
La machination la plus cruelle de la famille maléfique
Chapitre 2
L'odeur stérile du désinfectant pesait lourdement dans l'air, un contraste frappant avec le parfum écœurant qui persistait encore dans mon esprit. J'étais dans un lit d'hôpital, les draps blancs offrant un confort froid contre mon corps meurtri. Mon corps me faisait souffrir, une symphonie de douleurs datant de la veille, mais c'était la douleur sourde dans mon âme qui me paralysait vraiment.
Mon téléphone, miraculeusement intact, vibra sur la table de chevet. Je le pris, mes doigts maladroits. Un numéro inconnu. J'ai failli l'ignorer, mais quelque chose m'a poussée à répondre.
— Allô ?
Ma voix était rauque, à peine un murmure.
— Alice ? C'est toi ?
Une voix grave, familière. Gabriel. Gabriel Lefèvre. Mon ami d'enfance. Le milliardaire de la tech que je n'avais pas vu depuis des années.
— Gabriel ?
Mon esprit tournait. Pourquoi appelait-il maintenant ?
— Alice, je sais que ça va paraître fou, mais... c'est à propos de ton bébé.
Sa voix était urgente, tendue.
Ma main vola vers mon ventre, un instinct protecteur.
— Quoi à propos de mon bébé ?
Une terreur froide s'infiltra dans mes os. Charles avait-il fait autre chose ?
— Ce bébé... est le mien, Alice.
Ses mots me frappèrent comme un coup physique, volant l'air de mes poumons.
— Il y a huit mois, ce soir-là au bal de charité... tu étais si bouleversée, si ivre. Tu pensais que j'étais Charles. Je... je n'aurais pas dû, mais je n'ai pas pu m'en empêcher.
Mon monde bascula. Mon bébé ? Le bébé de Charles ? Non. Celui de Gabriel ? Les souvenirs de cette nuit-là étaient un flou de champagne et de larmes, une tentative désespérée d'engourdir la douleur d'une autre fausse couche. Je me souvenais avoir été réconfortée, tenue, un sentiment fugace de chaleur contre le vide froid. Mais j'avais été si sûre que c'était Charles.
— Non, murmurai-je en secouant la tête, même si personne ne pouvait me voir. C'est impossible. C'est celui de Charles.
— Je sais que c'est dur à croire, dit-il, sa voix s'adoucissant, mais j'ai des preuves. Des tests ADN. Je te surveille, Alice. Je sais tout ce qu'ils t'ont fait subir. Je sais pour les fausses couches, pour Chloé, pour Charles. Je voulais juste... je voulais attendre que tu sois en sécurité pour te le dire. Je ne pouvais pas supporter l'idée qu'ils fassent du mal à notre enfant.
Un sanglot étouffé s'échappa de mes lèvres. Notre enfant. Pas celui de Charles. Pas un enfant qui serait souillé par leur cruauté. Une lueur d'espoir, fragile mais insistante, s'alluma en moi. Ce bébé, cette vie précieuse que je m'étais battue si fort pour protéger, était vraiment la mienne. Et celle de Gabriel.
— J'allais... j'allais interrompre la grossesse, avouai-je, les mots ayant un goût de cendre. Je ne pouvais pas supporter qu'il soit de Charles. Pas après tout ça.
Je pensais à toutes les pertes, toutes les larmes. C'était le seul que j'avais porté aussi loin. Le seul qui semblait réel, vital, vivant.
— Ne fais pas ça, supplia Gabriel, sa voix se brisant sous l'émotion. S'il te plaît, Alice. Ne fais pas ça. Nous irons en Europe, loin de tout ça. Je te protégerai, tous les deux. Dis-moi juste que tu vas bien. Dis-moi que tu vas le quitter.
Un profond sentiment de soulagement m'envahit, des larmes brûlantes coulant sur mon visage. Mon bébé était en sécurité. Mon bébé était aimé, vraiment aimé, par quelqu'un qui se souciait de nous.
— Oui, réussis-je à articuler. Oui, Gabriel. Je vais le quitter. Et je leur ferai payer pour tout.
L'appel se termina, me laissant dans un silence stupéfait. Mais cette fois, ce n'était pas le silence du désespoir, mais celui d'une résolution féroce et inébranlable. J'avais une raison de me battre, un nouvel avenir à construire. Et un nouvel allié. Gabriel. Et mon bébé.
Vous aimerez aussi





