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Couverture du roman La Mère Porteuse et le Milliardaire Possessif

La Mère Porteuse et le Milliardaire Possessif

Pour sauver son frère Marcus d'une mort certaine, Elena accepte l'offre glaciale de Viktor Blackwood : 500 000 dollars contre neuf mois de grossesse. Ce milliardaire cynique exige qu'elle vive sous son toit, prétextant sa sécurité. Mais une fois recluse dans son manoir, la jeune femme réalise l'effroyable vérité. Viktor, lié au crime, utilise ce contrat pour l'asservir. Elena découvre alors que d'autres mères porteuses l'ont précédée avant de disparaître sans laisser de trace.
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Chapitre 1

•••Elena

Le néon du diner clignote faiblement au-dessus de ma tête, projetant une lumière verdâtre sur les factures étalées devant moi. Vingt-trois mille dollars. C'est le montant inscrit en rouge sur la dernière facture de l'hôpital, celle que j'ai reçue ce matin. Vingt-trois mille dollars que je n'ai pas. Que je n'aurai jamais.

Mes mains tremblent quand je replie le papier. Derrière moi, le grésillement de la friteuse et les conversations étouffées des clients de 23h continuent comme si de rien n'était. Comme si ma vie ne s'effondrait pas dans ce box crasseux du "Mel's Diner" où je travaille depuis trois ans.

- Elena ? Tu vas bien, chérie ? 

Je lève les yeux vers Dolores, ma collègue de nuit. Ses cheveux gris échappent de son filet et ses yeux fatigués me regardent avec inquiétude. Elle a soixante ans, trois boulots et encore plus de problèmes que moi, mais elle trouve toujours le temps de s'inquiéter pour les autres.

- Ça va », je mens en fourrant les factures dans mon sac usé. « Juste un peu fatiguée. 

Dolores pose sa main ridée sur mon épaule. « Marcus ? »

Mon cœur se serre. Marcus. Mon petit frère de vingt-deux ans qui se bat contre une leucémie depuis huit mois. Mon petit frère qui me sourit encore malgré la chimio qui le ravage. Mon petit frère pour qui je donnerais tout.

- Il... il a besoin d'un nouveau traitement. Expérimental. 

Les mots sortent difficilement de ma gorge. Comment expliquer que l'assurance refuse de couvrir ce traitement ? Qu'ils considèrent Marcus comme un "risque non viable" ? Qu'ils préfèrent le laisser mourir plutôt que de débourser de l'argent pour le sauver ?

- Combien ? » demande Dolores d'une voix douce.

- Trop. 

Elle hoche la tête, comprenant sans que j'aie besoin de préciser. Dans notre monde, "trop" signifie toujours la même chose, plus que ce qu'une serveuse peut gagner en une vie entière.

La clochette de la porte d'entrée résonne et un homme entre. Grand, élégant, complètement déplacé dans ce décor miteux. Son costume coûte probablement plus que mon loyer annuel. Il s'installe dans ma section et je soupire en attrapant mon carnet de commandes.

- Bonsoir, que puis-je vous servir ? 

Il lève les yeux de son téléphone. Des yeux gris acier, perçants, qui semblent me jauger en quelques secondes. Ses cheveux noirs sont parfaitement coiffés, sa barbe taillée au millimètre. Il doit avoir une petite quarantaine et dégage cette assurance que seul l'argent peut procurer.

- Un café. Noir. 

Sa voix est grave, posée. Accent indéfinissable, probablement européen. Je hoche la tête et me dirige vers la machine à café, consciente qu'il continue de m'observer. Quand je reviens avec sa tasse, il me sourit. Un sourire qui n'atteint pas ses yeux.

- Elena Moreau ? 

Mon sang se fige. Comment connaît-il mon nom ? Je regarde rapidement mon badge, mais il affiche seulement "Elena".

- Je... oui. Vous me connaissez ? 

- Pas encore. Mais j'aimerais faire votre connaissance. 

Il sort une enveloppe épaisse de sa veste et la pose sur la table. Mon nom est écrit dessus d'une écriture élégante.

- Qu'est-ce que c'est ? 

- Une proposition. Une qui pourrait résoudre vos problèmes financiers. 

Mon cœur s'emballe. 

- Je ne comprends pas. 

- Votre frère Marcus. Vingt-deux ans. Leucémie lymphoïde aiguë. Pronostic défavorable sans le traitement CAR-T qu'il ne peut pas se permettre. 

La tasse faillit me glisser des mains. 

- Comment vous... qui êtes-vous ? 

- Quelqu'un qui peut vous aider. Ouvrez l'enveloppe, Elena. 

Mes doigts tremblent quand je déchire le papier. À l'intérieur, un contrat et une photo. La photo me coupe le souffle, c'est Marcus, prise récemment à l'hôpital. Il dort, relié à ses perfusions, si pâle et fragile.

- Vous nous surveillez ? 

- Je m'informe. Lisez le contrat. 

Je parcours les premières lignes et manque de m'étouffer. « Contrat de maternité de substitution. Compensation financière : 500 000 dollars. »

Cinq cent mille dollars. Plus que suffisant pour sauver Marcus.

- Vous voulez que je... que je porte votre enfant ? 

- C'est exactement ce que je veux. Neuf mois de votre vie contre la vie de votre frère. L'équation me semble équitable. 

Je relis le contrat, les mots dansent devant mes yeux. Cinq cent mille dollars. Marcus pourrait vivre. Avoir une vraie chance de s'en sortir.

- Pourquoi moi ? 

- Vous avez le profil qui me convient. Jeune, en bonne santé, désespérée. Et surtout, vous avez quelque chose à perdre. Cela vous rendra... coopérative. 

Quelque chose dans sa façon de dire "coopérative" me glace le sang. Mais l'image de Marcus dans son lit d'hôpital efface tous mes doutes.

- Je... j'ai besoin de réfléchir. 

- Bien sûr. Vous avez jusqu'à demain soir. Après cela, je trouverai quelqu'un d'autre. 

Il se lève, laisse un billet de vingt dollars sur la table pour un café à deux dollars et se dirige vers la sortie. À la porte, il se retourne.

- Oh, Elena ? Une dernière chose. Si vous acceptez, vous devrez vivre chez moi pendant toute la durée de la grossesse. Pour votre sécurité et celle du bébé, bien entendu. 

La porte se referme sur lui avec un tintement sinistre. Je reste là, le contrat dans les mains, à fixer l'enveloppe. Aucun nom, aucune adresse de retour. Juste un numéro de téléphone griffonné au bas du contrat.

Dolores s'approche. 

- Qui c'était ? 

- Je ne sais pas. 

Et c'est vrai. Je ne sais rien de cet homme. Mais il connaît tout de moi, de Marcus, de notre situation désespérée. Et il m'offre exactement ce dont j'ai besoin.

Je pense à Marcus qui m'a dit hier « Ne t'inquiète pas pour moi, Elena. Tu as déjà assez donné. » Comme s'il était prêt à mourir pour que je puisse vivre ma vie. Mais c'est moi qui vais donner. Encore. Toujours.

Je glisse le contrat dans mon sac, à côté des factures. Demain soir. J'ai jusqu'à demain soir pour décider si je veux vendre neuf mois de ma vie pour sauver celle de mon frère. Au fond de moi, je sais déjà quelle sera ma réponse.

Quand je rentre chez nous à 3h du matin, Marcus dort sur le canapé-lit du salon. Il a encore maigri. Ses joues creusées et sa peau translucide me brisent le cœur. Je m'agenouille près de lui et écarte une mèche de cheveux de son front brûlant.

- Je vais te sauver », je murmure. « Peu importe le prix. 

Il ouvre les yeux, me sourit faiblement. 

- Tu es rentrée. Comment s'est passée ta soirée ? 

- Comme d'habitude. Rendors-toi. 

- Elena... si jamais il m'arrivait quelque chose... 

- Chut. Il ne t'arrivera rien. 

Mais nous savons tous les deux que c'est un mensonge. Sans ce traitement, Marcus mourra. Et ce mystérieux inconnu le sait aussi.

Je m'installe dans le fauteuil en face de lui et sors le contrat de mon sac. Les clauses défilent sous mes yeux. « La mère porteuse s'engage à résider au domicile du contractant pendant toute la durée de la grossesse... Aucun contact avec l'extérieur sans autorisation préalable... Suivi médical strict et exclusif... »

Plus je lis, plus j'ai l'impression de lire les termes d'un emprisonnement doré. Mais cinq cent mille dollars... Marcus pourrait non seulement survivre, mais prospérer.

Je regarde mon frère dormir et prends la décision qui va changer nos vies à jamais.

Demain, j'appellerai ce numéro.

Demain, je signerai ce contrat.

Demain, j'entrerai dans cette cage dorée.

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