’en mettre plein les poches à Tallahassee, la capitale de l’État.

Vous aimerez aussi

Couverture du roman La trahison du Don: Ma irrésistible ascension
9.7
Mariée par contrat à Damien De Luca, Parrain de Marseille, j'ai servi de remplaçante durant sept ans après la fuite d'Isabelle. À son retour, la trahison éclate : Damien m'humilie et m'emprisonne injustement pour complaire à sa maîtresse. Brisée mais déterminée, je quitte cet homme qui m'a dénigrée. Recrutée par son pire rival, je m'apprête à l'affronter sur le terrain des affaires. Je bâtirai mon propre empire et reprendrai mes plans volés pour anéantir son arrogance.
Couverture du roman Le Fils que l'on a Brisé
8.0
Trahi par sa famille après des années de sacrifice, Thomas voit son existence s'effondrer. Mais la mort lui offre un second souffle : il se réveille dans la peau de Jolthar, héritier méprisé d'un puissant clan d'épéistes-mages. Dans ce monde régi par des dieux cruels et des complots politiques, ce paria sans talent doit forger sa propre légende. Armé d'une volonté d'acier et d'une bénédiction divine, il s'entraîne dans l'ombre pour défier son destin et préparer une vengeance implacable.
Couverture du roman Le loup maudit
8.9
Clara, botaniste en Bretagne, ignore tout de son destin de chasseuse de loups-garous. Sa vie bascule lors d'une rencontre sylvestre avec Gabriel, un être millénaire piégé sous une forme animale. Entre eux naît un lien troublant qui plonge la jeune femme au cœur des guerres de clans occultes. Alors que Gabriel tente de briser sa malédiction, des traqueurs menacent leur union. Clara devra trancher entre ses racines ancestrales et ses sentiments pour ce prédateur maudit.
Couverture du roman Le retour du Maître caché
8.0
Autrefois redoutable, l'homme connu sous le nom de Brûler mène une existence paisible de livreur au cœur d'une métropole. Sa vie d'anonyme bascule après une nuit d'ivresse avec l'héritière d'une lignée prestigieuse, qui tombe enceinte. Alors que tous le méprisent, le prenant pour un individu insignifiant, Brûler garde le silence. Pourtant, face à une révolution mondiale imminente, il doit révéler sa puissance. Entre ses nouveaux devoirs amoureux et ses ennemis, saura-t-il triompher ?
Couverture du roman Les Flammes de L'Obligation
8.5
Au cœur d'un royaume jadis déchiré, l'union tactique entre le guerrier Adrian et la princesse Léa mue en une passion indomptable. Bravant trahisons et révoltes, ce couple iconique forge des alliances lointaines pour instaurer une ère de justice. Entre faste et tendresse, ils guident leur peuple avec sagesse tout en préparant leur fils, Émeric, à son futur rôle. Leur dévouement mutuel, éprouvé par les crises, laisse un héritage éternel, une flamme inspirante pour l'avenir.