Couverture du roman La petite lumière au bout du tunnel

La petite lumière au bout du tunnel

9.0 / 10.0
Douniya menait une existence sereine, entourée de l'affection des siens dans un foyer chaleureux. Pourtant, ce bonheur vole en éclats lorsqu'elle est brutalement jetée dans un univers prédateur et impitoyable. Confrontée à la noirceur effrayante de l'âme humaine et livrée à elle-même face à une hostilité constante, elle devra lutter pour sa survie. Parviendra-t-elle à traverser ces ténèbres et à atteindre enfin la lueur d'espoir au bout du tunnel ?

La petite lumière au bout du tunnel Chapitre 1

Prologue

Quelque part à Lubumbashi, Katanga.

Collés l'un contre l'autre nous entrons à reculons dans la chambre éclairée d'une lumière rose aphrodisiaque, tout en nous explorant mutuellement nos amygdales.

Moi(contre ses lèvres) : Enlève-moi ça! fais-je en lui débarrassant de son blazer et de sa chemise.

Ceci fait, Je me détache légèrement de lui et le pousse vers le lit sur lequel il se laisse tomber avec joie. Je lui lance un regard de braise avant de me diriger vers le Sound system d'une démarche exagérément chaloupée. Je m’incline et appuie sur "jouer", une musique instrumentale ponctuée des soupirs et gémissements des femmes qui orgasment inonde la pièce. Je reviens me placer devant lui de la même démarche séduisante et me mets à bouger au rythme du son porno en me touchant de façon suggestive. Il prend appuie sur ses coudes et me regarde, les yeux de plus en plus brillants. La bosse qui déforme son pantalon depuis le bar a déjà doublé de volume. L’homme que j’ai ainsi à ma merci est un muzungu (un blanc) au milieu de sa quarantaine. C’est un de ces ingénieurs expatriés qui se font un sérieux paquet en travaillant dans les mines de Kolwezi. Comment s’appelle-t-il déjà? Oui, Frantz.

Bougeant au rythme de la musique, j’entreprends de m'effeuiller avec une lenteur qui le rend fou ; je le vois déglutir avec peine, ses yeux qui plus tôt étaient clairs s'assombrissent et il semble avoir du mal à respirer normalement. Lorsque je me débarrasse enfin de mon haut chic dos-nu, dénudant mes seins, il déboucle d’une main tremblante sa ceinture, se débraguette le souffle court avec ses yeux toujours glués sur moi. Il sort son engin et se met à le caresser vigoureusement de haut en bas.

- Mmmmm! Frantz (en faisant bien rouler le "r"), Vilain! Vilain! Ronronné-je sans arrêter de me déhancher outrageusement tout en me caressant les seins de mes deux mains

- Oui, je suis vraiment vilain! Il faut bien me punir, répond le fameux Frank

- Tu ne perds rien pour attendre, miaulé-je en lui souriant de manière aguicheuse.

Tout en faisant dandiner ma poitrine bien fournie, je défais lentement le nœud de ma petite jupe portefeuille, prenant mon temps pour révéler ce qu'elle cache. Je me retourne, lui présentant mon dos, me cambre au maximum et fais doucement glisser la jupette sur mon postérieur rebondi, lui laissant voir un string filiforme qui ne cache presque rien.

Je l'entends pousser un grognement.

- Bouge-moi ce beau derrière bébé! Secoue-le comme Nicki Minaj, fait-il, essoufflé

Perchée sur mes talons kilométriques, je m’incline vers l’avant, prends appuie avec mes deux mains à plat sur le sol et me mets à secouer mon postérieur

- Oh yeah! Oh yeah, entends-je le Muzungu dire

Pardon monsieur, il ne faut pas faire un AVC.

Alors que je continue ma besogne, je lui jette des coups d'œil aguicheurs tout en me passant lascivement ma langue sur mes lèvres pulpeuses. N'en pouvant plus, il se lève, bandant comme un taureau, tire une trainée des préservatifs de sa poche, en choisit un dont il déchire l'emballe et enfile avant de venir empoigner mes fesses.

- Reste courbée comme ça, dit-il en promenant son engin le long de ma raie.

Il tire mon string sur le côté et m'empale sans tarder en tenant fermement mes hanches. Lorsque tout est dedans, il ressort lentement de tout son long et me repénétre en haletant, cette fois avec une lenteur calculée qui fait trembler mes jambes malgré moi.

- Oh oui Frantz! Ouiiiiiii!

- Tu aimes hein? Demande-t-il la voix rauque en commençant à aller et venir.

- Ouiiiiiiii, beaucoup!

Pendant qu'il s'affaire derrière dans un concert des grognements satisfaits, ses doigts s'enfonçant presque dans la chair douillette de mes hanches, je jette un rapide coup d'œil vers la montre murale sans arrêter de lancer mes faux gémissements de plaisir.

Il est 22 h 25.

La porte s'ouvre avec fracas et trois hommes géants et musclés tous de noir vêtus et cagoulés s’engouffrent dans la pièce. Celui qui est devant tient un gros revolver muni d'un silencieux alors que ses deux autres acolytes tiennent ce que je reconnais comme des mitraillettes. Je crie fort en me relevant. Un Frantz paniqué se retire de moi dans un bruit mouillé et tombe sur son derrière. Celui qui tient le revolver, l'alpha du trio, le saisit fermement par ses cheveux roux et l'oblige à se mettre à genoux tout en lui collant le canon de son arme sous son long nez de caucasien. L'un des acolytes me saisit sans ménagement par mon tissage, m'oblige aussi à m'agenouiller et me place le canon de son arme à la naissance de ma cambrure.

- Aiiiiiiiiiiiiiieeeeeeeee! Que nous voulez-vous? Fais-je en me tortillant telle une andouille

- La ferme! Sale pute! Crache l’acolyte en enfonçant presque le bout du silencieux dans ma chair.

- Ecoutez, ne me faites pas de mal, je vous en prie! Vous pouvez prendre ma montre, supplie Frantz en l'enlevant lui-même de son poignet.

- Ah Oui ?

- Oui. Il y a aussi mon téléphone et j'ai...j'ai $1200 en liquide dans mon portefeuille là-bas, continue-t-il en pointant vers son blazer qui traîne au sol. Son pénis qui pointait fièrement vers le ciel il y a à peine quelques minutes est maintenant tout mou et pendouille tristement, encore chaussé du préservatif.

L'homme qui le tient fait un signe de la tête à l'autre acolyte qui est resté debout devant la porte, ce dernier va fouiller la veste de Frantz et en tire son porte-monnaie, son cellulaire et ses clés de voiture.

- Laisse-lui ses clés, prends juste le blé et le phone, fait l'homme Alpha d'une voix dure.

L'acolyte sort les dollars du porte-monnaie avant de le remettre ensemble avec les clés dans la poche interne du blazer qu'il laisse tomber au sol.

- Hey Muzungu, debout! Ordonne l’Alpha du groupe en obligeant un Frantz transi de peur à se tenir sur ses jambes. Tu as racheté ta vie. Ramasse tes fringues et sors d'ici en courant. Essaie d'alerter qui que ce soit, je te transforme en passoire. C'est une promesse.

- Et… et la fille? Bégaye Frantz

- Tu veux vivre?

Il fait oui de la tête.

- Alors, ce qu'on fera d'elle ne te regarde pas. Déguerpis!

Il ne se le fait pas dire deux fois. Il récupère son blazer et sa chemise tout en rajustant son pantalon et sort de la pièce aussi vite que ses jambes tremblantes peuvent le porter, après m'avoir quand-même jeté un rapide coup d'œil désolé.

- Matata, lâche-la, Ordonne l’homme Alpha

L'acolyte lâche mon tissage, je me lève, fais volte-face et lui mets furieusement une gifle.

- Imbécile! Tu avais besoin de me le tirer autant? Tu m'as fait mal, dis-je

En toute réponse, il enlève son masque et me flashe un sourire pendant que les deux autres ricanent.

- Niya, rhabille-toi vite, on se replie. Tu as attiré un très bon pigeon cette nuit. Bonne fille, me dit l’homme Alpha en me donnant une tape sur ma fesse.

Je remets mes bouts de tissus et nous quittons la pièce. Nous sortons rapidement du petit motel qui est presque désert et allons border le véhicule qui nous attend et traçons notre chemin dans la nuit. Assise à l'arrière avec le bras de Cyborg (le nom de l'homme alpha) autour de mes épaules, je pense à la vie "clean", normale et bien rangée que j'avais avant. Je n'ai pas toujours été une femme de mauvaise vie et bandite passive. Avant tout ça, j'avais une vie digne, des rêves et un homme qui m’aimait. Non, un homme qui…

Cette vie maintenant si lointaine. Cette vie où je ne m'imaginais pas, même dans mes délires les plus fous, devenir un jour une prostituée qui attirerait des clients dans un motel "préparée" pour faire ensuite vider leurs poches par mes complices. C'est étrange comment tout peut basculer en l'espace d'une journée. En un claquement des doigts, la vie qu'on a toujours connu, cette vie qu'on prenait pour acquise nous glisse entre les doigts pendant que nous regardons paralysés, impuissants de l'arrêter.

Vous me jugez? C'est ça?

Oui, vous me jugez.

C'est si facile de porter des jugements. Mais un conseil, avant de juger qui que ce soit, mettez-vous dans leur peau, parcourez le même chemin qu'ils ont parcouru et voyez si vous auriez pris des meilleures décisions qu'eux. C’est seulement après cela que vous pourrez ouvrir vos bouches et passer des jugements.

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