
La mariée remplacée, le cœur vengeur
Chapitre 3
« Tu ne veux pas d'enfant ? » La voix d'Adrien dégoulinait de mépris. « Très bien. Après notre divorce, tu pourras avoir autant d'enfants que tu veux avec quiconque voudra de toi. »
Il m'a toisée de haut en bas, un rictus sur le visage. « Mais soyons honnêtes, Alicia. Ton petit numéro… ça ne fait que te rendre moins attirante. Tu me dégoûtes. »
Ses mots étaient destinés à blesser, à me rappeler ma prétendue impuissance.
« Tu veux le divorce ? Parfait », a-t-il craché, sa patience finissant par céder. « Tu l'auras. »
Il a attrapé un stylo sur mon comptoir et a griffonné sa signature sur les papiers du divorce d'un geste furieux. Puis, il a froissé le document et me l'a jeté au visage.
« Voilà. Tu es contente maintenant ? »
Il m'observait, ses yeux brillant d'une anticipation malveillante. Il s'attendait à ce que je m'effondre, que je pleure, que je le supplie.
Je me suis calmement baissée et j'ai ramassé les papiers froissés, les lissant sur le comptoir. Mes mains étaient stables. Mon visage était un masque placide.
J'ai levé les yeux vers lui, mon regard froid et mort. « Sors de mon appartement. »
Sa mâchoire s'est crispée. Mon absence de réaction le rendait furieux. Il avait perdu le contrôle du récit, et il ne le supportait pas.
« Tu vas le regretter, Alicia », a-t-il menacé, sa voix un grognement sourd. « Tu reviendras en rampant, et je ne serai pas là pour te ramasser. »
Il s'est tourné pour partir. Alors que sa main touchait la poignée de la porte, j'ai parlé.
« Adrien. »
Il s'est arrêté, un air suffisant se répandant sur son visage. Il pensait que je cédais. Il s'est retourné, son expression un mélange de triomphe et de pitié.
« Nous devons fixer une date pour aller au palais de justice et officialiser tout ça », ai-je dit, ma voix parfaitement égale.
La suffisance a disparu, remplacée par un éclair de rage pure. Il a claqué la porte derrière lui sans un mot de plus.
Moins de dix minutes plus tard, mon téléphone a vibré. C'était une notification d'Instagram. Manon avait mis à jour son fil d'actualité.
C'était une photo d'elle et d'Adrien, prise quelques instants plus tôt dans sa voiture. Sa tête était sur son épaule, son bras autour d'elle. La légende disait : « Certaines personnes ne savent tout simplement pas quand lâcher prise. Tellement heureuse d'être avec l'homme qui m'aime vraiment. #sereine #vrailove »
J'ai ressenti une vague de dégoût. Cette femme, cette créature pathétique qu'Adrien utilisait à la fois comme une arme et une excuse. J'avais commencé à l'appeler « la Goule » dans ma tête. Elle n'était pas seulement déprimée ; elle était un vide, ayant constamment besoin de se nourrir du drame des autres pour se sentir vivante.
Puis, un message privé de sa part est apparu.
C'était une photo de son cou, couvert de suçons frais et violacés.
Un deuxième message a suivi. « Je voulais juste m'assurer que tu voies à quel point j'ai manqué à Adrien. Il a été si brutal ce soir. Je ne pense pas que je pourrai marcher demain. ;) »
Puis un autre. « Est-ce que ça va, Alicia ? Je suis si inquiète pour toi, toute seule dans ce triste petit appartement. »
L'audace pure était presque comique.
Mes doigts ont volé sur l'écran avant que je puisse m'arrêter.
« Ne t'inquiète pas pour moi. Inquiète-toi pour toi. L'anorexie est une maladie grave. Tu devrais probablement voir un médecin pour ta maigreur. Je suis surprise qu'Adrien n'ait pas brisé tes os d'oiseau avec sa nuit "brutale". »
J'ai appuyé sur envoyer.
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